Delphine… les frangipaniers, la vie douce et les tarentules grillées… à Phnom Penh (Cambodge)

9 11 2011

Le Cambodge…Je ne pensais pas y vivre un jour mais l’expatriation réserve de nombreuses surprises ! Nous voici donc dans ce beau pays, mon « homme l’expat « (44 ans), nos 3 enfants (14, 12 et 6 ans) et moi même Delphine (39 ans).

Nous sommes arrivés à Phnom Penh il y a 3 mois, pour environ 3 ans, mais nous devions rester 3 ans à Singapour et finalement nous sommes en repartis au bout de 6 ! Le Cambodge est notre troisième pays en tant qu’expatriés, nous avons déjà vécu en Inde, à Singapour donc et en Chine (Pékin).

Nous avions choisi l’école française comme système d’enseignement lors de notre premier séjour a l’étranger et, jusque là, il y en avait une dans toutes les villes où nous avons habité, donc pas de problèmes de scolarisation.

Meme si nos enfants sont scolarisés dans le système français, ils baignent aussi depuis quelques années dans la langue anglaise qu’ ils parlent très bien, toutes leurs activités extrascolaires ont été choisies dans ce sens. Le dernier lui est en classe bilingue depuis sa moyenne section, suite à ses premiers pas dans une crèche/école internationale.

Nous nous sommes expatriés la première fois parce que le job proposé à mon homme était une belle opportunité mais nous sommes rentrés en France deux ans plus tard. Le retour ne nous a pas vraiment convaincus et dès que nous avons pu repartir nous l’avons fait ! Pour l’instant notre projet est de prolonger encore un peu notre vie d’expats. Bien sûr je ne m’imagine pas ne jamais retourner en France mais plus tard. Peut-être quand les grands devront y faire leurs études. Nous sommes toujours très heureux de rentrer en vacances pour voir famille et amis mais le climat ambiant qui y règne nous paraît morose, le fait que les français ne soient jamais contents de leur sort est l’aspect qui m’irrite le plus !

Seulement 3 mois que nous sommes arrivés au Cambodge et nous retrouvons avec délices le climat, la végétation, le rythme de vie de l’Asie du sud-est. De très beaux immeubles du début du siècle, certains sont rénovés, d’autres non, et de petites échoppes bordent les rues arborées…aux trottoirs souvent défoncés. Bref une ambiance que nous aimons beaucoup. Nous arrivons à la fin de la saison des pluies, un peu de rafraichissement en fin d’année, puis de nouveau les températures qui montent en attendant la mousson.

Le sourire des cambodgiens et leur gentillesse ne sont pas un mythe. Le pays et la population sont très accueillants. On sent un optimisme ambiant. Peut-être dû au fait que la population est jeune et qu’elle a envie de tourner la page douloureuse de son histoire. A ce propos la population a l’air mitigée en ce qui concerne le tribunal des khmers rouges, certains sont désireux de justice, d’autres semblent plus enclins à pardonner et à aller de l’avant.

Depuis quelques mois, selon les copines arrivées bien avant moi, le pays bouge énormément, beaucoup de commerces s’ouvrent, des galeries, des restaurants, on sent une émulation même (et surtout) dans les quartiers non touristiques.

Coté alimentation nous avons découvert le fish amok, un plat à base de poisson, de noix de coco, un peu épicé et délicieux ! En revanche pas encore goûté les tarentules grillées mais je ne suis pas certaine de le faire un jour. Les restaurants sont beaucoup moins chers, à part quelques grandes tables, qu’en Europe, il y en beaucoup, français, khmers, italiens on a le choix.

À la maison je continue de cuisiner des plats occidentaux, on trouve de tout dans les supermarchés, le prix n’est guère plus cher qu’en France, donc on en profite. Les enfants ont plus de mal que nous à manger asiatique/épicé tous les jours mais cela fait un moment que nous avons remplacé les pommes de terre par le riz, on a meme investi dans un rice cooker. Et les marchés regorgent de fruits et légumes locaux de bonne qualité.

Ce qui m’agace le plus ici est sans aucun doute la conduite. De mon point de vue occidental le principe des priorités dans les rues Phnom Penhnoises  reste un mystère et la circulation totalement désorganisée. La vitesse maximale a beau être d’environ 40 km/h il y a tellement de deux roues et de tuk-tuks que je n’ai pas encore osé prendre le volant. Je suis montée une fois sur une moto dop et j’avoue un grand moment de solitude au premier carrefour sans casque ! On croise bien sur des familles entières sur une mobylette (jusqu’à 5) dont des bébés de seulement quelques mois, voir semaines. Le convoi le plus insolite que j’ai vu était celui de 3 personnes sur un scooter : le conducteur, une personne au milieu perfusée et une troisième derrière qui tenait le goutte à goutte. Il n’est pas rare de voir des accidents, heureusement sans gravité apparente jusque là, sur les routes.

On ne peut pas parler de ces pays d’Asie sans évoquer le tourisme sexuel mais je pense qu’il est plus sur la côte qu’à Phnom Penh, et surtout en Thaïlande. Ce doit être une réalité car beaucoup d’hôtel boutiques et restaurants affichent un panneau « Sexual tourists are not welcome » mais on évite les endroits trop touristiques pour ne pas y être confronté. Et nous sommes vigilants avec les enfants sans tomber dans la parano non plus. Beaucoup d’ONG sont présentes et essaient de faire prendre conscience de ce fléau, nous voyons meme des publicités pour inciter la population à en parler et à se faire aider. Espérons que ces actions porteront leurs fruits.

L’intégration est jusque la plutôt facile, l’association « Phnom Penh Accueil » est assez active, les personnes que j’y ai rencontrées très ouvertes et sympas. Il y a aussi la sortie d’école qui permet grâce aux enfants de rencontrer des futures amies. L’ambiance au sein de la communauté expatriée a l’air détendue, avec comme dans d’autres pays quelques cloisonnements entre expats vieux, jeunes, membres des ONG, diplomates mais pour l’instant ce n’est pas pesant. On arrive à croiser des personnes de nationalités différentes sans trop de difficultés si on en a envie.

De par leur histoire de nombreux cambodgiens parlent français, les refugiés de l’époque des khmers rouges par exemple, sinon on peut se débrouiller avec l’anglais, même les chauffeurs de tuk-tuks le comprennent plus ou moins. Je n’ai pas encore ressenti le besoin d’apprendre le khmer mais pourquoi pas d’ici quelques temps pour me plonger un peu plus dans la culture du pays.

Nous habitons en centre ville, notre maison (style colonial) donne sur le square du monument de l’Indépendance. Ce square est le rendez-vous des sportifs joggeurs, joueurs de foot (avec la balle en osier locale) ou de badminton, on y croise aussi des moines vêtus de jaune-orange qui vont de leur monastère à la pagode en face de notre maison. On peut faire pas mal de choses a pieds, la rue 240 (une rue qui fourmille de petits commerces souvent tenus par des expatriés) est à quelques minutes de nous. On a la chance d’avoir une piscine et on profite des bougainvilliers et des frangipaniers dans le jardin, je ne me lasse pas encore des libellules et papillons qui l’habitent.

 

Partir en week-end n’est pas très difficile, Sihanoukville ou Kep sont à environ 3 heures de voiture mais les routes si magnifiques soient-elles peuvent être encombrées ou bloquées et on n’est jamais sûrs à 100 % du temps nécessaire entre deux destinations. Sinon il y a quelques excursions d’une journée possibles, dont celle que nous avons faite hier, Oudong, l’ancienne capitale et nécropole royale et beaucoup de pagodes à découvrir.

Nous rentrons une à deux fois par an en France, Noël et les grandes vacances, mais cette année nous avons décidé de rester ici pour les fêtes de fin d’année et d’en profiter pour découvrir la côte ouest et ses plages.

À ma connaissance pas de censure.

De ma fenêtre je vois… le square du monument de l’indépendance, les frangipaniers, les hibiscus et les robes couleur safran des moines.…

 

***

Merci Delphine !

Pour moi qui rêve de partir vivre en Asie du Sud-Est, ton témoignage est une petite pépite, qui me donne envie de prendre mon billet dès maintenant !

***

La semaine prochaine, un pays que je rêve de découvrir depuis toute petite : on rejoint Marie-Paule … en Tasmanie !!!

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7 responses

9 11 2011
gwenn

Phnom Penh après Singapour ou Pékin, ça reste l’Asie mais ça doit beaucoup changer 🙂

9 11 2011
Agnèslamexicaine

Je rêve de remettre le pied en Asie, un continent dont la culture est si riche… merci pour ton beau témoignage!

11 11 2011
aurelie

comme mes comparses, l’Asie de sud est un endroit que je rêve de visiter. J’étais plus partie sur la Thaïlande mais finalement, le Cambodge est méconnu, pourquoi pas??

Merci pour ce témoignage 🙂

17 11 2011
Delphine

Merci, c’est vrai que c’est le grand écart entre Pékin et Phnom Penh, et dans ce sens nous l’apprécions à sa juste valeur ! Surtout après un printemps assez pollué dans la capitale chinoise.

16 10 2012
Séverine

Bonsoir Delphine,
Merci pour ce témoignage de vie. Que pensez-vous du lycée français R.Descartes? Niveau, infrastructures….? Merci pour vos infos!
Sommes susceptibles de venir vivre au Cambodge avec 4 enfants scolarisés de la maternelle au lycée….

15 10 2013
De ma fenêtre je vois… | asiaglimpse

[…] Si vous voulez découvrir mon témoignage sur le Cambodge et beaucoup d’autres sur les pays d’Asie ou d’ailleurs c’est ici . […]

15 10 2013
UneCosmicGirl

Merci pour ce joli témoignage! Il me tarde de mettre un pied sur le sol (et pour la première fois!) de mes ancetres…

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