Bernard, le zébu, les taxi-brousses surchargés et l’épicurisme… à Madagascar

27 02 2012

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en duree indeterminee…) Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?
Bernard 56ans
J’ai découvert Madagascar en 1995, j’y suis revenu plusieurs fois avant de m’y installer en 2002. C’est la première fois que je vis à l’étranger.
Je travaille à mon compte surtout sur internet avec des produits propres à Madagascar.

2- Comment se passe la scolarisation ?

Il y a des écoles françaises ainsi que des lycées dans les grandes villes.

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

Le climat, pas de froid comme en France, bien qu’il fasse bien frais pendant l’hiver austral sur les plateaux, à cette époque je migre sur la côte où il fait trop chaud pour moi de décembre à avril.

L’accessibilité aux gens quel que soit leur statut, les classes sociales sont très marquées financièrement mais socialement parlant on peut aborder n’importe qui. On peut sourire à une femme et l’aborder sans qu’elle n’appelle la police !!! Une certaine indolence tropicale, loin du stress européen. J’ai bu des verres avec des ministres inconnus dans plusieurs bars.

 

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalite principalement)

La gentillesse naturelle des gens, même si elle est souvent intéressée surtout en ville. Un rythme plus humain bien que très ralenti parfois. Ici le temps n’a pas de valeur. Paradoxalement les malgaches vivent dans l’urgence au jour le jour, mais le temps ne compte pas. Les malgaches rient facilement et aiment ça.

 

6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

Sur la côte, les poissons et fruits de mer, notamment, calmars, dame tombée, camarons et cigales. Sur les plateaux, le zébu qui a vraiment un goût de viande, le canard sous toutes ses formes, excellent foie gras local, il y a quelques fromages mais les « vrais » manquent. Le vin local est de piètre qualité. Le bon pain ne court pas les rues non plus.

 

7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

La tortue, bien qu’interdite est consommée dans le sud, le fany ou chauve-souris au goût de poulet. Le poisson d’eau douce, tilapia, séché et salé et vachement…salé qui dégage une odeur infernale sur les étals !

 

8- La vie est-elle chere ?

Oui et non, si on s’approvisionne sur les marchés, c’est encore abordable, pour les étrangers,  bien que la vie ait énormément augmenté ces dernières années. En supermarché, les produits importés sont chers. Le logement est cher comparé au niveau de vie si on veut un confort minimum, électricité, eau chaude, etc…L’électricité est la plus chère du monde. L’essence est à un peu plus d’un euro.

 

9- Cote conduite ?

Souk intégral dans la capitale au niveau embouteillages. Il n’y a pas un feu rouge dans tout Madagascar. Sur les routes, ça va à peu près si on fait attention aux camions et aux taxi-brousses surchargés, il faut être plus vigilant qu’en France, sur les pistes, galères en temps de pluie. Les véhicules sont souvent dans un état lamentable, 80% ne pourraient pas rouler en France.

 

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

La déférence systématique ou presque envers les « vazahas », les étrangers. On sent une sorte de « complexe ». En ville surtout, les rencontres se terminent toujours par un intéressement, il  y a peu d’échanges sincères véritables. Rien n’est gratuit. Les « fady », interdits ou tabous, issus de traditions obsolètes qui gangrènent la vie quotidienne, surtout en province.

Le vol, les « vazahas » sont dans le collimateur, à la moindre occasion vous êtes dépouillés. La corruption systématique à tous les niveaux, du gardien de parking au ministre.

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

Le rapport des vazahas et des malgaches est très ambigu. Neuf fois sur dix, le malgache demandera quelque chose au vazaha, supposé être riche, c’est dans leur « culture », un sport national. On sent bien qu’on est étranger. En 1995, un « zanatany », étranger né à Madagascar, m’avait dit au cours d’une conversation quand je suis arrivé que je n’aurai jamais d’ami malgache, ami dans le sens où on l’entend en France. Je l’ai pris pour un néo-colon bien imbu de sa personne, seize ans après, je constate qu’il avait raison.

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Non pas vraiment, je connais les phrases essentielles, je comprends plus que je ne parle, ici quasiment tous les locaux parlent français, du moins en ville.

13- Decrivez votre rue/cadre de vie

A Tananarive je suis en appartement en centre-ville, ça me permet de bouger à pied ou en taxi pour les courses ou voir des amis et sortir, avoir une automobile ne me sert à rien. Sur la côte, je loue un grand bungalow au bord de  l’eau, case en végétal, sans fenêtre, juste des volets, salle d’eau,  ventilateur quand il y a de l’électricité. Très spartiate mais ça me suffit.

 

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

De Tana, il y a quelques lieux de villégiature à deux heures de route. La mer est à six heures de voiture. Pas grand-chose à visiter sinon, à part la campagne, culturellement, c’est très très limité. Mais à 10 minutes de la capitale, on est en pleine cambrousse, appréciable en regard de la pollution de Tana. Quand on est sur la côte, on y reste !

15- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

Jamais.

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

Peut-être un jour, pour le moment je vis bien à Madagascar, rien ne me rebute vraiment à revenir en France, si ce n’est le système compétitif systématique dans le monde du travail et le culte de l’argent.

17- Face a quelle mentalite/habitude/defaut francais etes-vous + clement, avec le recul d’habiter a l’etranger ?

L’épicurisme.

 

18- Quel est le climat ?

Chaud et humide sur la côte est et au nord, plus sec dans l’ouest et le sud. Continental sur les plateaux, chaud l’été, frais voire froid le soir en hiver.

 

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

Pas spécialement si ce n’est manger dans des gargotes locales. La nuit tombe à 6 ou 7 heures selon la saison, on traîne moins dans les rues le soir pour raisons de sécurité. Toujours vérifier ses portes et serrures, c’est pénible.

19- Y-a-t-il de la censure ?

Oui, Madagascar se veut très religieux et prude, mais ce sont les apparences. Les sex-shops sont interdits par exemple, mais il y a des prostituées plein les rues. La presse est muselée en douceur, l’opposition quelle qu’elle soit vit dans la peur d’un emprisonnement sous tous prétextes.

 

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » 😉

Au cours d’un de mes premiers voyages j’ai vu au « Zoma » l’ex plus grand marché en centre-ville du monde, un homme qui perçait sur une machine à colonne manuelle des pièces de dix centimes. Je m’enquis du pourquoi, ici il n’y a pas de rondelles me dit-il, alors je perce des pièces de dix centimes et je vends la rondelle quinze centimes.


« De ma fenetre, je vois…. » :

Vue de la porte :

Tananarive

Merci Bernard !

***

N’hésitez pas à proposer vos témoignages : par ici : mariegervais2004 AT yahoo.fr !





Aude, les bouillottes, la vache crue et l’amharique… à Addis Abeba (Ethiopie)

28 11 2011

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en duree indeterminee…) Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?

 

Nous sommes dans notre cinquième et dernière année en Éthiopie. Quand mon époux a eu une opportunité de mutation, je l’ai suivi avec nos deux enfants. J’étais déjà installée à mon compte comme transcriptrice-correctrice, cela ne m’a donc posé aucun problème vis-à-vis de ma situation professionnelle. Mes clients ont tout d’abord été surpris ; maintenant, ils suivent nos aventures avec un certain plaisir…

 

2- Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des ecoles francaises ? Y avez-vous mis vos enfants ou au contraire avez-vous opte pour le systeme anglais (ou autre) ? Avez-vous acces a d’autres pedadogies ? (Montessori, Steiner…)

 

Nous avons la chance d’avoir un établissement français à Addis-Abeba. Ma fille était alors en maternelle, mon fils était en première année de primaire. Le lycée Guebre-Mariam est un peu une exception dans le réseau de l’AEFE avec seulement près de 10 % de Français, 70 % d’élèves éthiopiens, le reste concernant surtout des enfants des organisations internationales telles que l’Union africaine.

 

3- Vos enfants sont-ils bilingues ?

 

Nos enfants ne sont toujours pas bilingues à notre grand désespoir…

 

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

 

Addis-Abeba est à 2 500 m d’altitude, c’est-à-dire que c’est un environnement formidable pour la santé : pas de paludisme, peu d’insectes, etc. De plus, nous avons une pêche d’enfer dès que nous rentrons en France ! Les premières semaines sont un peu difficiles : on a l’impression d’être essoufflé au moindre effort, mais le corps est opérationnel au bout de six mois.

 

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalite principalement)

 

Bien que ce soit un inconvénient au quotidien, nous apprécions la simplicité de notre vie. Nous sommes loin de la société de consommation, des diktats de la mode, etc. C’est surtout un sacré atout avec des enfants qui effleurent l’adolescence : ils ne connaissent pas les marques de vêtements, ils sont peu exigeants, etc.

 

6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

 

L’Éthiopie n’est pas un pays connu pour sa gastronomie, mais nous nous régalons de l’excellente viande de bœuf que nous trouvons. De plus, une Française possède un élevage de canards et nous fournit en de très bons produits. Maintenant, pour les gourmands, il faut mettre les mains à la pâte au risque de dépérir. Comme on trouve les produits de base (farine, œufs, beurre, etc.), on n’a aucune excuse pour cuisiner. C’est juste une question d’envie (et de gourmandises), ici, je me suis mise à faire du pain, des viennoiseries, des glaces, des éclairs au chocolat, et même les profiteroles de A à Z !!!

 

7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

 

Les Éthiopiens adorent la viande crue, mais vraiment crue. La vache est juste coupée en deux dans le sens de la longueur, fixée à un crochet de boucher, puis les convives viennent découper directement des petits morceaux de viande… Eh bien, je ne m’y fais toujours pas…

 

8- La vie est-elle chere ?

 

Les expatriés peuvent relativiser le coût de la vie vu leurs revenus, mais si l’on compare les prix au pouvoir d’achat, c’est comme si on voyait le litre de carburant à 15 euros, le kilo de tomates à 12 euros, le beurre Président (200 g, importé) à 12 euros…

 

9- Cote conduite ?

 

L’altitude et la mauvaise qualité des carburants limitent naturellement la vitesse… Heureusement !

 

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

 

Les années passent et pourtant je ne supporte toujours pas de voir les habitants déféquer dans la rue. La ville est un ensemble de maisons en tôle. Les toilettes sont collectives. Du coup, les personnes s’arrêtent n’importe où pour faire leurs besoins…

 

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

 

La communauté française est très petite, quelque 800 personnes sont inscrites au consulat… Le lycée Guebre-Mariam est le lieu pour faire connaissance avec ses compatriotes. Sinon, il n’est pas aisé de lier amitié avec des Éthiopiens vu notre différence de niveau de vie.

 

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

 

Je n’ai même pas essayé d’apprendre l’amharique. Cette langue est parlée dans la capitale et un peu en dehors, mais c’est tout. Du coup, je n’ai pas eu le courage de l’apprendre…

 

13- Decrivez votre rue/cadre de vie

Trouver un logement répondant à nos attentes « occidentales » est peu aisé à Addis-Abeba. En fait, on récupère souvent le logement de notre prédécesseur pour… un an. Eh oui, les propriétaires ont la fâcheuse habitude d’augmenter de près de 100 % les loyers d’une année sur l’autre, même si tous les travaux ont été à votre charge. Du coup, chaque année, on joue aux chaises musicales pour récupérer la maison d’Untel qui l’avait bien remise en état… Quelques quartiers résidentiels sont apparus depuis ces cinq ans, mais la majorité des maisons se situent au milieu de quartiers populaires composés de maisons en tôle. Certaines maisons sont encore en torchis recouvert d’induit (impossible d’y fixer les tableaux ou les étagères au risque de tout voir dégringoler dans la nuit, c’est du vécu !), d’autres sont un bloc de béton sans trop de cachet. On trouve maintenant des quartiers résidentiels qui regroupent un ensemble de villas à l’américaine, avec un système de surveillance collectif. Les loyers sont très élevés à Addis-Abeba par rapport aux services proposés (problème d’eau, pratiquement pas de puits dans les jardins sauf exception, pratiquement pas de panneaux solaires) : entre 10 000 (maison en torchis) et 100 000 birrs (soit entre 400 euros et 4 000 euros en novembre 2011).

 

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

 

Addis-Abeba n’est pas faite pour se balader le week-end. Heureusement, il est possible de profiter pleinement de superbes paysages à partir de 3 heures de route. Lac dans un volcan (Wenchi), lac Langano (en plaine), hyènes sont alors à votre portée. Un vrai bonheur pour petits et grands.

 

15- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

 

Nous rentrons en France tous les ans pour l’été. Nous apprécions beaucoup cette coupure. Tout d’abord, c’est la saison des pluies ici, c’est-à-dire que nous sommes dans la gadoue et ce n’est pas drôle. Ensuite, c’est l’occasion de revoir la famille et les amis, de manger toutes les bonnes choses bien françaises (hum ! du bon fromage sur de la baguette fraîche avec un bon bordeaux !) et passer des heures dans les librairies.

 

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

 

Nous avons l’opportunité de poursuivre l’aventure de l’expatriation dans un nouveau pays pour encore cinq ans. Ensuite, nous devrons rentrer en France. Dès notre première expatriation, nous avons considéré que c’était une chance énorme que de parcourir la planète. Par conséquent, nous avons toujours eu en tête qu’il faudrait rentrer en France. Nous l’avons déjà fait pendant trois ans, cela ne nous a posé aucun problème. Par contre, la mentalité française évolue — ou alors est-ce nous ? — et certains propos nous choquent parfois : se plaindre de la Sécurité sociale nous semble toujours inadmissible quand on voit le nombre de pays qui ne bénéficient pas d’une telle structure !

 

18- Quel est le climat ?

 

Le climat est agréable à Addis-Abeba. Alors que nous sommes en Afrique, très proche de l’Équateur, nous ne souffrons jamais de la chaleur sauf quand on descend en plaine. D’ailleurs, nous dormons toujours avec une couette et parfois même avec une bouillotte !!!

 

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

 

Avec la distance, nous savourons les produits bien de chez nous. Nous apprécions d’aller faire les courses au marché l’été quand nous rentrons alors que je trouvais que c’était une perte de temps auparavant. Nous adorons batailler pour le produit de tel village, les chaussures fabriquées dans telle région, etc. Est-ce cela le chauvinisme ?

 

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » 😉

Lors d’une balade en pays afar, nous décidons de partir à la recherche de la fameuse plaine aux zèbres. On nous explique qu’il nous faut un guide pour aller dans ce coin. Soit, nous arrivons à mettre la main sur la personne ad hoc. Première surprise, il est armé ! Glurps ! Il prend place à l’avant, la kalachnikov entre ses jambes, le canon pointé vers mon époux ! On n’y connaît rien en arme, la seule question que nous nous posons est : y a-t-il une balle dans la chambre ? Nous ne le saurons jamais. Notre compagnon de route ne parle pas anglais, il indique la route par des gestes, mais connaît-il vraiment le chemin : au bout de 2 heures, nous n’avons parcouru que 6 kilomètres. En fait, il ne connaît pas la piste parce qu’il a l’habitude de couper la plaine, mais… à pied ! Nous sommes rentrés avec le dos cassé, mais nous avions vu nos zèbres ! De retour à Addis-Abeba, nous étions fiers de raconter notre aventure : nous avons alors appris qu’il est interdit d’aller dans ce coin sans autorisation écrite délivrée par les autorités à Addis-Abeba !!!

 

« De ma fenetre, je vois…. » :

 

Nos aventures sont en ligne :

clic

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Merci Aude pour ce témoignage plutôt original… Encore un pays dont nous ne connaissons finalement que la facette montrée par les médias…

La semaine prochaine, on change de continent ? 

J’attends vos témoignages !!!

Et si vous connaissez des Français partis vivre dans de tout petits pays presque inconnus, ou bien au Groenland, ou pour une mission en Antarctique, faites passer le lien 🙂

 





Anne, le biltong, les nids de poule et les « panic rooms » … à Durban (Afrique du Sud)

24 10 2011
(désolée pour la mise en page de cet article, je me bats avec WordPress qui ne veut rien entendre cette semaine….)
Bonjour, nous sommes une famille française, installés depuis 1 an et demi à Durban, sur la côte Est de l’Afrique du Sud. Cédric travaille dans l’industrie alimentaire, moi je suis au foyer (et en formation Montessori), nos deux filles Augustine bientôt 5 ans et Salomé 2 ans et demi vont à l’école, et Joseph, 3 mois … profite de la vie !
1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en durée indéterminée…) Est-ce la première fois que vous vivez a l’étranger ?
Nous habitons en Afrique du Sud depuis un peu plus d’un an et demi, en expatriation pour une durée théorique de 2 ans. Avant, nous avons passé 1 an à Singapour et 4 ans aux Pays-Bas, notre « point de départ » puisque nous étions là bas en « local à durée indéterminée ». Dans mon enfance aussi, j’ai passé un certain nombre d’années hors de la métropole, aux Antilles, notamment.
2- Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des écoles francaises ? Y avez-vous mis vos enfants ou au contraire avez-vous opte pour le systeme anglais (ou autre) ? Avez-vous acces a d’autres pedadogies ?
Il y a, au Cap et à Johannesburg, un certain nombre d’écoles internationales et des lycées français. Mais près de Durban, où habitent peu d’expatriés, il n’y a pas d’école internationale. Le système publique n’est pas vraiment recommandé, alors, la plupart des gens qui en ont les moyens vont dans des écoles privées. Nos filles (2 et 4 ans) vont dans une petite école maternelle Montessori.
3- Vos enfants sont-ils bilingues ?
Oui, français-anglais. Elles parlent français avec nous et anglais le reste du temps (école, amis), parfois anglais entres elles, lorsqu’elles jouent. Avec la dominance de l’anglais autour de nous, nos discussions sont de plus en plus parsemées de mots anglais, qu’il est difficile d’éviter …
4- Qu’-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?
Le climat, clairement, la beauté et la sauvagerie des paysages, la richesse de la culture et aussi un peu l’histoire du pays que je trouve fascinante. Au jour le jour, un confort matériel de vie comparable à celui de l’Europe, la praticité de la vie quotidienne, la facilité des contacts avec les gens, souvent souriants (plus qu’en France ?). Et puis aussi, aspect non négligeable, la langue véhiculaire, l’anglais, qui fait que je n’ai pas eu besoin d’apprendre une autre langue pour vivre une vie normale.
5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ?
Un cadre de vie magnifique, et une météo formidable: on peut vivre dehors toute l’année, même en plein hiver, il nous arrive fréquemment de déjeuner dans le jardin. Le contact avec la nature. Côté enfant, les nombreuses occasions de sorties en plein air, et puis, aspect non négligeable pour moi, la proximité d’écoles Montessori, une pédagogie non ostracisée comme en France. Du fait du grand multiculturalisme (peut être ?), je trouve les gens plus ouverts, intéressés par des cultures différentes de la leur.
6-Coté alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?
Les fruits et légumes. J’adore le fait que tous nos produits frais soient « Proudly South African », ainsi que beaucoup des produits transformés qui sont produits ici. J’aime aussi le fait que, comme dans beaucoup de pays en développement, la restauration hors foyer soit très abordable, ce qui fait que nous fréquentons beaucoup les restaurants. Nous découvrons la gastronomie « africaine », délicieuse. On aime le biltong (viande séchée, boeuf souvent, mais pas que, aussi du gibier -antilopes etc …), les mangues séchées, le braai (=barbecue, c’est le repas culte des sudafs, qui sont de gros mangeurs de viande). Et puis un gateau qu’on trouve fréquemment (d’origine anglaise, il me semble), le malva pudding, sucré et épicé. Ce qui nous manque ? Pas grand chose, en fait: comme tous français, des bons fromages à prix abordables, de la charcuterie… Mais on trouve aussi des produits importés de France !
7- Y a-t-il des plats typiques « étranges » ?
Typique du KwaZulu Natal, la région où nous vivons: le bunny chow, un curry servi dans un « bloc » de pain de mie, héritage de la forte influence indienne. On mange beaucoup de viande, notamment du « game » (le gibier), et des animaux peu courant, comme du crocodile, de l’antilope …
8- La vie est-elle chère ?
Ça dépend … on trouve de tous les prix, pour tout. Du fait des contraintes de sécurité, le logement peut être très cher. Pour la nourriture, encore une fois, on a toute la gamme de prix (et différents niveaux de supermarchés et de marchés), l’essence subit une hausse constante (et vertigineuse) depuis que nous sommes arrivés.
9- Côté conduite ?
Ici, on conduit à gauche, les chaussées sont souvent correctes, sauf après des grosses pluies, qui creusent, en quelques jours, des nids de poule monstrueux. Parfois on a besoin d’un 4×4 pour les excursions dans l’arrière-pays (pour l’instant, on s’en est toujours tirés sans). Mais la route est très dangereuse, les gens ne conduisent pas tous très bien et en particulier les taxis (minibus pouvant emmener jusqu’à 20 personnes), qui ont très souvent des accidents mortels. Le code de la route est vaguement respecté …
10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?
Un certain racisme latent qui perdure entre les communautés (Blancs, Noirs, Indiens), l’attitude un peu hautaine de certains, et puis aussi ce fatalisme de ceux qui ne croient plus en l’avenir de leur pays et ne rêvent que de s’en aller, parce que « le pays part à va l’eau … ». Et encore, la nonchalance et un certain laisser-aller dans les services publiques (sans parler de la corruption).
11- L’intégration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’intégrer et de rencontrer toutes sortes de nationalités ?
Le souci constant de sécurité fait qu’on ne peut pas se promener partout ni faire facilement des rencontres hors des sentiers battus. Héritage de l’apartheid, il y a un très fort communautarisme, mais qui se mélange un peu parfois (par exemple, dans notre Estate, c’est typiquement Blanc, mais il y a aussi quelques Noirs et des Indiens). Au début, j’ai eu du mal à m’intégrer, car en tant que Blanche, je pouvais passer pour une sud africaine (ce qui n’était pas le cas à Singapour, par exemple, où j’étais directement une étrangère). Bon, avec l’accent, on voit vite que je ne suis pas d’ici ! Il n’y a pas beaucoup d’étrangers à Durban, car il n’y a pas beaucoup d’entreprises internationales, nous fréquentons un groupe d’expats assez restreint et aussi quelques sud africains, mais la grande différence socio-économique fait qu’il est parfois difficile de fréquenter des gens d’autres ethnies. Les relations entre ethnies ne sont pas toujours faciles, le passé pèse lourd, ainsi que les préjugés sur les différentes cultures. Il reste que les gens sont plutôt faciles à aborder, surtout quand on a des enfants.
12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?
Je parlais déjà anglais avant, du fait de nos précédentes expatriations. J’ai pensé à prendre des cours de zoulou (qui est la langue majoritaire dans tout le pays, tout simplement parce que les Zoulous sont l’ethnie majoritaire), mais finalement, j’ai eu d’autres priorités !
13- Décrivez votre rue/cadre de vie
Nous vivons dans un « golf estate »: une très grande résidence (plusieurs centaines de maisons), organisée autour d’un parcours de golf. C’est un endroit très huppé, très cher car la sécurité y est maximale: pour rentrer il faut un pass de résident ou alors être « invité » par un résident avec un système compliqué de codes personnels valables pour une entrée, envoyés par le bureau de sécurité central par sms. L’endroit est surveillé 24/24 avec des rondes etc … Ce qui fait que, contrairement aux maisons individuelles (hors Estate), la nôtre n’a pas de « panic button », « panic room », ou de grilles aux fenêtres. Cela donne le sentiment de vivre « normalement », mais c’est relativement trompeur. A part ça, l’endroit est très vert, très propre, très bien entretenu, ce qui contraste avec l’extérieur. Nous avons une maison avec un jardin et une piscine. Il y a beaucoup d’autres estates, grands et petits et aussi des maisons individuelles, toutes gardées par des entreprises de sécurité, ainsi que des townships et des bidonvilles. L’habitat est encore extrêmement séparé.
Umhlanga Rocks et son phare
14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses à visiter aux alentours ?
Oui ! Il y a plein de choses à faire, mais il faut aimer la nature, car les grandes villes ne sont pas des endroits sûrs (ni très intéressant, il faut le dire). Il y a évidemment, les game park (safari) et plein de réserves naturelles où l’on peut voir toutes sortes d’animaux. Nous sommes près de la côte, qui est magnifique (les plages sont relativement agitées, ce qui fait le paradis des surfeurs, mais infestées de requins …). Et puis, pour les enfants, il y a plein d’endroits aménagés, de parcs, de zoos, etc … Par contre, il faut avoir une voiture !
A quelques heures de voiture de chez nous, nous avons le Drakensberg, chaîne de montagne, donc pour nous qui aimons la rando, c’est le paradis. On peut aller au Mozambique pour des vacances plus « plage ». Maurice n’est pas loin non plus, mais il y a tellement de choses à voir dans le pays: il suffit de prendre l’avion pour se rendre au Cap ou à Johannesbourg et visiter tranquillement.
15- A quelle fréquence « rentrez »-vous en France ?
En moyenne, 1 fois par an, pour les occasions (mariages, fêtes).
16- Avez-vous prévu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne pas envie de revenir habiter en France ?
Nous ne savons pas encore … Peut être un jour, mais c’est très imprécis. Nous ne voyageons pas tant pour « fuir » la France que pour découvrir d’autres pays, profiter de ces beaux endroits. Et puis, j’ai un gros passif de vie hors de la métropole (les 2/3 de ma vie), donc, vivre hors de France n’est pas vraiment l’exception, mais cela tend à devenir la règle.
17- Face a quelle mentalité/habitude/défaut français êtes-vous + clément, avec le recul d’habiter a l’étranger ?
Euh …je ne comprends pas bien la question. Je pense que les expatriés ont tendance naturellement à être plus critiques avec certains défauts de notre culture française, tout simplement parce qu’ils voient des exemples différents et aussi parce que la vie ailleurs qu’en France nous jette à la figure notre propre mentalité de français et que souvent, nous sommes obligés de nous adapter.
18- Quel est le climat ?
Magnifique ! Le meilleur que j’ai connu ! Ensoleillé toute l’année, frais en hiver, chaud en été, pluvieux juste comme il faut … Bon, sur la côte où nous vivons, l’air est souvent poussiéreux et les enfants ont fréquemment des problèmes respiratoires, c’est un inconvénient. La météo ici est très changeante, je trouve, on peut avoir besoin d’un pull le soir ou bien vouloir dormir toutes fenêtres ouvertes le lendemain ! La côte est plus humide mais moins froide que d’autres régions, comme Johannesbourg, notamment, où il peut facilement neiger en hiver. Mais pouvoir déjeuner en terrasse toute l’année, c’est un des grands plaisirs d’ici !
19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes françaises ?)
Oh oui ! À force de déménager si souvent, nous prenons très facilement des habitudes, pour pouvoir se « mettre à l’aise » à peine arrivé dans un pays. J’adopte (presque sans le vouloir) des expressions locales comme « Shame ! » (qui ne veut rien dire mais qu’on sème à tout vent dans la conversation). J’ai aussi cessé de me battre pour que mes filles portent des chaussures, et elles vont pieds nus quand bon leur semble, comme les enfants d’ici, et mon mari s’est définitivement mis à la bière locale.
Côté habitudes françaises, la gastronomie, on y revient toujours ! Il est difficile de se départir des horaires et habitudes d’alimentation, alors, on étonne toujours quand on dit que nos enfants ne dînent pas avant 19h, ce qui est tard pour les gens d’ici qui sont plutôt des couche-tôt, lève-tôt !
19- Y-a-t-il de la censure ?
Pas que je sache …
20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « dépaysante »
On a beau habiter un complexe propret au gazon taillé au centimètre, la nature se bat pour reprendre ses droits. Et les animaux qui ont été chassés de leur habitat naturel aussi ! Du coup, il faut se méfier des fenêtres ouvertes, véritable invitation au chapardage de fruits par des bandes de singes vervet qui passe pas loin! Je me suis faite avoir un certain nombre de fois, ce qui fait bien rigoler la femme de ménage des voisins, témoin de l’orgie que ces messieurs les singes s’offraient dans ma cuisine, en mon absence !
« De ma fenêtre, je vois…. » :
Du vert, du vert et encore du vert … et une clôture de fil électrifié … ce qui résume assez bien notre cadre de vie ici !!!

***

Merci Anne pour ce témoignage très intéressant d’un pays sauvage et attirant… L’anecdote des singes dans la cuisine m’a fait beaucoup rire 🙂

Edit : j’ai oublié de mentionner le blog d’Anne :

Et encore désolée pour cette mise en page un peu trop « concentrée »… wordpress ne veut rien entendre…

***

Continuez de m’envoyer vos candidatures spontanées, c’est toujours un plaisir de découvrir de nouvelles destinations. Et si votre coin de quotidien a déjà été « visité » dans ce blog, pas de souci : le regard est toujours différent !





Amy, les cleaning day, les Makasutu et l’huile de palme…. en Gambie

12 09 2011

* Amy, 32 ans, je vis en Gambie depuis bientôt trois ans avec mon mari, et nos trois enfants (7 ans et demi, 3ans, et 1an).

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? Est-ce la première fois que vous vivez a l’étranger ?

Je suis venue rejoindre mon mari qui est expatrié ici depuis juillet 2008. Je suis arrivée en décembre 2008 avec les enfants car j étais enceinte de mon deuxième fils et j ai préféré accoucher en France avant de venir. J’ai pris un congé parental que j’ai renouvelé puisque notre petite princesse est arrivée entre temps. Mon mari a vécu à Londres pendant deux ans. J’étais en ce temps la reste sur Paris pour mon travail, ce qui entrainait d’innombrables voyages Paris -Londres (heureusement il ya l’Eurostar).

2- Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des écoles françaises ? Y avez-vous mis vos enfants ou au contraire avez-vous opte pour le système anglais (ou autre) ? Avez-vous accès à d’autres pédagogies ? 

Il y a une école française à Banjul (capital de la Gambie). Elle est vraiment très petite, une centaine d’élèves à peine. Elle va de la TPS au CM2. A partir de la 6eme, les cours sont dispensés par le CNED. L’ainé y est inscrit depuis notre arrivée. Mon deuxième fils qui a trois ans y a fait une année de Toute Petite Section mais nous avons décidé de le mettre à la rentrée, dans une pre school anglaise (leur modèle d’apprentissage nous semble plus approprié à cet âge).

Cela dit, il finira comme son frère (et sa sœur plus tard) par aller à l’école française dés le CP car nous voulons que ça leur serve de fil rouge, vu que nous serons amenés à changer de pays encore et encore.

3- Vos enfants sont-ils bilingues ?

Ils ne sont pas du tout bilingues, mais on y travaille. L’ainé a une bonne compréhension de l’anglais. Il est inscrit dans un centre proposant des after school program, Dieu merci aucun élève de l’école française (pas moyen de parler français). Les intervenants et les autres enfants sont exclusivement anglophones. Ca l’aide beaucoup. Pour le deuxième, nous espérons que le fait de commencer la pre school anglaise à la rentrée va être bénéfique dans ce sens.

4- Qu’-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

La qualité de vie (zéro stress, la sécurité). Tout est accessible, la ville, le pays est tout petit. Comparé à d’autres capitales africaines comme Dakar, la Gambie reste un gros village, dans le sens ou il n’y a pas un énorme trafic sur les routes, pas de construction à perte de vue, la ville est très verte.

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ?

Les gambiens sont très accueillants, très gentils et disponibles, la sensation de sécurité. Nous avons ici une qualité de vie que nous n’avions pas en France. Je profite de mes enfants. Il y a également un esprit de solidarité très fort aussi bien dans les bons comme dans les mauvais moments.

6-Coté alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

On trouve ici toutes sortes de poissons à des prix plus qu’abordables. Les homards, les énormes crevettes, toutes ces choses qui coutent cher en France sont données ici.

Ce qui nous manque le plus ce sont les bons chocolats, les bonnes pâtisseries et viennoiseries, les fromages, les produits laitiers, et les restaurants japonais pour mon mari. lol

Par contre, sur le plan médical, il n’y a RIEN. A chaque fois que je vais en France, je renouvelle mon stock de médicaments pour les enfants. Nous allons à Dakar (SENEGAL) pour le pédiatre, les soins dentaires, le gynécologue, TOUT.

7- Y a-t-il des plats typiques « étranges » ? 

Les gambiens utilisent beaucoup d’huile de palme dans les plats locaux. Nous n’aimons pas trop ca. Sinon il n’y a rien de vraiment « étrange »

8- La vie est-elle chère ?

Les produits locaux ne sont pas chers. Les restaurants restent abordables aussi. Les produits importés (les produits frais) par contre sont très chers. La chaine du froid est loin d’être garantie.

9- Cote conduite ?

Volant à gauche comme chez nous. Il n’y a pratiquement jamais d’embouteillage dans ce pays. C’est super. Par contre, il n y a pas de règle sur la route. Il faut constamment être vigilant au volant, et se méfier des taxis. Ce sont les seuls moyens de transports collectifs qui existent ici. Ils s’arrêtent n’importe ou n’importe quand, sans signaler, pour prendre ou faire descendre un client.

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Sur le plan culturel, il n’y a vraiment pas grand chose à découvrir ici. Le niveau d’alphabétisation est très bas, pour preuve la Gambie vient tout récemment d ‘avoir sa première université. Les gambiens ne sont pas curieux du tout de ce qui se passe/ se fait dans le monde.

11- L’intégration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’intégrer et de rencontrer toutes sortes de nationalités ?

Pas vraiment, les seuls gambiens que nous fréquentons sont les collègues de mon mari. Il y a un fort communautarisme. Il n’y a pas beaucoup de français ici, nous nous connaissons tous pour ainsi dire. Les anglais sont organisés de leurs cotés, et les américains aussi.

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Mon mari et moi parlions déjà couramment l’anglais.

13- Décrivez votre rue/cadre de vie 

Nous avons la chance d’habiter dans un complexe avec une magnifique vue sur l’océan Atlantique, dans un bel appartement en duplex. Le quartier est très calme, et surtout nous sommes à 5mn à pieds de l’école française. Nous avions la possibilité de prendre une grande maison avec jardin, mais il faut trouver un jardinier pour l’entretenir, un gardien, acheter un groupe électrogène vu que les coupures d’électricité sont courantes etc… Ici tout est fourni. De plus vu que mon mari va souvent en mission dans la sous-région, je me retrouve seule avec les enfants, il est plus confiant de nous savoir ici que dans une maison individuelle.

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses à visiter aux alentours ?

Oui c’est assez facile, il y a quelques éco-Lodge qui sont magnifiques en pleine forêts (Makasutu) , de magnifiques plages jamais bondées où l’on mange du bon poisson frais pour rien. La faune est très diversifiée, on voit ici des espèces très rares d’oiseaux, des boat trip sont organisés le long du fleuve Gambie, il ya quelques parcs et réserves naturelles. Et le Sénégal voisin est tout proche également.

15- A quelle fréquence « rentrez »-vous en France ?

Deux fois par an, pour Noel et pendant les grandes vacances

16- Avez-vous prévu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne pas envie de revenir habiter en France ?

Non rien n’est prévu, tout dépend de la prochaine affectation de mon mari. Le stress de la vie parisienne ne nous donne AUCUNE envie de revenir.

17- Face a quelle mentalité/habitude/défaut français êtes-vous + clément, avec le recul d’habiter a l’étranger ?

Aucun

18- Quel est le climat ?

Nous avons ici un climat subtropical. Il y a une saison sèche d’octobre à mai, il fait toujours chaud, en moyenne 25 degrés, la nuit la température descend parfois jusqu’ à 16 degrés ; et une saison des pluies de juin à septembre. Il pleut abondamment. Et qui dit pluie, dit eaux stagnantes, moustiques, malaria. La meilleure période pour visiter le pays est d’octobre à mai.

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes françaises ?)

Nous avons gardé nos trois repas par jour (+ le goûter pour les enfants). Les gambiens prennent un gros petit déjeuner, ne mangent pas à midi et dînent très tôt le soir.

19- Y-a-t-il de la censure ?

Oui, partout et pour tout. Il n y a pas de multi-partisme, pas de liberté de la presse ni d’expression, et beaucoup de propagande en faveur du tout puissant président.

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « dépaysante »

Le gouvernement organise un cleaning day le dernier samedi de chaque mois. Tout le monde doit rester chez soi et nettoyer sa maison et les alentours. Aucun véhicule ne circule, aucun commerce ou bureau n’est ouvert. La ville est morte de 9heure à 13h. C’est vraiment déroutant quand on vient d’arriver.

« De ma fenêtre, je vois…. » : 

De ma fenêtre, je vois ma piscine au premier plan et l’océan juste derrière.

 

Merci Amy pour cette incursion dans un pays très méconnu, ça donne envie d’en savoir + ! (déjà maintenant on saura le placer sur une carte :))

Et je suis pour l’instauration d’un « cleaning day » en France !

***
La semaine prochaine, on va découvrir le Mexique, avec Agnès ! 





TBB et PPK, le swahili, la chèvre grillée et les overlappers… à Nairobi (Kenya)

29 08 2011
TBB (TheBigBoss)- Un couple, deux enfants, une famille… le rêve quoi !!
PPK (Peperuka)- La maman, 35 ans, belgo-néerlandaise; le papa, 33 ans, français; et les enfants, 5 et 3 ans, petits français nés à Nairobi…

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en duree indeterminee…) Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?

TBB – Cela fera 14 ans en novembre 2011 et on compte continuer sur cette voie… Et oui, pour ma part, c’était mon premier grand voyage…

PPK – Nous nous sommes installés au Kenya le 1er novembre 1997 aux fins de délocaliser l’entreprise de mes parents. Quand ils ont eu l’idée de partir au Kenya, ils m’ont demandé si nous étions prêts à les accompagner et nous nous sommes lancés… Depuis, 14 ans plus tard, nous y sommes toujours, plus dans leur entreprise même si mes parents vivent encore ici…. Moi j’avais déjà fait le déménagement Belgique- France, et j’ai beaucoup voyagé en famille.

2- Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des ecoles francaises ?

TBB – Bien !! Oui, il y a une école française à Nairobi et nos enfants y sont… Il y a beaucoup d’écoles privées anglaises sinon qui sont assez chères et d’autres préfèrent carrément envoyer leurs enfants en pensionnat à l’étranger (UK, Afrique du Sud)…

PPK – École française, histoire de leur donner une langue de scolarisation que nous maîtrisons tous à la maison !

3- Vos enfants sont-ils bilingues ?

TBB – Ndyo, they are trilingues ! L’ainée a oublié le swahili malheureusement… Par contre, le petit parle très bien le swahili mais il ne le parle qu’avec la nounou (pas moyen qu’il parle le swahili dans la rue, c’est l’anglais). Sinon, la langue de jeu entre frère et soeur est l’anglais…

PPK – Ils sont trilingues: avec nous les parents ils parlent le français, avec la nounou swahili, et en général au Kenya quand ce n’est pas le swahili, ils parlent anglais. L’école française en plus a une maternelle bilingue français/anglais.

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

TBB – Euh !!! On est tombé un peu ici par hasard, ce n’est pas le pays que j’aurai choisi comme destination si j’avais eu le choix mais comme il faut bien répondre… alors je dirai… pouvoir vivre une vie moderne dans une capitale et faire 5 km pour se retrouver dans la grandeur de la nature africaine et voir des lions, rhinocéros, léopards…

PPK – Notre vie de famille; je pense qu’avec la même configuration je serai bien dans n’importe quel pays, donc rien ne m’attache réellement au Kenya! Par contre, le soleil, le sourire des gens…. ça aide!

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ?

TBB – Ouahh !! Une simplicité de vie, du moins il y a quelque chose de plus humain dans leur contact… Je m’explique, le fait qu’ici les gens sont la plupart tous souriants, certains vous disent même bonjour en vous croisant dans la rue et d’autres engagent carrément une discussion avec vous; et en cas de problème, les gens viendront vous aider naturellement… Bref, peut-être une société moins emprise par la société de consommation (mode, jalousie, jugement, etc.). Un bloggeur londonien a fait une liste des 10 choses qu’il peut faire à Nairobi et qu’il ne peut pas faire à Londres, et en position 1 il dit “Sourire à des personnes que je ne connais pas” et en position 2 “Commencer des conversations avec des serveurs, des vendeurs, des gardiens”.

PPK – Le sourire, la simplicité, le fait de pouvoir rester nature et de ne pas devoir se conformer à une image que la societé attend de vous!

6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

TBB – Les samosas !! Surtout les samosas au paneer… Et j’avoue que j’ai un faible aussi pour les dhosas, un dhosa masala au fromage. Sinon, en cuisine plus kényenne, j’aime également l’ugali (et oui, avec un plat en sauce, c’est pas mal), le sukuma (on s’y habitue avec le temps) et bien sûr la viande de chèvre grillée !

PPK – J’aime tous les produits excellents et frais: les fruits, les légumes, le lait…. on peut manger des produits vraiment naturels et très bons! Coté cuisine, j’aime le coté cosmopolitain de Nairobi: on peut manger éthiopien, indien, japonais, libanais…. La gastronomie kényenne est quelque peu décevante car pas de cuisine typique…

7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

TBB – Non ! Très peu. Déjà, il faut savoir qu’au Kenya, contrairement à d’autres pays d’Afrique, les locaux ne mangent pas de viande de brousse (zèbre, gazelle, buffle, porc-épic)… Et oui, ce n’est pas dans la culture des tribus du Kenya qui respectent beaucoup les animaux. Bon, certes avec l’inflation récente, on trouverait peut-être de la viande d’âne ou de chameau en boucherie, mais c’est interdit !! Auparavant, les viandes de brousse pouvaient être mangées dans des restaurants pour touriste/attrape-nigaud mais c’est fini. Donc, désolé, pas de plats étranges au Kenya, c’est ugali et sukuma !!

PPK – Mmmhh peut-être les termites qui sont mangées grillées par temps de pluie – je n’ai pas goûté mais je ne dirais pas non, et puis les nombreuses préparations à partir d’abats (des andouillettes locales par exemple) mais rien de choquant !

8- La vie est-elle chere ?

TBB –  Malheureusement de plus en plus chère, le Kenya a connu une inflation énorme après les conflits électoraux de 2008… et en juin dernier, le pays a de nouveau connu une inflation terrible d’environ 12,5 %. De plus, la monnaie locale connaît actuellement une dévaluation forte face aux devises étrangères (1 USD vaut désormais 96 Kshs, du jamais vu). L’immobilier est super cher et pourtant beaucoup d’immeubles/appartements sont inoccupés, le Kenya est dans une sorte de bulle spéculative… c’est ce qu’il se passe généralement lorsque les pays émergents sont en croissance, les banques et investisseurs voient un marché/pays en pleine croissance; ils arrivent, achètent les terrains à bas prix, construisent et puis ils attendent et font monter les prix !! Enfin, bizarrement, au niveau africain, Nairobi n’est pas parmi les villes les plus chères d’Afrique  (CLIC)– il y a Lagos (Nigéria), Douala (Cameroun), Dakar (Sénégal), Abidjan (Côte d’Ivoire), Alger (Algérie), Casablanca (Maroc), Accra (Ghana), Le Caire (Egypte) et Lusaka (Zambie) – donc on ne se plaint pas !!

PPK – Oui ! Malgré les produits de base pas si chers que ça, la vie est chère à Nairobi !

9- Cote conduite ?

TBB – Alors là !! Je passe bien 4 heures par jour dans la voiture. Lorsque cela roule, pas de problème; les gens conduisent assez bien ici et pas très vite. Par contre, dès qu’il y a un moindre ralentissement, cela devient vite l’enfer; les voitures qui roulent sur le trottoir ou bas-côté, des autres qui dépassent tout le monde en utilisant la voie opposée (overlappers)… Bref, ce n’est pas rare de se trouver bloqué à un croisement pendant 30 minutes à cause d’une poignée d’abrutis qui se croient tout permis et finissent par bloquer tout le monde. A Nairobi, il faut connaître les petites routes ou suivre les minibus peints de toutes les couleurs avec écran plat et sono à donf qui se faufilent partout), et ignorer les feux de signalisation !!

Sinon, hors de Nairobi, la plupart des routes ont été refaites mais ajouter les trous, les bosses, les conducteurs qui roulent ou dépassent n’importe où, les véhicules qui ne devraient plus rouler, les longs camions containers et les “speed-bus” (bus qui roulent à toute vitesse avec chauffeur sous miraa/khat) (CLIC), alors oui, conduire au Kenya est un peu dangereux… Vous ne conduisez pas en regardant le paysage si vous voulez !

PPK – J’ai acheté mon permis ici et je n’ai jamais aimé conduire parce que je ne sais pas bien conduire et donc par peur des autres voitures qui sont démentes, je ne sais pas faire un créneau et je conduis à la “ça passe ou ça casse”, en fin de compte j’utilise la voiture au grand maximum 2 heures par mois!!!!

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

TBB –
1/ Les “overlappers”, ceux qui vous dépassent dans les embouteillages en toute impunité !!

2/ Sinon, les églises  CLIC (toutes les églises) pour sortir encore des énormités contre le préservatif ou les homosexuels ou l’avortement (genre il faudrait tous les homosexuels ou que ce n’est pas africain, que le préservatif est un vecteur du SIDA, et que même si la mère est mourante il ne faut pas l’avorter, etc.).

3/ Et en troisième position, le kényen tout mou: celui qui a les mains moites, qui murmure la tête baissée et qui a les neurones du cerveau qui vont à 10 à l’heure.

4/ Allez encore un, me faire appeler Mzungu (homme blanc/européen) par une personne éduquée à Nairobi (pour les ruraux et les enfants, je comprends). Du coup, je réponds “Sema mwafrica” (qu’est-ce qu’il y a; africain ?).

5/ Les mauvaises manières, comme tout le monde… Ici, on vous double dans les embouteillages; dans les queues, on pousse, on sert et on dépasse; et après, on s’en moque que cela soit une personne âgée ou une femme enceinte ou un enfant, bref, vous voyez un peu le genre… mais cela change avec le temps !  Et les campagnards de passage à Nairobi qui vous regarde comme une bête de cirque

6/ Enfin, le pire, l’hypocrisie associé à l’arrivée d’une mentalité occidentale/consumériste . On vous dira à l’église que tout va bien dans le meilleur des mondes/dans la famille, alors qu’en réalité, la femme de la maison dépense les sous pour s’acheter des pantalons jaune-banane et des hauts talons fashion pendant qu’elle donne des ordres à la femme de ménage/esclave (souvent une petite cousine éloignée logée nourrie mais pas payée) ou va faire ses courses en BMW/Mercedez tandis que le monsieur, qui amène le salaire mensuel, rentre tard tous les soirs parce qu’il doit voir ses nombreuses maîtresses ou aime trainer au bar et va finir sa soirée à côté de la petite cousine/servante dès que sa femme a le dos tourné… C’est choquant, mais c’est comme cela que la société fonctionne: la femme enfante et reste la mère des enfants et cheffe de la maison; et le mec lui a autant de femmes/poufs qu’il le souhaite tant qu’il met l’argent sur la table. Mais le dimanche à la messe, c’est moment famille où l’on accable les homosexuels et les préservatifs et toutes ces choses qui “n’existent pas en Afrique et qui ont été apportées par la société occidentale” en priant “God won’t you buy me a Mercedes Benz”.

PPK – Les préjugés “tous les blancs sont riches” avec tout ce que ça comporte de situations pénibles, l’incapacité de trouver l’honnêteté chez les dirigeants, l’hypocrisie (voir commentaire de TheBigBoss); et parfois les attitudes qui manquent de respect vis-à-vis du prochain! Et surtout le coté “être et paraître” de plus en plus présent à Nairobi; le fait que des kenyans passent à coté de mendiants qui crèvent la faim dans leur très rutilante et très chère voiture sans même un regard pour les pauvres, ça me fout en rogne!

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

TBB – Un fort communautarisme !! Surtout de la communauté indienne qui ne se mélange pas du tout, même pas par amour vu que tout les mariages sont arrangés entre familles. Les kényens, eux,  n’ont pas de problème pour se mélanger avec les autres nationalités, se sont des gens très ouverts à la culture occidentale; donc les couples mixtes et familles mixtes entre kényens et étrangers sont courants.  Sinon, les autres communautés ont en effet tendance à rester entre eux mais je pense que c’est normal, non… beaucoup d’hollandais dans les fleurs, beaucoup d’allemands dans le tourisme, beaucoup d’anglais dans le district de Karen, etc…

PPK – C’est simple, en 14 ans, je n’ai aucun vrai ami Kenyan…. c’est affligeant mais c’est dur de jeter un pont entre nos deux cultures complètement différentes sans qu’à un moment ou un autre, cela coince! J’ai l’espoir que nos enfants pourront avoir des amis kenyans, comme ils sont nés ici! Avec les autres communautés, les rapports superficiels sont aisés mais pas moyen de créer de vraies amitiés, soit les gens bougent de trop (missions tous les 3 à 5 ans), soit ils sont dans des circuits trop spécifiques (safari, ONG, diplomatie, entreprise…) du coup les gens restent entre eux!

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

TBB – Oui, l’anglais !! Mais pas le swahili !! Il y a deux langues officielles au Kenya, l’anglais et le swahili… Le swahili est une très belle langue, assez facile mais je suis un gros fainéant; je le comprends à 30 % et le parle à 10 % 🙂

PPK – Anglais pas de souci,  le swahili je le comprends à 80 % et le parle à 50 %

13- Decrivez votre rue/cadre de vie

TBB – On est à 5 min du centre ville et tout près du Yaya Center. Notre rue est une petite rue sans trottoir avec un kiosque au coin; il y a un vieux vendeur de charbon qui fait le bruit de canard avec sa bouche, trois chauffeurs de taxi qui passent la journée à attendre.. La rue puait l’égout vu qu’elle était devenu la cantine des ouvriers (les femmes arrivent avec la nourriture, les ouvriers mangent et les restes sont jetés) mais la municipalité a tout cassé. Et il  y a un grand immeuble tout neuf rempli de chinois !  Notre appartement (CLIC) est un duplex, rare à trouver à Nairobi… donc on a une terrasse ouverte en haut… un vrai plaisir ! Et pas de barres aux fenêtres, ce que j’apprécie énormément (cela fait moins maison-prison) !! Et fidèles à nous-mêmes, nous l’avons recoloré (chambre violet empereur, salon vert herbe et rose bonbon, couloir deux teintes de jaune et rose fushia !! Avec plein de masques africains aux murs, un autocollant zèbre et quelques oeuvres d’artistes.

PPK – Rien à rajouter; sauf qu’il y a un chantier à coté de notre appart et que ça fait un an qu’ils sont occupés à construire ce truc à 9 étages: du bruit, de la poussière et des ouvriers qui nous regardent vivre!

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

TBB – Oui et non !! Les safaris coûtent très chers au Kenya, sauf si tu optes pour l’option camping… Alors la réponse est oui c’est facile et reposant quant tu peux te payer le lodge. Par contre le camping cela tue; imaginez-vous, rouler pendant des heures sur la caillasse pour ensuite sortir tout le matériel de camping (chaises, lampes à pétrole, et tout et tout), c’est pas facile !!! Et oui, il y a beaucoup de choses à visiter aux alentours mais il faut aimer la nature !! Le Kenya, c’est un très beau pays (un peu comme la France), il y a de très belles plages (Mombasa vs Côte d’azur), de superbes montagnes (Mt Kenya/Kilimandjaro vs Alpes) et rajoutez à cela les grands espaces et les animaux sauvages, bref le paradis pour les amoureux de la nature, un peu chiant pour ce qui aime la culture (art, expo, concert, etc.)

PPK – Facile oui, et agréable aussi, mais nous ne le faisons pas souvent, le weekend on opte plutôt pour les courses puis un petit resto en famille

15- A quelle fréquence « rentrez »-vous en France ?

TBB –   Une fois tous les deux ans !

PPK – Oui !

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

TBB – Non, pas prévu de revenir en France !! Qu’est ce qui ne me donne pas envie, euh ??? Les fausses-blondes avec poussettes qui fument la cigarette au square pour parler du dernier Loft Story tandis que le mari va astiquer sa voiture “autotuné”… Bref, la bêtise de la société française ! C’est une bonne réponse ?? En fait, c’est surtout la situation actuelle en France qui est inquiétante !

PPK – Aucune idée, la France est un très beau pays et les activités culturelles me manquent terriblement, par contre je ne pense plus être “adaptable” à la mode de vie européenne! Les cases dans lesquelles on vous classe, les repères; l’administration, les plaintes incessantes… je ne sais pas, ça ne m’attire pas!

17- Face a quelle mentalite/habitude/defaut francais etes-vous + clement, avec le recul d’habiter a l’etranger ?

TBB – Zeeeu englisheu axent !! Sinon à part ça, rien… bien au contraire… car je regarde toujours la télé française et suis toujours attaché à la France l’air de rien avec ma gueule de Frenchie 🙂

PPK – Bon je pardonne le coté chauvin aux français puisque la France est bien jolie quand même!

18- Quel est le climat ?

TBB – Un des meilleurs du monde !! Jamais froid, jamais trop chaud !! Du soleil, du soleil, du soleil…

PPK – Ouép! Sauf en ce moment, c’est l’hiver, il fait froid!

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

TBB – On a vécu avec les locaux pendant trois ans à notre arrivée et dans un quartier assez pauvre, donc on connaît très bien les coutumes et habitudes locales ainsi que la mentalité des gens du pays… Par contre, petit à petit, nous nous sommes remis aux habitudes françaises (donc pas de saucisse grasse au matin au petit déj) et maintenant que nous avons des enfants et bien on peut dire que l’on est 100 % français !! Euh, on a toujours des magazines et des livres en flamand qui traînent 🙂

PPK – Je parle avec mes mains et je place de temps en temps des bruits et vocalismes dans mes conversations, mais sinon je pense être restée pareille! Par, contre j’ai developpé un esprit pratique à fond et je suis cap de me débrouiller dans n’importe quelle situation, par exemple avec les enfants je ne suis pas une maman anxieuse d’emballer plein de trucs avant de partir en vadrouille, je trouve toujours une solution sur place et je me passe des gadgets…

19- Y-a-t-il de la censure ?

TBB – Il y avait une censure (CLIC) sous le régime de Daniel Arap Moi jusque 2001 (une chaîne, un journal, une radio, un lait, un beurre) mais après l’élection de Kibaki en décembre 2001, beaucoup a changé ! Et 9 ans après, je dirai qu’il y a peu de censure car il y a plein de radios, de chaînes de télévision, de journaux, etc… mais il y en a toujours un peu !! Les sujets tabous sont ceux qui touchent le sexe CLIC (toujours eu) et l’ethnicité CLIC (depuis les conflits ethniques de 2008) !

PPK – Je pense que les kenyans sont très forts pour se censurer quand ils le veulent! Non, ils sont hypocrites mais on ne peut pas parler de censure vraiment!

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » :

TBB – Oups ! Dépaysante ! Bah, une “visite à MagadiCLIC ou “se faire manger par des fourmis”  CLIC ! Ou la sucette en forme de pénis CLIC vendu dans un supermarché !

***

« De ma fenetre, je vois…. » :

TBB – Comme sur cette photo CLIC, on voyait le Yaya, des arbres et les montagnes Ngong (Ngong Hills), chères à Karen Blixen… mais depuis, le voisin a vendu son terrain et un immeuble est en construction, donc plus de soleil couchant sur les Ngong… juste des ouvriers qui font du bruit et un maître d’oeuvre qui passe son temps à crier “Kamau, Kamau, haraka”… Bon, on va donc prendre une photo de cette horreur !!

PPK – Ouép beurk

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Merci Peperuka et TheBigBoss !

Pour ceux qui n’ont pas eu le temps de cliquer sur tous les liens, s’il vous reste 1mn de dispo pour lire, allez au moins lire celui sur l’attaque des fourmis… un régal 🙂 (je le remets ici)

Je ne peux pas m’empêcher de joindre ce lien avec vidéos, qui rappellera j’en suis sûre de bons souvenirs à PPK et TBB 😉

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Retrouvez Peperuka et TBB sur leur blog :

Et sur leur page Facebook :

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« sur laquelle nous postons des nouvelles quotidiennement et en français sur le Kenya.

Venez nous rejoindre ! »

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La semaine prochaine, on change de continent : direction Taiwan, avec Cédric !





Vanessa… en Kabylie (Algérie)

20 06 2011

Présentation de la «family » →

Moi : Vanessa, francaise, déteste tout ce qui est « carré, préparé, organisé au millimètre »

Lui : O., algérien et surtout kabyle, aime que tout soit « carré, préparé, organisé au millimètre»  (les opposés s’attirent dit-on, ça se confirme en ce qui nous concerne !!!)

Eux : L. 11 ans, princesse capricieuse et parfois souvent caractérielle, E. 7 ans, rêveur calin toujours indécis et N° Troiz en « fabrication » pendant les 8 prochains mois !!

Nous vivons en Algérie, plus précisément en Kabylie, à côté d’Akbou, une ville située à 200km à l’est d’Alger et à 60km à l’ouest de Béjaïa.

Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ?

Depuis avril 2011, pas de contrat de travail, je suis ici car mariée à un algérien !

Pour combien de temps ?

Pas de durée fixe mais un maximum de 4 ans. (la raison est expliquée plus bas)

Est-ce la première fois que vous vivez à l’étranger ?

Non, je suis née en France mais j’ai habité en Belgique jusqu’à mes 10 ans et plus tard j’ai vécu quelques mois à Barcelone en Espagne. Et sinon, en moins exotique… j’ai vécu dans à peu près tous les coins de France gràce à des parents qui avaient la bougeotte !! (Soissons, Grenoble, Montpellier, Nord etc….)

Béjaïa – Promenade de la brise de mer (vue sur le Cap Carbone au fond)

Comment se passe la scolarisation ?

Les enfants étaient déjà scolarisés par correspondance depuis 1 an avant notre arrivée ici donc nous continuons ce système avec les cours Pi. Grosse organisation et beaucoup de boulot mais ce système nous convient bien jusque là !

Y-a-t-il des écoles françaises ?

Il me semble qu’il y a un lycée francais à Alger mais vu que c’est à 200km de chez nous, je ne me suis pas trop penchée sur la question !!

Y avez-vous mis vos enfants ou au contraire avez-vous opté pour le système local ?

Je ne les ai pas intégrés au système scolaire local pour 2 raisons :

La 1ère par rapport à la langue, ils ne parlent pas arabe.

La 2ème parce que suivre des cours reconnus par l’éducation nationale facilitera leur ré-intégration dans le système scolaire français lors de notre retour.

Avez-vous prévu de revenir vivre en France un jour ?

Mon rêve serait d’aller vivre au Canada, si ce n’est pas possible je veux rentrer en France pour que les enfants poursuivent leur scolarité là-bas, au moins à partir du lycée, c’est à dire dans 4 ans maximum pour ma fille ainée.

Qu’est ce qui ne vous donne pas envie de revenir habiter en France ?

La politique actuelle et la manie qu’ont les gens de se plaindre à tout bout de champ alors qu’ils sont loin d’être les plus mal lotis sur terre !! Les français (beaucoup mais pas TOUS je ne généralise pas !) ne se rendent pas compte des avantages qu’il y a à vivre dans un pays comme la France, tellement favorisé par rapport à d’autres !

Vos enfants sont-ils bilingues ?

Non, mais ils commencent (surtout l’ainée) à comprendre et utiliser des mots en kabyle. Ils vont commencer l’arabe en septembre, option rajoutée à leurs cours et assistent régulièrement aux classes de mon beau-père, prof de français. (ses cours se font à moitié en français, à moitié en arabe.)

Le petit dernier (ou petite dernière !) le sera forcément car il va entendre le kabyle ET le français dès sa naissance !

Qu’est-ce qui vous fait sentir bien dans le pays ?

Le fait de découvrir (de l’intérieur) une nouvelle culture, j’ai toujours été attirée par l’étranger, toujours eu envie de connaître des façons de vivre différentes.

La beauté des paysages et le climat sont également très importants !

Dans un autre registre, le coût de la vie est un gros avantage !

Et le fait d’être avec mon mari et mes enfants fait que je me sens bien tout simplement et ce serait le cas n’importe où je pense !!

Côté alimentation, Y-a-t-il des choses que vous adorez ?

J’aime que les légumes aient vraiment du goût ! J’aime aussi certains biscuits de marque francaise (LU) qu’on ne trouve pas en France !

Et j’adore les msemen (il me semble que c’est le bon nom… pas sûre !!), des sortes de crèpes à base de semoule, pliées en carré et fourrées d’une préparation (très piquante) aux blettes.

Msemen (photo tirée du site Okbob.net)

À l’inverse, Y-a-t-il des choses que vous ne trouvez pas, qui vous manquent ?

Ce qui me manque le plus c’est la crème fraiche liquide (je ne trouve que de la crème épaisse, au goût très prononcé !), les bonbons starmint de Haribo et les escalopes de poulets ou de dinde. (que je n’ai pas encore trouvées…. mais il paraît qu’il y en a donc je continue mes recherches !!)

Et en dehors de l’alimentaire ce qui me manque vraiment c’est les éponges végétales et les draps-housses ! (heureusement, j’en avais amené quelques-uns !!)

Y-a-t-il des plats typiques étranges ?

Il y a pleins de plats typiques, certains que j’apprécie, d’autres moins mais c’est une histoire de goût personnel, rien trouvé d’étrange jusque là !

La vie est-elle chère ?

Si l’on se base sur un salaire francais, la vie est très très abordable ! (on peut faire des courses pour 4 en ne se privant vraiment de rien, pour environ 100/120€ pour 1 mois)

Avec un salaire local, il faut vraiment consommer local, par exemple : un paquet de biscuit algérien coûte de 25 à 50 dinars alors qu’un paquet importé coûte de 200 à 300 dinars, pareil pour le chocolat (mais là pour moi y a pas moyen, je trouve le chocolat local ou même turque ou espagnol, vraiment mauvais !!)

Pour un salaire de base, (environ 15 000 dinars = un peu plus de 100€), même en achetant local, la vie doit être assez dure, je pense, et la viande ne doit pas être souvent au menu car elle est assez chère pour ce niveau de revenu qui est quand même assez répandu malheureusement !

Le carburant n’est pas cher du tout, par contre les voitures neuves ou d’occasions (trèèèès vieilles occasions parfois !) sont à des prix exhorbitants !

Paysage près d’akbou sur le chemin de la maison

Qu’est-ce qui vous agace le plus dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

D’abord, petite mise en contexte… Contrairement à ce que j’ai longtemps entendu dire en France, la Kabylie (du moins la région où je suis) est assez « conservatrice », le regard des autres, le qu’en dira-t-on sont très importants donc il faut s’habituer à faire les choses, à agir souvent parfois en fonction de ce que les gens peuvent penser, pas simple quand on est habitué à agir sans vraiment se soucier de l’avis des autres !

Et pour en venir à ce qui me « dérange » le plus, c’est tout d’abord le fait de ne plus pouvoir prendre un café en terrasse (en fumant une cigarette !!), car dans les cafés, il n’y a que des hommes !! La plupart des restaurants ont une salle dite « familiale » souvent un peu isolée par des paravents ou des vitres teintées où là il est correct d’emmener sa famille, c’est à dire sa femme et ses enfants si l’on en a.

Egalement, le fait que les femmes ne fument pas dans la rue, ce serait très mal vu, les hommes eux le peuvent !! (Le problème de la cigarette n’en est plus vraiment un pour moi depuis que N° troiz est en route….. 🙂

Mais surtout, quelque chose qui me dépasse (en bonne française jamais contente qui se respecte !), c’est d’avoir l’impression que les gens acceptent des choses que je trouvent inadmissibles !! Par exemple, internet est coupé sans raison, on attend, on continue à payer normalement bien sûr

et on n’a pas l’idée d’aller s’en plaindre à quelqu’un (service clients par exemple ?!)

Ça peut paraître anodin, ce n’est qu’un détail parmi d’autres et c’est la seule chose qui me vient à l’esprit à l’instant mais parfois ça concerne des choses bien plus importantes !!

Côté conduite ?

Euh… comment dire…

Je pense que si on arrive à conduire ici et à s’en sortir « indemne », on peut conduire à peu près n’importe où !

On dirait que le code de la route n’existe pas, par exemple, si on est sur une autoroute à 3 voies… on se retrouve avec 4 ou 5 voies formées par les automobilistes et des voitures qui arrivent et doublent de tous les côtés.

Egalement, lors des dépassements, c’est à celui qui forcera le plus le passage (celui qui a le moins peur si on veut ^^)

Le klaxon n’est pas une option facultative ici…. c’est indispensable !

Un avantage : On est tellement concentré qu’il n’y a pas de risque d’assoupissement !!!

Et malgré tout ça, je n’ai encore pas vu un seul accident !!!

L’intégration est-elle facile ?

Je ne sais pas du tout, déjà parce que je ne suis pas là depuis très longtemps ! Ensuite, je ne travaille pas et habitant un tout petit village et sans voiture, je ne sors qu’accompagnée de mon mari, pas de contact avec « l’extérieur ». Contacts amicaux s’entend, je ne suis pas une ermite coupée du monde non plus mais hormis la famille, il faut dire qu’à la base je suis assez solitaire.

Je ne ressens aucune animosité de la part des gens (dans la rue, administrations etc…), plutôt de la curiosité car les étrangers ne sont pas nombreux par ici et encore moins nombreux à venir s’installer !

Pour autant, je ne pense pas qu’il soit très facile de se lier avec les gens hors du cercle familial, déjà du fait de la barrière de la langue me concernant et ensuite… c’est culturel apparemment, les femmes ne se fréquentent qu’en famille (soeurs, belles-soeurs, cousines etc…) et se retrouvent entre elles lors de « cafés », mariages, fêtes…

Connaissez-vous la langue du pays ?

Non, je ne parle ni arabe, ni kabyle mon mari et toute sa famille proche parlant français ! Par contre, je comprends certains mots, phrases, expressions à force de les entendre et d’en demander la signification !

Décrivez votre rue/cadre de vie ?

Nous vivons dans une maison avec jardin dans un tout petit village, sur les hauteurs d’Akbou qui est une ville de 40000 habitants environ.

Dès qu’on ouvre la porte on est dans le vert avec une vue sur la ville et les montagnes aux alentours !

La maison est accolée à l’école dans laquelle mon beau-père est professeur, les enfants profitent donc des salles de classes en dehors des horaires scolaires et de la cour en plus du jardin !

Nous avons des arbres : citronniers, néfliers, abricotiers… On se croirait en vacances à l’année !

La maison en elle-même est simple, de plain-pied, 3 chambres très grandes au vu des standards français (environ 15/20 m²), 1 cuisine et 1 salle de bain avec wc et douche.

Une particularité… La plupart des maisons ne sont équipées ni d’eau chaude, ni de chauffage ici !!

L’absence d’eau chaude est très supportable en été, par contre en hiver… c’est une autre histoire !!!

Vue de la ville d’akbou et des montagnes du Djurdjura, à partir de la cour de l’école

Est-il facile de partir en WE ?

Nous n’avons pas encore de voiture (elles sont très chères ici comme je l’ai dit plus haut !!) donc il faut prévoir la location, aller la chercher, la ramener etc…

Ça limite un peu les possibilités pour l’instant, en attendant l’achat prochainement qui nous permettra de profiter un peu plus de tous les merveilleux endroits à découvrir !

Y-a-t-il beaucoup de choses à visiter aux alentours ?

Il y a Béjaia à 70km environ et beaucoup de choses à voir de ce côté là et Alger à 200km.

Les lieux à visiter sont surtout des lieux « naturels », des paysages vraiment magnifiques, par contre les infrastructures de loisirs sont quasi inexistantes !! (parcs de jeux, loisirs, piscines etc…)

À quelle fréquence rentrez-vous en France ?

Nous ne sommes pas encore rentrés vu que nous venons d’arriver, et aucun retour n’est prévu dans l’immédiat ! Nos éventuels retours dépendront du temps que nous passerons ici, mais je pense qu’une fois par an sera une bonne moyenne.

Avez-vous des habitudes ? (pris des habitudes locales ou au contraire gardé des habitudes françaises ?)

Je ne sais pas trop quoi répondre… pas encore l’impression d’avoir eu le temps de prendre des habitudes locales !

Mis à part peut être le fait de laisser mon mari gérer la plupart des choses à l’extérieur de la maison (administratifs etc…), alors qu’en France j’étais habituée à « tout » gérer !!

Y-a-t-il de la censure ?

Je ne sais pas, je ne suis pas assez habituée au pays et à ses habitudes pour répondre !

Une anecdote dépaysante ?

Pas vraiment un truc drôle mais plutôt quelque chose qui me « travaille »….

Je ne suis pas hyper sociable ou extravertie d’ordinaire, mais polie OUI…

Et depuis que je suis ici, je n’ose parfois même plus dire bonjour à un homme !!

Il m’est arrivé souvent en disant « bonjour, au revoir » dans un magasin par exemple, qu’on ne me réponde pas ou pire qu’on me regarde comme si j’avais carrément tenté une « approche drague » mdrrrr….

Donc maintenant la plupart du temps, c’est à peine si je dis « bonjour, au revoir, merci » et « bonne journée… » n’en parlons même pas, pour ne pas que ce soit mal interprété et je me dis que certaines personnes moins coincées doivent penser, soit que je me prends pour une petite bourgeoise supérieure ou alors que « les français n’ont vraiment aucune éducation » ^^ tout ça parce que j’ai dû tomber sur quelques « cas particuliers » !!

Qu’est-ce que vous trouvez dàns ce pàys que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalite principalement)

En premier, l’hospitalité, ce n’est pas un vain mot, quand vous êtes accueillis quelque part, vous êtes vraiment BIEN accueillis !

Ensuite, la vie quotidienne n’est pas des plus faciles et ça c’est valable pour tout le monde, et pourtant il y a toujours moyen de s’arranger, un coup de fil et il y a toujours quelqu’un prêt à rendre service, à vous déplacer si vous avez un problème de transport par exemple…

Et tellement d’autres petites choses importantes…. mais ma mémoire me fait défaut là, on va mettre ça sur le compte des hormones chamboulées !!!

Vue de Béjaïa à partir de la place Gueydon

(on reconnaît bien l’architecture datant de l’époque « française » sur le batiment bleu et blanc)

Face à quelle mentalité/habitude/défaut français êtes-vous + clément, avec le recul d’habiter à l’étranger ?

Je ne suis ni plus, ni moins clémente, j’ai toujours les mêmes opinions à ce sujet !

Quel est le climat ?

Il y a 4 vraies saisons :

Le printemps, températures agréables et très belles journées

L’été, pas encore testé mais il paraît qu’il fait très très chaud

L’automne et le début de l’hiver, températures très supportables et de belles journées jusqu’en décembre

L’hiver, beaucoup plus froid en janvier/février, de la pluie, de la neige dans les montagnes mais très rarement en plaines.

Finalement, c’est un climat assez ressemblant au sud de là France pour ceux qui connaissent, avec des températures quand même plus chaudes ici l’été.

***

De ma fenêtre je vois….

Pas de vis à vis, je vois surtout la verdure du jardin, une « mini jungle » avec des coins d’ombres bien appréciables !!! Au bout du jardin, je vois le minaret de la mosquée située juste en contrebas de la maison et en me penchant un peu, j’aperçois la ville en bas de la colline !

De ma porte d’entrée, je vois parfois un joli arc-en-ciel après un orage

Et tous les soirs, un beau coucher de soleil avec au loin les montagnes du Djurdjura !

(tous les arbres qui dépassent font partie de la mini-jungle du jardin !)

***

Merci Vanessa pour ce témoignage sur un coin du monde qu’on ne connaît que très mal…

La semaine prochaine, on part à la découverte de Hong Kong avec Anne !





Anne, une Belge infiltrée parmi les Français… à Alger (Algérie)

16 05 2011

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ?  Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?

Je vis en Algérie depuis bientôt 5 ans, à durée indéterminée puisque c’est l’amour qui m’a amené ici. Monsieur est algérien. Nous avons fait le choix de vivre ici car il m’était plus facile de quitter la Belgique que lui l’Algérie.

 

2- Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des ecoles francaises ? Y avez-vous mis vos enfants ou au contraire avez-vous opte pour le systeme anglais (ou autre) ?

Nous n’avons pas encore d’enfant.

Il y a plusieurs « formules » : le lycée international où les cours sont donnés en français (cher à ce qu’il paraît mais je ne connais pas les tarifs) ; le système privé où les cours sont souvent donnés en arabe et en français ; et l’école publique, en arabe exclusivement.

Il est difficile de généraliser la qualité de l’enseignement. Tout dépend vraiment de chaque établissement.

Le public a plutôt mauvaise réputation. De ce que j’ai vu des cours de mon neveu, je trouve qu’on cherche trop l’excellence au risque de passer rapidement sur ce qui doit être acquis. Les cours de CM1 ont, à mon sens, 2 ans d’avance.

Le privé est souvent accusé de ne chercher que le profit sans fournir une valeur ajoutée par rapport au public.

3- Vos enfants sont-ils bilingues?

Pas d’enfants mais ils le seront assurément.

 

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

Je commencerais par parler du climat. L’hiver est clément même si contrairement à ce qu’on pourrait penser, il y a 4 saisons.

Les bougainvilliers, le jasmin, les arbres fruitiers (agrumes principalement).

J’aime le fait que contrairement à d’autres pays du maghreb, je ne suis pas un porte-feuilles sur pattes. Rien ne me coûte plus cher parce que je suis étrangère, même le taxi ! (et ici, pas de marchandage et puis le vendeur arrange toujours le prix au moment de passer à la caisse).

S’il manque 50 centimes (d’euro) ou si le commerçant n’a pas la monnaie, il arrondit toujours à votre avantage. De la même façon, si vous n’avez besoin que d’un concombre (ils se vendent au kilo ou 500 gr), on vous le donnera !

De manière générale, beaucoup de choses que j’aime sont directement liées au fait que je suis étrangère : les algériens nous trouvent souvent moins compliqués que les locaux donc ils sont beaucoup plus détendus et serviables avec nous. Après 5 ans, je pense toujours que les Algériens ne s’aiment pas entre eux.


6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

La cuisine algérienne est définitivement la meilleure cuisine au monde ! Des plats simples et économiques qui demandent peu d’ingrédients. Je ne savais pas qu’on pouvait faire des plats aussi goûtus avec si peu d’aliments. Ce que je trouve sympa aussi, c’est que certains plats sont en fait de grosses tambouilles du genre de celles qu’on vous refusait de faire dans votre assiette quand vous étiez petit !

J’ai aussi redécouvert les fruits et légumes. Quand je suis arrivée il y a 5 ans, à part les tomates et les courgettes, on ne trouvait rien hors-saison. Malheureusement, ça commence à changer.

Ce qui me manque surtout c’est la crème fraîche. Beaucoup de nos sauces en Belgique sont faites à base de crème fraîche. On peut parfois en trouver en superette mais c’est hors de prix (environ 2 euros le petit berlingo).

La charcuterie aussi me manque. Je ne vois aucune raison de ne pas en trouver, puisque ce qui se fait en Europe en dinde hallal se vendrait très bien ici. Tout ce qu’on trouve ici ressemble à des cervelas. On les appelle pâtés…

7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

Pas vraiment. Plutôt des plats surprenants comme le tikourbabine : une sauce tomates liquide avec des carottes, des courgettes et des navets dans laquelle on fait cuire des boules de semoules épicées et à la menthe. Un délice…

 

8- La vie est-elle chere ?

Pas si on consomme local. Les produits importés d’Europe sont un petit plaisir à ne se faire que de temps en temps.

9- Cote conduite ?

Code de la route inexistant. Heureusement qu’ici, nous n’avons pas à gérer les chameaux, les ânes et les drôles de mobylettes comme dans d’autres pays du maghreb.

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

2 caractéristiques importantes : 1/les Algériens sont très serviables 2/ils ne savent pas dire « je ne sais pas » (une espèce de complexe dont l’origine m’est inconnue qui fait qu’on ne veut pas avoir l’air d’un ignorant). Conséquences : si vous demandez de l’aide à quelqu’un, si la personne ne peut rien faire pour vous elle ne vous le dira pas et vous retrouverez dans une situation bien pire qu’au départ. J’ai tendance à me méfier des gens qui disent « pas de problème ».

Le manque de civisme ! Chacun ne prend soin que de son petit périmètre qui s’arrête souvent quand on passe la porte de son appartement. Tout le monde se plaint du manque de civisme mais personne ne prend soin de l’espace commun. Je ne parviens pas à m’habituer au fait de voir chaque jour au moins une personne balancer un papier par terre.

 Beaucoup de choses me manquent de la Belgique mais surtout la convivialité des gens. On peut discuter avec n’importe qui de n’importe quoi très rapidement. Ici, on ne peut pas entamer la conversation à l’arrêt de bus, on passe pour suspect. Exemple: j’ai proposé un jour à une dame que j’avais vu quelques fois et qui allait au même endroit que moi de partager un chauffeur (taxieur clandestin) afin de nous rendre au travail. Elle a eu l’air choqué et a éludé ma proposition. Le soir en en parlant avec mon mari, il ne s’est pas étonné de sa réaction. Je lui ai expliqué qu’en Belgique, dans le cas d’une grève de train par exemple, on finit toujours par discuter avec les autres usagers et qu’il y a de fortes chances que celui qui décide de prendre sa voiture propose le covoiturage aux autres. Moins d’un mois plus tard à l’occasion d’un voyage en Belgique, nous nous sommes retrouvés coincés à la gare en raison des intempéries et ça s’est passé exactement comme je l’avais raconté : nous nous sommes vu proposer un covoiturage. Je ne dis pas que ce genre de choses n’arrive pas en Algérie, mais il faut plus de temps alors qu’en Belgique ça se fait très naturellement. La même dame de l’arrêt de bus a mis un mois à me saluer !

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

Ma situation est particulière puisque mon mari est algérien. Je me suis rapidement liée aux copines/femmes de ses amis. J’ai tendance à ne pas mélanger boulot et privé donc je ne peux pas dire que mes collègues sont des amies même si le contact s’est fait très facilement.

Les expats que je connais sont des gens qui m’ont contacté via mon blog.

En ce qui concerne le quartier et les voisins, ils peuvent vous sembler froids au départ mais cela passe vite dès l’instant où ils vous connaissent un peu. Je dirais que les Algériens sont plutôt méfiants entre eux (rien à voir donc avec le fait que je suis étrangère). Quand vous arrivez dans un nouvel endroit (quartier, marché), les gens ont besoin de savoir qui vous êtes. Avec l’habitude et quelques conversations ils sauront que vous êtes du quartier, que vous ne faites pas de vagues et vous accepteront. Malgré cela, me prenant pour une touriste, on me propose très souvent spontanément de l’aide (pour les transports notamment).

 

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Je n’ai pas pris de cours et mon mari ne me parle pas en arabe. Tout ce que j’ai appris me vient des commerçants, je ne maîtrise donc que le vocabulaire spécifique au marché.

 Ma vue du boulot

13- Decrivez votre rue/cadre de vie

Nous habitons une cité dite « cossue ». Même s’il est difficile pour moi d’assimiler une cité à quelque chose de cossu, je dois reconnaître que nous ne sommes pas à plaindre. Les garages et rez-de-chaussée ne servent pas de magasins comme ailleurs ce qui rend le quartier très calme. Les voisins sont charmants et relativement respectueux des lieux de vie communs (on ne peut pas en dire autant de tous les quartiers).

 

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Malheureusement, je ne peux vraiment répondre à cette question car sans voiture, nous sommes un peu limités et nous n’avons pas vraiment voyagé. Je ne peux parler que d’Alger qui est une ville époustouflante si on est capable d’ignorer le manque de civisme général.

15- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

J’essaie de rentrer 2 fois par an.

 Vue du téléphérique sur le jardin El Hamma et le port

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

Je ne pense pas revenir en Belgique. Je n’y ai plus ma place. Je ne me vois pas refaire le chemin en sens inverse, retrouver du boulot tout ça. Ici mon profil professionnel est intéressant puisque beaucoup de choses restent à faire. Je n’ai pas l’impression d’apporter une vraie valeur ajoutée sur le marché du travail belge.

Je pourrai envisager de vivre ailleurs mais pas en Belgique. L’expatriation est une expérience tellement enrichissante que ça m’a filé la bougeotte ! Mais je ne pourrais pas partir à l’aventure sans rien de concret à l’arrivée.

Ce que je n’aime pas en Belgique, c’est la surconsommation ! Tout le monde a tout et bien plus ! La télé n’a pas le temps de ne plus fonctionner qu’on la remplace déjà par un écran plat géant !

Je regrette aussi beaucoup que les Belges ne soient pas aussi ouverts que les Algériens sur les autres cultures. Contrairement à ce que les gens pensent généralement, les Algériens ne jugent pas notre façon de vivre. Ils savent que c’est différent mais n’en font pas un jugement de valeur. Ce n’est pas le cas en Belgique.

17- Face a quelle mentalite/habitude/defaut francais etes-vous + clement, avec le recul d’habiter a l’etranger ?

Quand j’étais en Belgique, je trouvais les gens hypocrites (moi avec certainement) et comme tout le monde, je disais que je préférais qu’on me dise les choses en face. J’avais tort ! Ici, surtout entre femmes, c’est très cash. Exemple : une cousine a dit à une de mes belles-sœurs : «Ah ben t’as grossi dis donc ! Tu fais un concours avec ta sœur ? ». Et j’en passe… 

18- Quel est le climat ?

Humide en général. Les températures passent rarement sous les 10° l’hiver, ça s’apprécie. Pas une goutte de pluie de mai à septembre. Un peu dur. Par contre quand il pleut, il pleut vraiment !

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

Je cuisine beaucoup Algérien.

Je fais moins de manières en faisant les courses (ici pas de s’il vous plaît, c’est plutôt « donne-moi des tomates »).

J’ai pris beaucoup de choses de l’Algérie mais je ne sais pas franchement dire lesquelles.

Une manière belge que je ne perdrai jamais : l’organisation. Si je compte sur mon mari ou nos amis pour organiser quelque chose, ça ne se fait pas !

 

19- Y-a-t-il de la censure ?

Un peu. Disons que les scènes d’amour sont coupées à la diffusion… . La télé nationale est étatique donc on ne critique pas franchement le pouvoir. 

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » :

Un jour que je prenais le bus pour aller rendre visite à ma belle-mère : je demande au receveur de m’indiquer où descendre, il me répond « pas de problème ». Je me retrouve dans une ville inconnue. Quand je lui explique qu’il s’est visiblement trompé, il me dit « pas de problème, je vais te remettre dans le bon bus ». Il explique au receveur du bus, je repasse derrière afin de m’assurer qu’on est sur la même longueur d’onde, ce nouveau receveur me répond « pas de problème ». J’ai fini je ne sais où et ma belle-mère a du venir me chercher en taxi !

 

et surtout la question primordiale :

 

« De ma fenetre, je vois…. » :

La méditerranée. Depuis quelques temps un pont a été construit juste au milieu de la vue. Malgré tout, je trouve que ça reste une des plus belles vues que j’ai eu l’occasion de voir ici. J’aime bien m’installer le soir au balcon et rêver à ce que font les gens ailleurs au même moment. Une espèce de communion avec la terre entière.

Merci Anne !

J’ai bien ri de l’anecdote, et je crois que ce n’est pas spécifique à l’Algérie : on a connu ça à Dubai aussi, avec les Indiens « Yes, yes » (mais « non » en fait) 🙂

***

La semaine prochaine, on visite… et bien je ne sais pas encore… j’attends des retours de questionnaire !

Je vous rappelle que si vous souhaitez participer, rien de + simple : laissez un commentaire ou envoyez-moi un mail, je vous recontacte !