Cécile, le métro qui sent bon, le jambon à l’eau et l’accent « cute »… à Pasadena (Californie))

11 03 2012

Cecile et Patrick, alias LesMouths, nous vivons a Pasadena, a 15kms au nord-est de Los Angeles depuis 2 ans.

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en duree indeterminee…) Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?

Nous avons demenage en Californie fin December 2009, pour a la base une aventure de 2-3ans qui s’est vite transformée en EDI (expatriation a durée indéterminé J) ! Je travaille dans un labo de recherche comme ingenieur chercheur (ce qui fait suite a mon post-doc de 2ans) et Patrick a un boulot type CDI egalement.

Ce n’est pas la première fois que nous vivons a l’etranger : j’avais passe presque 1 an a New-York pendant mes études et LeMouth a déjà vecu 14 ans en Afrique et 2 ans chez les British…

 Panorama de la Death Valley vu du Zabriskie Point

2- Comment se passe la scolarisation ?

Nous n’avons pas d’enfants donc je peux uniquement parler du vécu de nos collègues/amis. L’ecole « publique » ne commence qu’a 5-6ans, avant ils vont a la Pre-School ou a la creche. C’est payant et cela peu atteindre $1500/mois facilement quand les 2 parents travaillent et que les enfants font des jours complets.

Ensuite il y a des écoles publiques et privées jusqu’à la fin du lycée, les écoles publiques sont plus ou moins bien selon les quartiers de L.A., elles sont notées sur 10 ce qui donne des infos aux parents sur la qualité de l’enseignement, elles sont gratuites (ou très peu cheres). Les écoles privées sont très cheres, entre $15,000 et $30,000 par an selon les endroits…

Il y a 2 ecoles françaises a L.A. : les Lilas (Pasadena, Los Feliz et en OC je crois) et le lycée français vers Beverly Hills. Elles sont payantes mais il existe des systèmes de bourses pour les expats, plus ou moins importantes selon les revenus.

3- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

La gentillesse des gens, toujours serviables, toujours le sourire, jamais grognons ou de mauvaise humeur …!! La vie est beaucoup moins stressante d’un point de vue global. Le métro ne pue pas, il est a l’heure et jamais en greve, meme chose (ou presque) pour les bus. Les magasins sont ouverts jusqu’à 10h le soir donc pas la peine de courir en sortant du boulot, il y a le temps. Le dimanche tout est ouvert donc on a vraiment 2 jours entiers pour profiter du WE et faire ce que l’on veut et pas seulement 1.25 jour comme en France… enfin voilà, beaucoup de choses en fait !

4- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

La nourriture c’est toujours un peu complique quand on debarque dans un nouveau pays, on a l’habitude de ses marques françaises, on achete toujours la meme chose… ici forcement on ne trouve pas. Donc au début on essaye de faire la meme cuisine qu’en France avec les produits locaux mais c’est pas super (typiquement une quiche avec du jambon imbibe d’eau)… et puis on en vient a modifier nos habitudes alimentaires pour coller aux produits du dit-pays. Cela prend un peu de temps …

Ce que l’on ne trouve pas c’est du bon pain qui a un bon gout, du coup je fais mon pain moi meme, a la main. Ca prend un peu de temps mais c’est quand meme super bon ! Pareil, les chocolats et bonbons sont pas supers, (oubliez les fraises Tagada), les seuls que l’on va trouver seront dans les colis humanitaires envoyés par la famille/les amis !!

Ah et puis le saucisson …bah il n’y en a pas … enfin presque pas, car on en trouve chez Trader’s Joe du pas trop mal (Colombus pour ceux qui seraient en manque).

 

Exemples de colis humanitaires de compet

5- La vie est-elle chere ?

Oui la vie est assez chere mais les salaires sont plus eleves donc en comparaison je pense qu’on s’y retrouve assez vite. Les fruits et légumes sont chers par exemple mais l’electromenager, les voitures, l’essence le sont moins qu’Europe. Meme chose pour les fringues.

Par contre la sécu coute très très cher, de meme pour l’education des enfants et la retraite ! Donc selon la situation familiale et l’age, il faut vivre ici ou rentrer en France J !

Notre ancien appart nous coutait $1900/mois pour 80m2, 1 chambre et une mezzanine type loft … ca donne une idée et je pense qu’a Paris, proche du métro et d’un coin qui bouge, c’est globalement le meme prix, avec le taux de change.

 

Plats de suhis et makis pour $10 dans Little Tokyo

6- Cote conduite ?

Les ricains sont plutôt relax au volant et comme les voitures ont presque toutes une boite automatique, conduire ici est très agréable. Bon évidemment il y a pas mal de bouchons (18millions d’habitants oblige) mais cela reste correct. Ils ne klaxonnent pas, jamais, meme quand le gars de devant s’endort au feu rouge… Par contre ils ne savent pas vraiment conduire au sens propre du terme, il n’y a pas d’Auto-Ecole comme chez nous du coup il y en a certains qui sont un peu dangereux !!

Ah et puis un autre petit truc bien sympa, il n’y a pas de priorité a droite (une aberration a la française) et ca c’est bien pratique, faut juste faire attention et s’en rappeler quand on rentre en France !!

 

Plaque d’immatriculation personnalisee, « Love Mammoth Lake »

7- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

L’integration est facile, surtout pour nous vu que l’on côtoie 90% de français en dehors de nos boulots. On essaye de se faire des amis americains mais les modes de vie sont tellement différents des nôtres que c’est assez difficile. Arriver chez les gens a 3pm pour commencer a manger a 5pm et partir a 9pm, ca fait bizarre !

Mais on a quelques couples d’amis ricains tout de meme J.

8- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Oui nous parlons tous les 2 anglais couramment, on a évidemment pris des cours a l’ecole comme tout le monde mais on a surtout appris sur le tas une fois dans les pays anglophones ! Il ne faut pas avoir peur de prendre la parole et de s’exprimer, les gens sont très compréhensifs et sont toujours ultra charmes de notre accent français … I loooove your accent, you are sooo cuuuute !!!

9- Decrivez votre rue/cadre de vie

Nous avons achete une maison il y a 9mois donc nous avons maintenant 2 chambres a l’etage avec chacune sa salle de bain, un grand garage au sous sol et une grande pièce a vivre+cuisine au rez de chaussée, avec un petit patio qui donne sur la rue. La résidence a piscine et jacuzzi, de meme que BBQ en libre accès. La rue est très calme avec de grands palmiers, très californien. C’est un quartier familial avec des enfants qui font du vélo, des gens qui courent avec leur chien, pas un bruit la nuit, c’est limite la campagne !!

Notre jardin/patio avec un citronnier et un BBQ dont on se sert toute l’annee !

10- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Il y a des tonnes de choses a visiter aux alentours, on est a 30min de la plage, 30min des montagnes, 1h30 des pistes de ski, 1h du désert, 1h des vignoles de Santa Barbara. Dans L.A., il y a toutes sortes de rencontres sportives, des expos, des musées, des concerts… comme toute grande ville!

Je pense qu’on pourrait vivre 1an a L.A. en faisant quelque chose de different tous les WE. On essayait au début de faire pleins de choses et puis le temps passe et on devient plus pantouflard !

 

Le « Queen » Mary a Long Beach

 

« Getty Center » le long de la 405

11- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

On essaye de rentrer 1 fois par an au moins, 2 si possible (financièrement et « vacancierement »). On a environ 15jours de congés par an chacun donc ce n’est pas très facile ! A chaque fois que nos boulots nous envoient en Europe, on en profite pour passer le WE dans la famille, c’est toujours ca de gagne !

Au dessus des nuages sur un vol LA-Paris

12- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

Oui, on reviendra surement en France, un jour, mais on ne sait pas quand ni ou. Je devrais plutôt dire, on rentrera en Europe … apres l’Europe tout est a 1h ou 2h d’avion donc c’est plus facile !

Rien ne nous « degoute » en France mais pour l’instant on est plus séduits par le mode de vie californien et nos boulots nous plaisent beaucoup.  Mais comme je le disais plus haut, l’education des enfants coute très cher donc on refera la balance une fois que l’on en aura, et c’est possible que l’on decide de rentrer a ce moment la.

La famille et les amis nous manquent, mais par contre la mentalité des français ne nous manque pas : jamais contents, tout le temps entrain de râler ou de faire greve … c’est d’ailleurs comme cela que les américains nous perçoivent, toujours en greve (bonjour la réputation)!

13- Quel est le climat ?

Il fait beau 350jours par an et en moyenne il fait 25C donc ca se supporte plutôt bien J. Il ne pleut pas beaucoup, mais quand il pleut c’est pour de bon : pas de petit crachin breton qui ne sert a rien … non, de la vraie pluie qui inonde tout !

Ce qui est agréable c’est qu’il ne fait jamais très humide donc meme si il fait 35C, on peut encore respirer.

 

Photo prise a Santa Monica, un 1er Janvier … on était en T-Shirt !

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » 😉

Une fois un petit pépé arrete mon chariot en plein milieu d’un supermarche et me demande d’un air suspicieux ce que c’est que ces trucs verts … c’etait des poireaux ! Il m’a demande comment je les mangeais, si c’etait bon, quel gout ca avait et puis il a fini par me demander d’ou je venais. Quand je lui ai dis que j’etais française il m’a répondu « Of course, you’re French ! » … Mais c’est bien sur, je mange des poireaux donc je suis française !!

 

Il m’arrive également de demander de l’eau sans glaçons et je dis « water without glass » au lieu de ice … alors forcement on me regarde bizarre, de l’eau sans le verre c’est toujours un peu complique !

« De ma fenetre, je vois…. » :

… ma rue et les magnolias qui la bordent mais je vais tricher et vous faire voir la vue des fenetres du Griffith Observatory de nuit … un must !

Vue de DownTown du Griffith Observatory

***

Merci Cécile ! 

Son blog :

clic !

***

La semaine prochaine, on ira soit découvrir le Japon avec Jérôme, soit Taïwan avec Virginie (je leur mets la pression :)), soit… vous ? Quelque part dans le monde ?

Si vous souhaitez témoigner, c’est par ici :

mariegervais2004 @ yahoo.fr (sans les espaces évidemment)





Amandine, le beurre frit, le port d’arme et l’accent du Sud… à Greenville (Caroline du Sud)

5 03 2012

1-    Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?

Je suis arrivée à Greenville, SC en août 2010. Je pourrais rester encore un an de plus mais j’ai décidé de  rentrer en France pour l’été 2012. C’était ma première expérience de vie à l’étranger.

2- Comment se passe la scolarisation ?

Je suis enseignante dans une école américaine qui a un programme d’immersion française. Les élèves passent 50% de la journée en anglais et 50%  en français à étudier les maths et les sciences.

Il y a très peu d’enfants d’expatriés qui vont plutôt à l’Ecole Francaise Bilingue de la ville.

Il y a également plusieurs écoles de type Montessori dans la ville.

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

 J’aime la simplicité de la vie, le temps très agréable.

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalite principalement)

Le côté très agréable, acceuillant des Américains. Le sourire des gens, leur gentillesse, leur hospitalité.

6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

Je me suis mise à apprécier les vrais hamburgers que je peux trouver ici. Et puis j’adore aller chez Starbucks me prendre un latte régulièrement. Ce que j’adore aussi c’est de pouvoir trouver des fruits délicieux et gorgés de soleil à toute saison grâce à la Floride qui se trouve à quelques heures.

Ce qui me manque, ce sont les yaourts, le choix étant très restreint ici et le fromage que l’on peut trouver mais à un prix excessif.

7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

Les spécialités des foires : les beignets en tout genre : le beurre frit, le snickers frit, le coca frit…

8- La vie est-elle chere ?

Ici, la vie n’est pas chère comparée à d’autres villes américaines. La Caroline du Sud est un des états qui a les taxes les plus basses.

9- Cote conduite ?

Plutôt tranquille, sauf sur l’autoroute où ils n’ont aucune conscience des distances de sécurité. Les queues de poisson et doubler par la droite sont « autorisés ».

Les motards peuvent rouler sans casque.

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

– L’omniprésence de la religion avec des églises tous les 10 mètres, la prière systématique avant chaque repas, le fait qu’il soit très difficile de s’intégrer à la population américaine si on ne fait pas partie d’une communauté religieuse.

– Les batailles contre l’avortement ou la peine de mort : on croise souvent des gens aux feux avec des pancartes contre tout ca, j’ai même vu une affiche 4×5 anti avortement.

 – L’hypocrisie ambiante : le sourire « colgate » pour ne surtout pas choquer ou heurter.

 – Le port des armes très (trop) courant ici.

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

L’intégration peut s’avérer plus difficile qu’il n’y parait. Les Américains du Sud sont très accueillants, mais le contact peut s’avérer superficiel. Comme je l’ai dit plus haut, si on n’appartient pas à une église, il est difficile d’avoir des relations sincères avec les gens.

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

 J’ai une licence d’anglais et je me débrouille même s’il a été difficile de s’habituer à l’accent du Sud,  très particulier ! La communauté hispanique est également très présente. La plupart des choses sont proposées dans les deux langues.

13- Decrivez votre rue/cadre de vie

Je vis dans une résidence où il y a piscine, salle de sport, activités pour les résidents et terrain de tennis. Mon appartement est bien plus grand que ce que je pourrais m’offrir en France. Il y a de l’espace ici !

Greenville est une ville américaine très boisée, ce qui la rend agréable. Le centre-ville a été rénové et contrairement à beaucoup de villes américaines, il est particulièrement plaisant de se balader sur Main Street où il y a beaucoup de restaurants avec terrasse, des petites boutiques, un grand parc. 

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Oui, c’est assez simple. L’aéroport de Greenville est plutôt bien desservi, Charlotte et son aéroport international est à 1h30 et Atlanta à 2h30.

La côte de la Caroline du Sud avec Charleston et Savannah sont à 3h30 environ (ce qui n’est rien ici !) Et les montagnes Apalaches à 1h. Très simple de se faire des petits weekends dépaysants pour pas cher.

Charleston avec ses anciennes maisons coloniales

Les swamps et les alligators

Les arbres couverts de mousse espagnole à Savannah

Coucher de soleil sur les marécages aux alentours de Savannah.

Et les montagnes Apalaches à 1h. Avec des couleurs magnifiques, surtout en automne.

Smoky Mountains dans les Apalaches.

15- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

Je suis rentrée pour Noël les deux années.

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

Oui je dois rentrer en juillet prochain.

La vie plus compliquée, le temps.

18- Quel est le climat ?

C’est un climat subtropical humide. Très chaud mais très humide au printemps et en été. L’hiver ne dure pas longtemps.

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante »

La Saint Valentin est une fête que l’on fête pour de vrai ici. Les supermarchés, les centres commerciaux se mettent au rose et au rouge, il y a des cœurs partout. A l’école, j’ai été couverte de cadeaux et de chocolats par mes élèves car ici, ce n’est seulement la fête des amoureux mais l’occasion de dire à tous ceux qu’on les aime.

Voici tout ce que j’ai reçu pour la St Valentin.

« De ma fenetre, je vois…. » :

De mon grand balcon, je peux voir la piscine de ma résidence et au loin les Apalaches. Et bien sûr, le ciel bleu !

 ***

Merci Amandine ! 

La semaine prochaine, on retrouve Cécile et Patrick à Pasadena !





Andrea, son hélicoptère, la forêt boréale, et le « double dipping »… à Fort McMurray (Canada)

23 01 2012

Andréa, 27 ans mécanicienne et pilote d’hélicoptère.

 

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en duree indeterminee…) Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?

Je suis arrivée à Fort McMurray il y a 3 semaines. J’ai deja vécu au Canada pendant 1 an entre 2008 et 2009, en Colombie Britanique sur l’ile de Vancouver. J’ai un visa de résidant permanent (valable 5 ans et renouvelable à condition d’avoir passé au moins 2 ans sur le territoire) que j’ai mis 2 ans à obtenir avant le départ. Le processus d’immigration est assez ficelé ici!

Le Canada est ma seule et unique longue expérience étrangère.

 

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

La mentalité Canadienne « à la cool ». Les gens sont très faciles d’abord, les barrières hiérarchiques peu marquées (par exemple il y a quelques jours j’ai passé un entretien et le soir je suis allée boire un verre avec des amis et… mon éventuel futur boss!). D’une manière générale les rapports humains sont simples et agréables.

Pour quelqu’un comme moi qui aime la nature et les animaux, le Canada c’est le top. Voir un ours traverser devant sa voiture quand on part bosser, un chevreuil grignoter vos parterres de fleurs, un raton laveur faire vos poubelles, des dizaines d’écureuils sauter d’arbre en arbre à votre passage quand vous vous baladez en foret…. C’est juste inimaginable en France!

 Visite quotidienne de la biche dans le jardin :

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalite principalement)

Comme je l’ai dit au dessus les Canadiens sont très relax en toutes circonstances. Les gens vont facilement vous donner accès à leur maison, vous prêter leur voiture, etc… Ce genre de choses n’arrive pas en France, ou alors uniquement entre parents proches et amis de longue date. Cà facilite énormément l’insertion, on se sent vite chez soit ici. Il faudrait totalement associable pour ne pas réussir à se faire d’amis ici!!

 

6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

Les Canadiens sont forts pour pas mal de choses…. mais pas pour la gastronomie!! A moins d’aimer la cuisine grasse et en grosse quantité!! J’ exagère un peu, bien manger ou pas ici est surtout une question de choix! J’aime beaucoup ce qu’ils appellent les « Yam Fries », des frites à la patate douce qui sont un peu sucrées et oranges. J’adore aussi le Cappucino du Starbucks, avec une mousse généreuse et onctueuse. En bonne Savoyarde, tout ce qui est fromage, saucisson et jambon de pays me manque. Ici le saucisson n’existe carrément pas, et le fromage n’a pas de goût. On trouve quelques fromages pas trop mal, mais hors de prix! (J’ai vu des buches de chèvre à 10 euros!). J’essaie donc de me faire envoyer du fromage à pâte dure par ma famille (mais chut! on n’a pas le droit normalement!).

 

7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

Il n’y a pas vraiment de plat typique. Comme chose bizarre j’ai déjà vu (et ne suis pas encore prête psychologiquement à y gouter!) des « float », des boules de glaces à la vanille dans du coca… Un genre de café viennois canadien en quelque sorte! C’est pas hyper atypique mais à part ça rien de bien exceptionnel.

8- La vie est-elle chère ?

A Fort McMurray oui, parce que c’est une ville qui vit de l’industrie pétrolière. Sinon je pense que dans l’Ouest le cout de la vie est similaire à ce qu’on avait en Haute Savoie. L’immobilier un peu moins cher par contre.

Photos des hélicoptères de notre compagnie par mon ami David Strubin : 

9- Cote conduite ?

Ils sont très cools, un peu trop parfois. Mais par contre du coup personne ne viendra se coller à votre pare choc en faisant des appels de phares et en klaxonnant, jamais. Ici le must c’est un truck, un gros pick up. Nos 4×4 Européens à coté font minuscules! Par exemple ici il y a des carrefours à 4 stop (je sais c’est bizarre). Le premier arrivé passe d’abord. Ca fonctionne très bien, les gens respectent l’ordre d’arrivée. En France un carrefour pareil ne pourrait JAMAIS fonctionner, tout le monde essaierai de gruger!! Quand j’avais passé mon permis Canadien, l’examinateur m’a tout de suite parlé de notre conduite à la Francaise! Ca commençait bien!

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

Le fait de manger « sur le pouce ». J’aime beaucoup prendre le temps de me mettre à table, partager mon repas avec les autres. C’est un moment de rassemblement pour moi. Ici en général les gens mangent debout et chacun dans son coin, en faisant 36 autres trucs en même temps.

Quand je dis que je suis Française, on me prend pour une Québécoise! Parce qu’au lieu de dire « Canadiens Français » ils disent juste « Français ». Donc je dois toujours dire « je suis Française de France!! »

 

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalités ?

En raison de la facilité d’aborder des Canadiens, oui il est facile de s’intégrer. L’immigration au Canada est une chose importante, je dirai que ça fait partie intégrante du pays. Ici à l’ouest les gens aiment les Européens, donc ça facilite encore plus les contacts. Il est à mon avis bien plus facile à un Francais de s’intégrer ici qu’à un Canadien de s’intégrer en France!

 la riviere Athabasca qui traverse Fort McMurray

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Ici à l’Ouest tout le monde parle anglais. J’ai appris l’anglais à l’école et pensait avoir un bon niveau jusqu’à ce que je débarque ici et réalise que l’anglais de nos livres d’école et l’anglais de tous les jours n’ont presque rien a voir. Mais une fois qu’on baigne dedans ça va assez vite. Ici personne ne va rire DE vous mais plutôt AVEC vous si vous ne vous exprimez pas correctement. Donc même si on est hésitant au départ, après on se lance facilement. J’essaie d’éliminer le Français un maximum, même quand je pense ou parle tout haut!

Le truc sympa c’est que même à l’ouest tout ce qui est administratif, officiel, etc… est fourni en anglais et en français. Ca facilite pas mal les démarches.

 

13- Decrivez votre rue/cadre de vie, votre maison/appart si vous le souhaitez, et s’il y a des particularités

Je loue une chambre, avec un coin salon et une cuisine dans le « basement » d’une maison, c’est le rez de chaussée (généralement tout le monde habite a l’étage). Dans cette ville comme les loyers et l’immobilier sont hors de prix, la plupart des gens font de la collocation ou si ils sont propriétaires ils aménagent leur « basement » pour pouvoir le louer. La maison se situe dans un quartier résidentiel très calme sur les hauteurs de Fort McMurray. Une particularité? Le « hot tub » (jacuzzi) sur la terrasse, je n’ai pas encore testé mais j’ai hâte de voir ce que çà donne quand il fait -20 dehors!!

jacuzzi sur la terrasse par -20°

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Oui les Canadiens font très facilement beaucoup de kilomètres (il y a quelques jours j’ai fait 800 kms aller retour avec des amis pour faire du shopping de Noel!). Il faut dire qu’avec l’immensité du pays il n’ont pas la même notion des distances! Ils aiment partir en camping et nombre d’entre eux possèdent un 4×4 aménagé. Les lignes intérieures en avion coutent assez cher bizarrement donc ce n’est pas leur moyen de déplacement favori.

Aux alentours de Fort McMurray pas grand chose à visiter à proprement dit, il y pas mal d’activités sportives intérieures et extérieures.

 

15- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

Je viens d’arriver alors la question ne se pose pas encore vraiment mais je pense rentrer une fois par an pendant les fetes de fin d’année sauf si ma famille décide de venir les passer ici.

 

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

Je n’ai pas de plans à ce sujet pour le moment, à priori c’est parti pour quelques années au niveau professionnel. Contrairement à mon premier séjour ici, la France ne me manque pas (en tout cas pas pour le moment) et vu le mode de vie des gens ici il doit être très difficile après plusieurs années d’abandonner la nonchalance Canadienne pour retourner à la lourdeur Européenne. En tout cas aucun de mes amis Français qui sont venus immigrer ici ne souhaitent faire machine arrière! Je laisse donc les choses se faire naturellement.

 

18- Quel est le climat ?

En hiver il peut faire très froid quelques jours (-40°), mais globalement il fait aux alentours de -20. Ca fait peur comme ça, mais ce n’est pas SI froid à condition d’être bien couvert et avec les bons vêtements. Je porte un odlo à même la peau, une polaire et une veste softshell et tout se passe plutôt bien! Les bottes Sorel sont un must have! Le froid est très différent de ce que j’ai connu jusqu’à présent, il est sec et donc beaucoup plus supportable.

En été il fait entre 20 et 30 degrés, à peu près comme chez nous.

 

19- Avez-vous des «habitudes » ?

J’ai pris l’habitude de prendre mon cappucino au Starbucks tous les week end (je ne suis pas encore passée à la dose quotidienne!) J’ai du aussi me mettre à la bière (bon avec modération!), parce que vivre au Canada sans boire de bière c’est presque inconcevable!

 

19- Y-a-t-il de la censure ?

Dans certaines chansons, les mots du genre « fuck » sont soit bipés soit remplacés. Je n’ai jamais vu non plus de pub pour la lingerie dans la rue. Mais je vous rassure les Canadiens ne sont pas chastes pour autant!!

 

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » 😉

Une fois lors d’un apéritif, je me sers un biscuit qu’on trempe dans une sauce. Au moment où je vais retremper mon biscuit, un des Canadiens me dit « NO DOUBLE DIPPING!!! ». Comme je viens d’arriver et ne connais pas encore très bien la langue, je lui demande de répéter. Je ne comprends pas. Un ami Européen présent me dit « Ca veut dire que tu ne peux pas tremper 2 fois ton biscuit dans la sauce ». En fait après explication j’apprend que les Canadiens sont très sensibles aux microbes, et que tremper 2 fois son biscuit c’est mettre ses microbes dans la sauce! Il faudra que j’essaie de leur faire essayer la fondue Savoyarde!!! Pas sure qu’ils adhèrent au concept!!

 

« De ma fenetre, je vois.… le quartier résidentiel

Ma résidence :

Le gros pick up des voisins, la résidence et la neige qui tombe :

« De ma fenetre au travail je vois… la foret boréale » :

 Si vous voulez suivre les aventures d’Andrea, c’est par ici :

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Merci Andrea !! Ca me donne encore, pas du tout envie de partir vivre dans le Grand Nord… 😦

(moi aussi je veux voir des animaux partout !!)

***

La semaine prochaine ?

J’attends vos propositions de témoignage !! 

(un petit voyage au soleil, en tongs, nous ferait pas de mal :))

Si vous souhaitez participer, c’est par ici : mariegervais2004 AT yahoo.fr






Fanny & Vincent, 2 Corses à Lévis (Québec)

16 01 2012

1-    Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en duree indeterminee…) Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?

Mon conjoint, Vincent et moi (Fanny) sommes arrivés la première fois au Québec le 8 avril 2008. Cela fait donc près de 4 ans que nous avons quitté la France (plus précisément la Corse). Nous sommes en train de faire nos démarches pour obtenir la résidence permanente puis la nationalité (nous avons un permis de travail post-diplôme qui expire en août 2013), donc le retour n’est pas vraiment prévu. C’est la première fois que nous vivons à l’étranger.

2-    Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des ecoles francaises ? Y avez-vous mis vos enfants ou au contraire avez-vous opte pour le systeme anglais (ou autre) ? Avez-vous acces a d’autres pedadogies ? (Montessori, Steiner…).

Fanny : Nous n’avons pas encore d’enfants, bientôt peut être J

3-    Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

 Fanny : Les gens, très accueillants et très accessibles (valable aussi bien pour une personne dans la rue que pour votre boss ou un de vos profs), la neige en hiver, la diversité des commerces et des restaurants (on peut presque tout faire n’importe quand, week end et jours fériés inclus, et manger pratiquement ce que l’on veut). On vous fait confiance au travail, et ça c’est génial. Les horaires flexibles aussi, on peut venir travailler très tôt (6h30) ou très tard (9h30), c’est au choix.

La proximité avec les animaux également. Il n’est pas rare de voir des écureuils traverser la rue. Nous avons même vu un orignal un matin en allant travailler !

4-    Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ?

 Fanny : Plein de choses. Comme nous venons de la Corse, tout est assez nouveau pour nous. Les centres d’achat gigantesques, où l’ont peut aisément passer toute une journée, la diversité culinaire, la neige en abondance,…

Côté mentalité, les gens ne sont pas tellement différents de chez nous, et c’est ça qui nous a plus, car on a pas été dépaysés de ce point de vue la. La plupart des gens sont aimables et toujours prêts à vous aider. Il est très facile de nouer le contact avec quelqu’un. Le tutoiement est très employé, même entre profs-élèves et patron-employés, ce qui fait que la hiérarchie n’est pas vraiment une barrière. On a souvent joué au soccer ou au hockey et bu une bière juste après avec nos profs lorsque l’on était encore étudiants.

C’est aussi très agréable de sortir dans la rue sans être reconnu toutes les 5 minutes, ou de pouvoir s’habiller comme on le souhaite sans que ça attire vraiment l’attention.

5-    Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

 Fanny : On adore la poutine (frites, sauce brune et fromage en grain, qui fait « scouic-scouic » sous la dent), et les sushis (pas vraiment un plat typique de la région mais on trouve énormément de bars à sushis et de restaurants, c’est très à la mode).

Ce qui nous manque énormément est bien entendu tout ce qui vient de chez nous, à commencer par le fromage Corse (tous les fromages sont pasteurisés ici), et la charcuterie (le figatellu en particulier, car nous avons trouvé du lonzu sur un marché à Québec récemment). 

Il y a très peu de choix au niveau des desserts (oubliez les Danettes, crèmes dessert et compagnie, bonjour les yaourts), donc on se rabat sur les fruits et la glace.

Sinon, tout est souvent trop salé ou trop sucré.

6-    Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

Fanny : Si on peut dire que la poutine est étrange, alors oui. Il y a aussi le pâté chinois, à base de bœuf haché, blé d’Inde (maïs) et patates pillées (ou en purée).

Vincent : Les oreilles de crisse, du lard salé grillé dans une poêle. On se demande ce que c’est la première fois qu’on en voit.

7-    La vie est-elle chere ?

 Fanny : Oui et non. Notre pouvoir d’achat est assez considérable pour le moment, car nous n’avons ni enfants ni voiture, mais les salaires sont bien plus élevés qu’en France (et surtout qu’en Corse) dans notre secteur (les technologies de l’information), ce qui fait que l’on ne compte plus trop depuis que l’on a deux salaires.

 Certains produits sont assez chers, surtout les produits laitiers. La viande et le poisson sont très abordables si l’on regarde ce que l’on achète (le poulet est hors de prix par contre).

 Étant donné qu’il y a énormément de grandes chaînes de magasins (Wal-Mart, HMV, Futureshop, Zellers…), dès que l’un d’entre eux baisse ses prix ou propose une promotion, tout le monde s’aligne (on a par exemple très souvent obtenu des jeux vidéos fraîchement sortis pour moins de 40$ au lieu de 60).

 Il faut tenir compte des taxes, qui ne sont pas appliquées directement sur le produit, mais une fois à la caisse (question d’habitude avec le temps, mais assez surprenant au début).

 Le service n’est pas inclus partout aussi, il faut donc donner un pourboire lorsque l’on va au restaurant, chez le coiffeur ou que l’on prend un taxi. Le pourboire suggéré est environ 15% de la somme avant taxes, mais on peut choisir de donner plus ou moins évidemment, selon le niveau de satisfaction.

8-    Cote conduite ?

Fanny : On a pas encore de voiture (ni de permis de conduire d’ailleurs), mais les gens roulent assez prudemment, même si le clignotant est pratiquement toujours en option. On pourra en dire un peu plus quand on sera nous aussi derrière un volant.

9-    Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

Fanny : La difficulté qu’ont les gens à dire non lorsqu’ils ne savent pas de quoi on leur parle, de peur de passer pour des ignares (ils ont trop longtemps été rabaissés par les canadiens anglophones). Un ami avait demandé à un québécois si il connaissait la Musulmanie, et bien figurez vous qu’il connaît très bien !

 Les publicités incessantes à la télé. Regarder un film est pratiquement impossible, 5 minutes de pubs pour 15 minutes de film, au moins. Alors on achète des DVD.

 En parlant de films, les québécois traduisent quasiment tous les titres de séries et de films, par souci de préserver la langue française. Ça donne souvent lieu à des titres grotesques (Ghost devient « Mon Fantôme d’amour » et Prison Break devient « La Grande Évasion », pour ne citer que ça…). Certains titres de films sont souvent méconnaissables.

 Les forfaits de téléphones portables aussi. Vous payez que ce soit vous qui appeliez ou que l’on vous appelle. Si vous appelez quelqu’un dans une autre ville que la votre, ça passe en interurbain, et ça fait du hors forfait. On a des iPhone et si on ne prend pas l’option d’affichage du numéro, impossible de savoir qui nous a appelé (ni le numéro ni le nom ne s’affiche, même si la personne est dans votre répertoire !). Le forfait de base est déjà pas donné (50$ minimum pour un smartphone), alors avec les options et le hors forfait, ça peut friser les 80-100$ par mois chacun…

Vincent : Les gens qui te poussent et disent « scusez ! » après…

10- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

Fanny : Très facile oui. L’une des langues officielle est le français, cela aide beaucoup, et les français sont assez privilégiés en matière d’immigration (ententes entre le Canada et la France pour l’assurance maladie et la reconnaissance des diplômes notamment).

Il y a beaucoup d’organismes qui aident les nouveaux arrivants aussi, et les gens font tout pour vous mettre à l’aise.

11- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Fanny : Le français, pas de soucis, et nous travaillons à améliorer notre anglais. Nous avons assimilé beaucoup d’expressions et de tournures de phrases québécoises, que nous utilisons au quotidien sans même nous en rendre compte, au point de ne plus savoir comment on disait « avant » J

12- Decrivez votre rue/cadre de vie

Fanny : Nous avons habité à plusieurs endroits depuis que nous sommes arrivés (4 en tout, deux maisons et deux appartements). D’abord en colocation (les deux premières fois), puis seuls.

La colocation est très pratique lorsque l’on vient d’arriver, tout est déjà sur place, pas besoin d’acheter quoi que ce soit (à part peut-être quelques casseroles et poêles et ses affaires de toilette), et aussi très bien pour s’intégrer et tisser de nouveaux liens. Mais on a vite envie d’avoir son chez-soi une fois que l’on est un peu habitués et que l’on a les moyens.

Nous sommes donc en appartement depuis Janvier 2009 (déménager en plein hiver, quel bonheur). D’abord en demi sous-sol (très courant ici, aussi bien dans les maisons que dans les blocs appartement), nous étions très bien chauffés en hiver et un peu épargnés par la chaleur en été, mais la vue sur la route juste devant la fenêtre de la chambre et les fenêtres bloquées en hiver à cause de la neige a vite fait de nous insupporter. Nous avons donc déménagé en Septembre 2010 dans le même bloc appartement, mais au second, avec une pièce de plus, un balcon et la vue sur Québec et le Saint-Laurent

Nous sommes donc à présent dans un « 4 ½ », entendez par la deux chambres, salon, cuisine et salle de bain/WC.

Tous les électroménagers sont immenses, 30 pouces de large (~75 cm), ça fait un gros frigidaire pour deux J

13- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Fanny : Nous sommes très casaniers, et nous n’avons pas encore de voiture, donc nos sorties du week end se résument pour le moment à Québec ou Lévis.

Les distances sont énormes ici, et il faut donc absolument un véhicule si l’on veut sortir un peu et aller visiter.

Si l’on a un peu de temps, Montréal est à 3 heures de route, New-York à 12 heures et le Maine à une centaine de kilomètres.

14- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

 Fanny : Nous ne sommes rentrés que deux fois depuis que nous sommes arrivés. C’est encore plus compliqué depuis que nous travaillons, alors la famille vient souvent nous voir, ça leur permet de visiter un peu par la même occasion.

15- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

 Fanny : Non, pas vraiment. Nous sommes très bien ici, nous avons eu une opportunité merveilleuse et nous ne voulons pas la gâcher.

 Ce qui ne nous donne pas envie, c’est le manque de travail et le fait que beaucoup de choses se dégradent d’années en années en Corse, l’insécurité grandissante notamment. Heureusement, les villages sont encore à peu près préservés.

16- Face a quelle mentalite/habitude/defaut francais etes-vous + clement, avec le recul d’habiter a l’etranger ?

Fanny : Nous avons toujours été très critiques envers les défauts des français ( radins et jamais contents), et nous le sommes encore plus maintenant que nous en croisons à longueur d’année.

 Les mêmes mots reviennent systématiquement quand nous entendons une discussion : « gratuit, pas cher,… ». Désolé si certains se sentiront visé, mais c’est vraiment insupportable. Je ne conçois pas que l’on parte en vacances pour faire Pekin Express avec 1 euro par jour pour seul budget (j’exagère à peine)…

17- Quel est le climat ?

 Fanny : Chaud et humide en été, froid et sec en hiver. Pour ces deux saisons, il faut tenir compte du facteur humidex (en été) qui rehausse la température, et du facteur vent (en hiver), qui la fait chuter encore plus bas.

 On passe très vite de l’hiver à l’été, trois semaines de printemps tout au plus. L’automne est un peu plus marqué, mais il peut faire très froid du jour au lendemain, et on peut de réveiller un matin avec 15 centimètres de neige alors qu’il faisait beau et « chaud » la veille.

 Côté températures, environ 25 en été, entre -5 et -20 en hiver (très supportable lorsqu’il n’y a pas de vent).

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

 Fanny : Nous mangeons souvent très tôt le soir (dès 17h30), ce qui est peu commun quand on vit en méditerranée.

 On va souvent traîner dans les magasins après le travail.

 On fait aussi nos courses le dimanche soir, c’est ouvert jusqu’à 22h tous les jours, pourquoi se priver !

19- Y-a-t-il de la censure ?

 Fanny : Non. Il y a même des publicités plus adultes à partir de minuit, même sur Teletoon !

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » :

 Fanny : Il y en a eu plein bien sur, mais quand on nous a dit que l’on pouvait trouver de la liqueur dans un distributeur, on est restés un peu bête (le mot liqueur ici est employé pour les sodas).

 Et on va chercher nos colis et acheter nos cartes de bus à la pharmacie. Certaines fois, on y va pour les médicaments.

 Vincent : Je savais pas trop où mettre ça, mais c’est un peu dépaysant en somme, ici ce sont les filles qui jouent le plus au soccer !

« De ma fenetre, je vois…. » :

 De la fenêtre de notre salon : De la neige, le Saint-Laurent et la ville de Québec.

merci Fanny et Vincent pour cette visite enneigée 🙂

Leur blog :

***

La semaine prochaine direction… l’Alberta au Canada (oui, oui, encore le Canada :)), pour une visite en hélicoptère avec Andrea !

Si néanmoins vous là, qui me lisez, oui, vous ! Si vous habitez ailleurs dans le monde, dans un petit ou un grand pays, dans la brousse ou au 40ème étage d’une tour, en tongs ou en apres-ski toute l’année…. contactez-moi !!

par ici -> mariegervais2004@yahoo.fr





Thierry, les bonbons à la patate, -45° au bord du lac, à Québec (Canada)

7 12 2011
1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?
 Nous sommes arrivés au Canada, dans la ville de Québec, en septembre 2008, avec un visa de résident permanent. Cela fait donc un peu plus de 3 ans. Nous sommes repartis de zéro. Nous venons de demander la citoyenneté canadienne (la procédure prend un an et demi !). 

C’est la première fois que nous vivons à l’étranger mais nous avons pas mal voyagé avant, notamment en Asie du Sud-Est.   

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?
 Le climat (on adore l’hiver, surtout moi) ; la faible densité de population une fois sorti des grandes villes ; la sécurité et la quasi-absence de délinquance ; les horaires de travail, très agréables ; la proximité de la Nouvelle-Angleterre ; notre maison.
5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalite principalement)
 Plus d’opportunités de travail (même si rien n’est facile !) et le fait que les diplômes – souvent non reconnus d’ailleurs – ne soient pas systématiquement obligatoires pour postuler à tel ou tel emploi.
L’immobilier plus accessible, même si ça a bien augmenté ces dernières années.
Les formalités administratives qui se font toujours très vite, et les magasins tout le temps ouverts ; ça, c’est très appréciable.

6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?
 Que l’on adore… ouf, pas grand chose. Hormis le sirop d »érable que j’ai appris à adorer, il n’y a pas grand chose qui nous fait saliver ici…
Ah, si, il y a le crabe des neiges qui est excellent, et le homard, bien sûr. On aime bien la soupe aux pois également. Mais madame est un véritable chef et cuisine tous les jours comme pour un grand restaurant, alors je ne me plains pas ! On trouve presque tout ici, mais souvent c’est hors de prix (fromages, vins, (bonne) charcuterie, etc.). D’une manière générale, l’alimentation est chère. Mais régulièrement, on se fait envoyer des colis « survie », remplis de bons produits de notre Sud-Ouest natal (au moins pour moi). La nourriture ici est trop sucrée, trop salée, trop grasse, trop… trop.

7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?
 Les bonbons aux patates et la poutine, une espèce d’assortiment de frites, de fromage qui fait « couic couic » et d’une étrange sauce brune… Très bof.

8- La vie est-elle chere ?
 Oui. Au moins autant qu’en France. La seule chose qui fait une différence, c’est l’immobilier. Et encore, comme je le disais plus tôt, ça a bien augmenté…
Mais il faut savoir que le Québec est la région la plus taxée en Amérique du Nord… et l’on se demande où passent ces taxes !

9- Cote conduite ?
 Les Québécois ne savent pas conduire… Et pour cause, pendant longtemps, ils n’avaient pas de cours de conduite ! Ce qui m’énerve le plus, c’est de les voir se coller aux fesses en permanence, et ce qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige… Il y en a pas mal qui ont été surpris par des coups de frein… si vous voyez ce que je veux dire ! Je pense qu’ils sont totalement inconscients (au premier sens du terme) des dangers de la route.

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?
 Ah ben ça, on est radicalement différents, Français et Québécois. La culture et les mentalités sont totalement différentes, et l’on ne se fera jamais à certaines choses (beaucoup).
Il y a les heures de repas (11 h 30 le « midi » et 17/18 h le « soir »), la culture du fric (encore et toujours), la surconsommation, la pollution et le gaspillage, et beaucoup d’autres choses… mais je vais m’arrêter là.

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?
 L’intégration est moyennement facile, en partie pour les raisons évoquées plus haut. Ensuite, il faut savoir que les Français « jouissent » d’une réputation plutôt mitigée au Québec, donc… Chez certains Québécois, on n’est même pas loin du racisme… Le communautarisme, nous ne l’avons jamais cherché. Mais, par la force des choses, on fréquente essentiellement des Français. Des Québécois également, mais disons que ceux-ci se démarquent nettement du « Québécois moyen ». À Québec, il y a encore assez peu d’étrangers (hors Europe), mais c’est en train de changer. Mais l’Amérique du Nord est une terre de communautarisme, c’est indéniable. Ici, on ne s’assimile pas ; on s’intègre, plus ou moins.

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?
 Le québécois (rires) ? Oui, un peu. Mais je préfère le français…

13- Decrivez votre rue/cadre de vie
Nous avons acheté une maison en juin dernier, en banlieue nord de Québec, au bord d’un lac et au milieu de la forêt… le rêve ! Hier encore, je me disais que nous avions énormément de chance de vivre dans ce secteur, loin de la ville ! Je ne m’en lasse pas.

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?
 Dès que nous avons 3 jours, nous partons… essentiellement dans le Maine (États-Unis) ou ailleurs en Nouvelle-Angleterre. La frontière est à 160 km d’ici et l’océan à 450 km, au plus près. En hiver, nous partons souvent faire des raquettes, du patin à glace ou du ski. Mais sinon, tous les « fameux » grands espaces sont soit privés, soit payants, soit inaccessibles… Ça, c’est un mythe qui s’effondre.

15- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?
 Nous ne sommes rentrés qu’une seule fois, en octobre dernier, soit 3 ans après notre arrivée. Idéalement, nous aimerions rentrer une fois par an ; mais cela coûte très cher et on manque de vacances…

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?
Oui. Mais quand, nous n’en savons rien. Ce qui ne nous donne pas envie de rentrer en France ? Je préfère que cela reste privé.

18- Quel est le climat ?
 Ah ça, c’est mon rayon. Le climat est continental humide, c’est-à-dire modérément chaud et humide en été, et très froid et très neigeux en hiver. C’est très pluvieux et/ou neigeux tous les mois de l’année ; la sécheresse n’existe pas ici.
À Québec, il tombe en moyenne 310 cm de neige par hiver. L’enneigement permanent débute, en moyenne, fin novembre et s’étend jusqu’à mi-avril. Lors des plus belles vagues de froid, il peut faire jusqu’à -35 °C à Québec, et jusqu’à -45 °C en banlieue nord, plus loin du fleuve (là où l’on habite, par exemple). Mais disons que les températures entre -5 °C et -25 °C sont la « norme » en hiver ici.
L’été, la moyenne des maxima est de 24/25 °C et il ne fait jamais plus de 33/34 °C. Mais l’air est toujours humide. Certains jours, cela peut être difficilement supportable. Les intersaisons sont courtes, surtout le printemps.

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)
 Nous vivons à la française en habitant à l’étranger. La culture locale est trop différente et trop à l’opposé de la nôtre pour que nous l’adoptions. En fait, nous prenons le bon de chaque culture. Mais notre culture française est souvent beaucoup trop forte pour que nous lâchions du leste…

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » ;)
On m’a déjà demandé si la France était en Europe, et si Paris était en France… Et je suis très sérieux.

« De ma fenetre, je vois…. » :
Photos prises hier 
La vue sur le lac, depuis notre maison.
La rue qui passe devant chez nous.
Pour d’autres nouvelles, ou pour le plaisir, passez voir mon blog : http://mal.blogs-de-voyage.fr/
Merci Thierry, pour cette vision un peu + mitigée sur ce pays 🙂
C’est intéressant d’avoir des points de vue différents (surtout sur le Québec, d’habitude c’est « tout génial » :)), et c’est bien l’objet premier de ce blog !
Je rappelle que l’intérêt de ce dernier est de présenter la vision personnelle de chacun, puisque, critique ou pas critique, tout est subjectif !
***
J’attends vos témoignages, n’hésitez pas à nous faire partager votre vie quotidienne, et la vue de votre fenêtre préférée !
C’est par ici : mariegervais2004@yahoo.fr




Thomas, la dinde farcie, le vélo et Persian Square… à Los Angeles (USA)

26 09 2011


 

 

Figure 1 : le visuel de la pièce de 25 cents dédiée à la Californie

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en durée indéterminée…) Est-ce la première fois que vous vivez a l’étranger ?

Je vis à Los Angeles depuis près de 2 ans. Je suis arrivé dans le cadre d’un contrat de volontaire international, qui dure… 2 ans maximum. C’est donc bientôt la fin de l’aventure californienne pour moi et le moment de faire un petit bilan sur cette expérience. Avant de venir aux Etats-Unis, j’ai vécu 5 mois en Chine, à Shanghai, dans le cadre de mon projet de fin d’études.

 

4- Qu’-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

Les Etats-Unis sont un pays énorme et les mentalités diffèrent énormément d’une côte à l’autre (voire, plus localement, d’un Etat à l’autre). Globalement, ce qui est agréable ici, c’est l’ouverture et le côté souriant des gens. Même si ce n’est qu’une façade, et qu’il n’est pas forcément facile de nouer des relations profondes avec les américains, le premier contact est facile. Il est très facile d’entamer une conversation n’importe où : à la caisse du supermarché, en attendant le bus, en faisant la queue à l’entrée d’un concert…

Los Angeles est une cité très cosmopolite et il est intéressant de rencontrer toutes ces cultures et de pouvoir discuter aussi facilement avec n’importe qui.

 

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ?

Sans parler du climat, qui correspond à celui des coins les plus agréables de France, Los Angeles est un des lieux où se concentre l’énergie créative humaine, dans tous les domaines. Pour peu que l’on s’abonne à quelques fils d’information, on se retrouve très vite avec un choix très vaste d’activités éducatives, culturelles, sportives, sociales… Il se passe énormément de choses ici, dans tous les domaines et ces évènements facilitent énormément les rencontres intéressantes. Revers de la médaille : le dynamisme ambiant peut parfois devenir frustrant lorsque deux ou trois évènements intéressants se déroulent en même temps. Il faut alors faire des choix, pas toujours faciles.

Autre point appréciable : l’accessibilité des gens. Les barrières hiérarchiques se font beaucoup moins ressentir au niveau professionnel et personnel et il est très facile d’entrer en contact avec des gens hauts placés. Il n’est pas forcément facile de retenir leur attention (il faut être très bon, ne pas hésiter à le dire et être prêt à travailler très très dur) mais même ces personnes importantes prendront généralement le temps de considérer le projet, quelle que soit la notoriété de la personne qui le présente. C’est aussi valable au niveau de l’emploi : quelqu’un qui montre qu’il a les capacités pour faire le travail sera considéré avec attention, quel que soit son diplôme.

 

6-Coté alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

Les Etats-Unis ne brillent pas par leur gastronomie… Au pays du burger on trouve surtout… des burgers. Côté appréciable cependant, même les fast-foods du genre McDonalds servent leur hamburgers cuisinés sur commande : pas de vieux burger traînant dans un rayonnage depuis 25 minutes ici ! Détail amusant, il n’est pas rare de trouver des burgers fait maison dans les diners et les restaurants américains, avec des garnitures amusantes voire complètement folles, comme le burger au chili con carne : steak plus salade/tomates/oignons plus chili complet (avec haricots, viande hachée, sauce tomate et poivrons) : impossible d’avoir encore faim après cela !

Autre point, plus ou moins appréciable, les portions sont énormes ! Pour les gros mangeurs, les Etats-Unis sont un paradis ! Burgers et même salades, tout est plus grand aux Etats-Unis ! et avec l’excellent système de doggy bags (des boîtes en carton permettant d’emporter les restes chez soi) pas de gaspillage : les restes serviront pour un prochain repas !

Figure 2: Pancakes à la myrtille pour le petit-déjeuner!

 

On ne mange pas non plus QUE des burgers aux Etats-Unis. Certaines fêtes, comme Thanksgiving, sont une occasion de goûter à des plats plus traditionnels. Chapon farci et sa sauce aux groseilles, plats de maïs, salades diverses et délicieuses tartes à la citrouille ou aux fruits sont au rendez-vous de ces diners pantagruéliques durant lesquels les familles se retrouvent, entourées de leurs amis proches, pour un excellent repas. Les Américains que j’ai rencontrés adorent d’ailleurs inviter des gens à cette occasion et mon premier Thanksgiving américain, passé chez de (presque) parfaits inconnus, rencontrés à peine quinze jours avant, a été une expérience que je n’oublierai jamais. Dès mon entrée dans la maison, je me suis senti comme un membre de la famille à part entière !

A Los Angeles, cité très cosmopolite, il est facile de goûter à des cuisines venues des quatre coins du monde, y compris française. Les diners dans les restaurants français sont cependant à consommer avec modération, car notre cuisine jouit d’une réputation de luxe, avec les prix qui vont avec. S’il n’est pas toujours facile de trouver des bons produits du terroir dans les supermarchés (saucisson, fromage fermier, terrines diverses, etc.) il existe cependant un certain nombre de boutiques en ligne et de supermarchés un peu haut de gamme où les trouver, pour peu qu’on y mette le prix, encore une fois. Je n’ai pas vraiment eu de « manque » en termes de produits français mais j’ai du modérer un peu ma consommation.

 

7- Y a-t-il des plats typiques « étranges » ?

 Rien de vraiment surprenant dans la cuisine américaine : pas de brochettes de grillons ou de tartare de serpent. Il y a quelques associations étranges, comme les glaces chocolat-bacon (qui ne sont pas mauvaises du tout, en fin de compte).

8- La vie est-elle chère ?

La vie est relativement bon marché, en général. Les prix sont très similaires à ceux pratiqués en France mais avec le taux de change, on en sort généralement gagnant en tant qu’expatrié. Certains produits peuvent être chers, comme les fruits et légumes bios et il faut apprendre à connaître les bons plans. Comme en France, suivant les chaînes de supermarché que l’on fréquente, deux produits à priori identiques pourront être vendus à des tarifs assez différents.

Il est possible de manger pour pas cher dans les restaurants et c’est sans doute une des raisons pour lesquelles peu d’américains cuisinent. Typiquement, un plat moyen coûte dans les 10-15 dollars et au vu des portions, pas la peine de demander un dessert ! Attention cependant, les taxes et le pourboire (inévitable) ne sont pas inclus dans les prix et, en fonction de l’Etat, cela peut facilement faire grimper la note de 20%.

L’essence n’est vraiment pas chère : environ 4 dollars (2.95 euro) par gallon (3.78 litres), cela fait un litre d’essence à moins de 80 centimes d’euro ! Et encore, la Californie est l’un des Etats où l’essence est la plus chère.

A l’inverse, le prix des loyers et des hôtels est assez élevé en général, même s’il varie beaucoup d’un Etat à un autre, d’une ville à une autre, voire d’un quartier à un autre (à Los Angeles). Difficile de trouver une chambre d’hôtel à moins de 100 dollars (73 euros) à Los Angeles. On peut atteindre les 75 dollars (55 euros) dans un motel et les 30 dollars (22 euros) dans un dortoir d’auberge de jeunesse. Il faut souvent ajouter 10 à 15% de taxes à ces prix et ni l’internet ni le petit-déjeuner ne sont compris. Niveau loyer, compter 500 dollars (370 euros) pour une chambre dans une collocation, autour de 1000 (740 euros) pour un studio et 1200 (près de 900 euros) pour un appartement avec chambre et salon. Point positif : à ces prix là, on a souvent un balcon, un petit jardin, voire une piscine commune à l’immeuble.

9- Cote conduite ?

Los Angeles est définitivement une ville placée sous le signe de la voiture : les transports publics sont assez peu développés et la ville est immense ! Ici, les gens en difficulté financière abandonnent leur logement avant de se séparer de leur voiture. Résultat : la circulation est souvent dense et se transforme tous les jours en cauchemar aux heures de pointe. Ce sont alors des kilomètres de bouchons qui se forment et paralysent certains points de la ville. Ces bouchons sont inévitables, malgré un réseau routier impressionnant ! Ici, les autoroutes sont souvent des deux fois cinq voies et même les grands boulevards urbains sont souvent larges d’au moins une demi-douzaine de voies.

Pour éviter cet enfer, je me suis trouvé un appartement situé suffisamment près de mon lieu de travail pour pouvoir faire le trajet quotidien en vélo. Una activité à haut risque, cependant ! Au royaume de la voiture, les deux roues sont bien souvent invisibles voire méprisés par les automobilistes. Il n’est pas rare de se faire ouvertement couper la route par un imbécile pressé ou plus intéressé par son téléphone que par ce qui se passe autour de lui. Il y a quelques pistes cyclables mais un petit trait de peinture blanche n’effraie pas les conducteurs de 4×4, qui mordent allègrement dessus quand cela les arrange.

 

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Mis à part le manque de considération envers les cyclistes, je trouve que les pires défauts des américains sont le simple revers de leurs qualités. Cette ouverture et cette facilité de communiquer dont je parle plus haut sont agréables mais dès que l’on cherche à creuser un peu, à approfondir les conversations ou à cimenter les amitiés, on se retrouve souvent confronté à la superficialité de ces rencontres. Une personne inconnue vous donnera l’impression d’être votre meilleur ami au bout de 5 minutes de conversation mais vous ignorera/vous aura oublié quand vous la croiserez le lendemain ! La bonne humeur ambiante a aussi souvent des allures de masque et les sourires un peu trop crispés pour sembler naturels.

En Californie (et à Los Angeles en particulier), il existe également une sorte de culte du corps assez troublant et parfois énervant. Beaucoup de personnes sont obnubilées par leur apparence, leur style vestimentaire, leur style de coiffure, leur bronzage. Dans la ville qui abrite Hollywood, il plane parfois un parfum de faux et un manque flagrant de naturel !

 

11- L’intégration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’intégrer et de rencontrer toutes sortes de nationalités ?

De façon paradoxale, il est beaucoup plus facile de nouer des amitiés avec d’autres expatriés (toutes nationalités confondues) qu’avec les américains « de souche », pour les raisons que j’évoquais plus haut. On peut dire que les communautarismes sont plutôt développés car de nombreux quartiers concentrent une communauté en particulier. Los Angeles dispose ainsi de son Chinatown mais également d’un Koreatown, Little Tokyo, Persian Square, Little Armenia et beaucoup d’autres. Si les communautés ont tendance à former une espèce de mosaïque, elle n’est cependant pas très cloisonnée et permet en fait de se plonger dans l’ambiance de tel ou tel pays simplement en visitant un quartier.

 

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Pas de problèmes avec l’Anglais, même si les américains décèlent encore parfois mon accent Frenchie. La présence de nombreux immigrants multiplie par contre les accents et certains ne sont pas toujours évidents à comprendre. Pas de cours formels mais les conversations sont un excellent moyen de s’améliorer en Anglais.

 

13- Décrivez votre rue/cadre de vie

Je vis à Westwood, le quartier à proximité du campus de UCLA (University of California, Los Angeles), en plein cœur de Persian Square,  le quartier iranien. Cela donne un mélange assez étrange de multiculturalisme (de nombreux étudiants internationaux fréquentent le campus) avec une forte teinte de Moyen Orient. Des restaurants perses s’échappent de succulents fumets de mouton et d’agneau grillés, les devantures des échoppes sont couvertes d’arabesques calligraphiées et les fragments de conversation entendus dans la rue sont aussi souvent en Farsi qu’en Anglais. Plusieurs magasins de tapis parent leur devanture de somptueux modèles, dont certains font plus de 12 mètres carrés. Le soir, dans les cafés, les habitants du quartier viennent discuter, prendre un thé bouillant et jouer au backgammon.

 

Figure 3 : Un soir à Persian Square

 

En remontant vers le campus, les boutiques se font plus éclectiques : beaucoup de magasins de vêtements, de petits restaurants étudiants, de salons de coiffure, de bars. Le Chinois remplace le Farsi comme deuxième langue la plus entendue et la moyenne d’âge chute drastiquement. Les ordinateurs portables remplacent les plateaux de jeu aux terrasses des cafés (qui sont plutôt des Starbucks).

 

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses à visiter aux alentours ?

A Los Angeles, il y a deux sortes d’Hommes : ceux qui ont une voiture et ceux qui dépriment… Même s’il est théoriquement possible de se déplacer dans Los Angeles via le système de bus (le métro se cantonne principalement au centre ville), c’est s’exposer à des temps d’attente longs (la desserte est fréquemment aléatoire), des trajets interminables (la ville est immense : 71 * 49 km) et des rencontres étranges avec les bus freaks («les fous du bus ») dont certains sont à la limite de la schizophrénie (mais on rencontre aussi des gens très sympas et passionnants, c’est juste une question de chance). Et dès qu’on veut sortir de la ville, cela devient compliqué. Il y a bien les bus longue distance mais les stations sont peu nombreuses, les destinations limitées et les horaires pas toujours pratiques.

La voiture est donc fortement recommandée en ville et quasiment indispensable si on veut en sortir un peu. Pour éviter les frais de parking si l’on n’a pas de garage, il est possible de louer une voiture le temps d’un week-end. Les prix sont assez bas et il y a souvent des offres intéressantes, pour peu qu’on ait plus de 25 ans. Louer une voiture dans ces conditions peut revenir aussi peu cher qu’une trentaine de dollars plus l’essence.

Au niveau des choses à voir, si Los Angeles ne contient pas beaucoup de monuments touristiques, elle regorge cependant de trésors et il y en a pour tous les goûts ! Hollywood et son signe légendaire (dont on ne peut malheureusement pas trop s’approcher), le walk of fame et les cinémas célèbres ; Santa Monica, Venice et Malibu avec leurs plages et leurs petits coins cachés ; Mulholland drive, Sunset Boulevard, Bel Air, Beverly Hills et autres noms/quartiers légendaires ; les musées ; les gratte-ciels du centre ville ; les studios de cinéma… les guides touristiques regorgent d’endroits à ne pas manquer. Mais Los Angeles, c’est aussi les graffitis magnifiques trouvés au coin d’une rue, les petits espaces cachés dans un entrepôt où l’on peut découvrir des œuvres d’art ou écouter un concert, le dépaysement d’une après-midi passée à Chinatown ou à Little Ethiopia, les petites randonnées dans les nombreux parcs qui occupent les montagnes aux alentours.

Bref, si Los Angeles offre une expérience moyennement riche et variée au touriste (qui préfèrera sans doute San Francisco, Chicago ou New-York), c’est lorsqu’on y vit qu’elle se dévoile vraiment (comme beaucoup de villes, en fait).

 

Figure 4: Los Angeles, vue du Griffith Observatory

 

Figure 5 : palmiers et tours : bienvenue dans le centre ville

 

15- A quelle fréquence « rentrez »-vous en France ?

Je suis rentré deux fois en France en deux ans, une fois en été, près d’un an après mon arrivée, puis pour la fin de la même année.

 

16- Avez-vous prévu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne pas envie de revenir habiter en France ?

Je pense que je finirai par rentrer en France pour de bon, un jour… peut être. Ca ne fait pas vraiment partie de mes plans pour l’instant car mes derniers voyages m’ont vraiment donné l’envie de continuer à parcourir le monde : deux ans ici, trois ans là, le temps de vraiment découvrir les pays.

 

17- Face a quelle mentalité/habitude/défaut français êtes-vous + clément, avec le recul d’habiter a l’étranger ?

Aucun ! Mes expériences à l’étranger m’ont d’ailleurs convaincu que le penchant national des Français pour la grogne était en fait assez pénible. Certes, la vie est parfois difficile mais vivre en France n’est, de loin, pas un calvaire et râler à propos de tout, dans son coin, plutôt que de dire franchement ce qui ne va pas à la personne concernée n’a jamais fait avancer le schmilblick.

 

18- Quel est le climat ?

Le Sud de la Californie a un climat méditerranéen donc hiver doux et été agréable. Quelques grosses pluies vers janvier/février mais en dehors de ça, le climat est plutôt sec. Los Angeles est réputée pour son climat exceptionnel et cette réputation est bien méritée ! Il fait rarement gris, les températures ne descendent quasiment jamais en-dessous de zéro (et dans ce cas, c’est la nuit) et une petite brise marine ventile agréablement l’air en été. Bref, parfait !

 

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes françaises ?)

J’ai sans doute gardé l’habitude de passer du temps à lire ou dessiner à la terrasse d’un café, activité inhabituelle dans le mode de vie californien, où il est presque mal vu d’avoir du temps libre : il faut être actif, tout le temps ! Rouler en vélo et marcher beaucoup pour aller d’un point A à un point B sont également des habitudes que j’ai conservées, au royaume du « jamais sans ma voiture ».

Côté habitudes américaines, le côté consumériste de la société américaine est vraiment pernicieux et c’est un effort de volonté perpétuel de ne pas y succomber (cartes de fidélité, réductions dignes des périodes de solde tous les 10 jours, achat en ligne)… j’ai cédé quelques fois. J’ai par contre résisté à l’idée de passer tout mon temps libre à courir sur un tapis roulant dans une salle de sport ! Globalement, je pense que ce séjour m’aura fait devenir plus sociable, plus enclin à engager une conversation sans raison, avec n’importe qui, sur n’importe quel sujet, voire à rejoindre une conversation entre de parfaits étrangers.

19- Y-a-t-il de la censure ?

Il n’y a pas vraiment de censure à proprement parler (rien de comparable avec ce que j’ai pu voir en Chine, par exemple) mais l’information est très fréquemment manipulée par les médias. Les journaux et les chaines d’information sont très souvent politisés, très fortement pour certains, et l’information qu’ils donnent est souvent objective au point d’en être biaisée. Il vaut donc mieux savoir ce qu’on lit/regarde et ne pas s’affoler quand deux sources semblent parler de deux choses différentes alors qu’elles couvrent un même sujet.

En termes de violence, peu ou pas de censure. Ce n’est par contre pas le cas des contenus sexuels, qui sont souvent assez fortement censurés. La dichotomie peut sembler étrange mais les américains en sont conscients et l’expliquent à travers l’histoire du pays. Les Etats-Unis ont été bâtis dans la violence et la culture populaire, à travers les films d’action et les comics (bandes dessinées dont les plus célèbres concernent les super-héros), est remplie de violence. Le sexe est cependant vu d’un plus mauvais œil, ce qui s’explique par le caractère puritain de beaucoup d’américains dans ce domaine.

A noter aussi que tous les « gros mots » sont bippés à la radio. Autant dire que lorsque l’on tombe sur un morceau de rap, on se croirait en train de décoder du code morse !

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « dépaysante »

Hum… pas facile ! Vivre à Los Angeles, c’est un peu se retrouver dans un épisode de série télé américaine. Ironiquement, certains des moments où je prends le plus conscience de l’endroit où je me trouve sont lorsque je reconnais ma rue ou un quartier voisin sur le grand écran !

Envie d’en savoir plus ? N’hésitez pas à visiter mon blog : 

 

Et pour voyager un peu +, sur les voyages de Thomas : par ici

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« De ma fenêtre, je vois…. » : 

La fenêtre de mon appartement étant plutôt mal située (un grand panneau publicitaire bouche l’essentiel de la vue), voila ce que je vois souvent de la fenêtre de mon bureau, avant de rentrer chez moi :

 

Figure 6 : Coucher de soleil sur Santa Monica Boulevard

 

 

Merci Thomas pour ce témoignage qui tombe à pic !

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Je suis en recherche URGENTE de nouveaux témoignages : alors si vous êtes vous-même, ou si vous connaissez des Français habitant à l’étranger, de Lisbonne à Tombouctou, en passant par Vladivostock et Tataouine, écrivez-moi, c’est par ici et c’est gratuit ! mariegervais2004 AT yahoo.fr

 





Agnès, les oeufs de fourmis, les arbres mauves et la fête des morts… à Mexico (Mexique)

19 09 2011

Ce que je vois aujourd’hui, de ma fenêtre; c’est ça, le Pacifique. Mais c’est seulement pour quelques jours, car je vis à Mexico, pas sur la côte Pacifique (je suis en vacances…).

Ma vue à México est magnifique de toutes façons et vous pouvez la voir sur mon blog http://monfiletapapillons.blogspot.com/. Cet arbre mauve est une jacaranda, elle fleurit de février à mai.

(clic sur l’image sur accéder au blog)

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J’ai 38 ans, je vis à Mexico depuis 1997, déjà 14 ans… Je suis mexicaine depuis 5 ans (par choix et vocation!) et française de naissance. Le Mexique est ma terre nourricière, et Mexico, mon labyrinthe intérieur… Avant le Mexique, que je connaissais avant de m’y installer, j’ai vécu en Angleterre et j’ai beaucoup voyagé, surtout en Inde. Je crois que mon vrai pays, c’est le voyage…

Je suis prof de fac. J’ai fait mon doctorat de philo ici, après mes études à La Sorbonne. J’ai trouvé une proximité dans les rapports avec les profs qui m’avait toujours manqué… J’adore mon métier, mais j’aimerais beaucoup travailler un peu en français.

 

J’ai toujours une intonation française en espagnol, et j’incruste des mots espagnols quand je parle français, c’est mon accent… Mon mari est franco-mexicain et nous parlons parfois une langue étrange…

 

Ce que j’aime par-dessus tout au Mexique, c’est la très belle créativité qui inonde les rues, les marchés, les maisons… C’est un pays vraiment joyeux où les générations se mêlent facilement. Les mexicains sont très curieux, très accueillants, on oublie rapidement qu’on est étranger, dès que l’on parle espagnol (il faut compter 3 mois). Je ne me suis pas sentie étrangère longtemps à Mexico, et dès l’atterrissage, je sais que je suis chez moi. C´est aussi une ville très cosmopolite et je fréquente beaucoup de mexicano-quelquechose (mexicano-américain, franco-mexicain, argentino-mexicain, mexicano-japonais, etc.

 

Je trouve au Mexique une vitalité, une énergie et une créativité que je ne vivais pas en France. Et puis c’est un pays où la jeunesse est très nombreuse, cela se sent. Mexico est pour moi la ville des villes, ça va vite, les modes se font et se défont, il y a une culture urbaine très intéressante, une scène underground très influencée par le Japon, du graphisme, de la musique, des images, c’est un terrain très fertile, il y a toujours quelque chose à voir, tous les jours, quelque chose m’étonne.

 

Et puis la nourriture, ici, c’est tout ce que j’aime: des fruits colorés, goûteux, des légumes délicieux, des mets très sophistiqués mais pas compliqués, une cuisine des familles vraiment réconfortante et mille possibilités de manger sur le pouce… Quand je suis loin du Mexique, tout cela me manque très rapidement… J´ai du mal avec la cuisine française maintenant, mais c´est certainement parce qu’elle n’est plus adaptée à mon mode de vie. En cas d’envie pressante de croissant ou de pain, il y a une formidable pâtissière française à quelques rues de chez moi. Je sais que les expats qui vivent ici trouvent tout ce qui leur manque. Mexico est une méga-capitale, on trouve tout, lycée français, Pied de Cochon (et oui), camembert, saucisson, etc. Donc pas forcément exotique si l’on ne fait pas l’effort de s’aventurer hors des sentiers battus.

Il y a des plats étranges, (pour tous, mexicains compris) comme les oeufs de fourmis, les sauterelles grillées ou les vers du maguey, et puis de la glace au maïs ou à l avocat, et les bonbons au chile (un délice, on se rend vraiment compte que le goût s’éduque…).

 

A Mexico la vie est chère, pas en province. Mais les loyers n’ont rien à voir avec Paris, et les espaces non plus. On se loge facilement pour 400 euros par mois dans au moins 80 mètres carrés et souvent dans des apparts très beaux, des années 50.

 

Le climat de Mexico est très agréable, frais, nous sommes en montagne (2300m), c´est une ville fatigante, qui ne dort jamais, il faut se ménager et prendre des vacances à la plage régulièrement! Il faudrait aussi que je vous parle de la langue, si riche, on parle souvent avec des jeux de mots, il y a un double sens possible presque tout le temps et il faut être alerte!

 

Les gens conduisent plutôt lentement et oublient leur clignotant, et se garent en double file, mais je trouve qu´universellement les gens deviennent idiots au volant. Ici la voiture est un signe extérieur de richesse, un statut social, et les mexicains sont les plus endettés au monde, avec les russes, dans leurs achats de voitures. Au volant, les gens manquent totalement de civisme. Mais pas qu´au volant. Il y a un très bon système de transports en commun à Mexico et nous avons aussi des vélibs (les écobicis) dans quelques quartiers.

 

Ce qui peut être irritant culturellement est la difficulté des mexicains à dire non. Il faut s´entraîner consciencieusement pour reconnaître les oui oui et les oui non. Et puis un jour, on finit soi-même par lâcher un oui non et l´intégration est réussie. Il y aussi une autre notion de la ponctualité mais cela ne m´a jamais dérangé, je n´ai aucun mal à attendre ou à être en retard. On vit beaucoup dans le présent, il peut donc se présenter des événements à même d´altérer un futur proche… je comprends cela très bien!

 

Le Mexique est un pays immense, d´une très grande richesse et diversité culturelle, on ne termine jamais de le découvrir. Il y a tant de fêtes à vivre, il ne faut surtout jamais rater ni un mariage (les plus gais au monde), ni un enterrement (les veillées sont très belles), ni surtout, une fête des morts (1 novembre). A peine sortis de la ville, on est dépaysé…

 

Le pays est en ce moment miné par les narco-traficants. La réalité du problème est invisible pour les touristes qui n´auront pas l´occasion de se frotter aux quartiers ou aux villes touchés. Nous ne sommes affectés, dans notre vie quotidienne, que par la lecture de la presse, et parce qu´il s´agit de notre pays, que nous voyons, impuissants, se gangrener. Ce qui est le plus difficile à supporter, c´est la corruption, étendue à toutes les classes sociales. Même les étudiants cherchent à négocier leurs notes (mais pas avec de l´argent) et la fermeté, à tous égards, est vécue comme de l´agressivité. Le plus douloureux, au Mexique, ce sont les castes sociales, très rigides, souvent surréalistes, les uns ignorant les autres, des mondes parallèles se frôlent à peine. J´en veux beaucoup aux classes sociales richissimes qui en font le moins possibles pour leur pays.

 

Je vais en moyenne une fois par an en France, parfois moins. J´ai de la famille là-bas et des amis très chers qui me manquent. Ce qui me manque aussi, ce sont les livres, en français, si peu chers et un amour de la culture qui est très particulier. Si je vis un jour en France, ça serait dans le sud. Je me sens étrangère en France, même si tout à coup mes codes sont immédiatement compris. C´est un sentiment très étrange et difficile à expliquer. Je ne rentre pas en France, je rentre au Mexique.

 

J´ai quitté le Mexique pendant un an et demi, en 2008, pour traverser le continent à bord d´une camionnette, avec mon mari, en fabriquant du biodiesel. Je raconte ce voyage dans ce blog, http://retourenpatagonie.blogspot.com/, c´était tout un projet. Quitter le Mexique fut très difficile, y revenir peut-être encore plus, mais après deux ans, je suis à nouveau conquise…

clic sur l’image pour accéder au blog

 

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Un grand MERCI, Agnès, pour ce superbe témoignage, très personnel, qui donne immédiatement envie de faire ses valises !

Je vous conseille le blog d’Agnès sur son périple en Patagonie, dont seul le nom me fait déjà rêver… 🙂

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La semaine prochaine, direction… le Japon, avec Jessica ?