Une famille, des tapas, l’ouverture sur les autres ….en Alméria (Espagne)

19 12 2011

Bonjour, nous sommes une famille belge de 8 personnes (2 fils et 4 filles dont la dernière adoptée en Thaïlande).  Les enfants ont tous suivi leur chemin – dont 2 en Nouvelle Calédonie – fait qui pourrait faire un article aussi d’ailleurs. 

Notre « petite dernière » vient d’aller les rejoindre ce 1er décembre 2011.

 Mon mari ayant perdu un bon poste en Belgique pour cause d’une faillite d’entreprise (donc pas d’indemnités du tout) et trop âgé pour retrouver du travail, nous nous sommes remis en question et avons pris la décision d’aller en Andalousie, là où il fait souvent beau et chaud – vieillesse oblige et aussi pour ouvrir « une fenêtre » sur les gens (nous savions qu’il y avait pas mal d’immigrés africains en Andalousie). But : donner un coup de main aux personnes qui désirent garder leur dignité (tout ceci est personnel bien sûr). Nous avons donc tout quitté (même le domicile – c’était radical) et avons rejoint la province d’Alméria.(Roquetas de Mar) Pourquoi ? Parce qu’après avoir consulté internet, nous avions vu qu’il y avait plus pauvres que nous à El Ejido.  On voulait aider des gens plus démunis que nous !!

 

photo d’une habitation de travailleur étranger.

 

Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ?

Nous y habitons maintenant depuis 2 ans.

 Pour combien de temps ?  c’est sûrement pour une longue période de temps (durée indéterminée…) Est-ce la première fois que vous vivez a l’étranger ?

 Non, nous avons déjà fait 2 ans en France (Ardèche).

 

2- Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des ecoles francaises ? Y avez-vous mis vos enfants ou au contraire avez-vous opte pour le systeme anglais (ou autre) ? Avez-vous acces a d’autres pédagogies ? (Montessori, Steiner…)

En ce qui concerne la scolarisation, pas de problèmes puisque notre dernière (21 ans) s’est inscrite à un cours d’Espagnol pour adultes le soir organisé par la Junta afin de pouvoir mieux comprendre et s’exprimer en espagnol. Pour nous, nous avons adopté la méthode « douce » : lire (avec dictionnaire en permanence au début), déchiffrer les sous-titrages pour les sourds des émissions de télévision, contacts avec la population.  Mais comme nous avons trouvé de nombreux amis sur place (le monde est si petit parfois !!) nous parlons trop souvent à mon goût le français.  Mais « poco a poco » – petit à petit – la langue s’imprime gentiment dans nos petites cellules grises.

 

3- Vos enfants sont-ils bilingues ?

Tous nos enfants hors « bercail » le sont puisqu’en Belgique, le néerlandais est déjà une langue obligatoire mais dans ce cas-ci, il n’y a que notre « dernière » qui s’est mise à une langue en plus de l’anglais, c’est l’espagnol.

 

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

La luminosité extraordinaire (au début, mes yeux ont eu des problèmes) – la chaleur des habitants (quand ils ne parlent pas trop vite on se débrouille bien) – le bleu du ciel presque permanent et celui de la mer contrasté par le calme tranquille des montagnes en arrière-plan, les palmiers (côté infaillible exotique), les plantes en fleur tout le temps (mon côté doigts verts est en plein délire)

 

 

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalité principalement)

Nous n’avions pas à nous plaindre en Belgique (sauf pour ce qui est du conflit permanent des langues alors que nous sommes multilingues c’est-à-dire sans problèmes relationnels avec personne) mais il y a ici une certaine convivialité : Si à Bruxelles nous ne connaissions pas nos voisins, ici, les contacts sont totalement différents : un sourire, un bonjour, un service rendu etc… c’est touchant.  Et puis, il y a cette énorme diversité de cultures : En plus des Espagnols, en promenade, quand on nous entend parler français,  nous rencontrons des Maliens, Mauritaniens, Sénégalais, et comme nous connaissons également l’anglais, des Nigérians etc… qui, jusqu’à présent, se sont tous montrés polis, propres de leur personne même s’ils sont dans une pauvreté extrême et accueillants (nous aimons les contacts multiples qui enrichissent). Cela ne fait pas l’ombre d’un pli : ils recherchent le contact loin de chez eux. Et nous, on aime leur parler.

Bien souvent, en les revoyant, ils nous appellent « papa et mama » et nous parlent de leur famille là-bas au loin.  Nos promenades ne sont jamais style « voyage organisé » clic / photo et puis on s’en va.

Nous nous engageons souvent aussi. C’est tellement beau des yeux qui brillent et un cœur qui s’ouvre !! les autres sont d’une telle richesse !!

 

 

6- Côté alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

Ouf !! on adore les « tapas » – c’est-à-dire que lorsque nous allons nous promener avec des amis ou seuls,  quand nous commandons une boisson, nous recevons automatiquement en accompagnement un « petit »  plat bien typique andalou (très très mauvais pour le régime) car entre amis, les sorties sont assez fréquentes. Nous aimons aussi la grande variété des poissons frais – nous sommes de bons mangeurs – la paëlla, le jambon serrano, le bon vin espagnol, etc… vous comprendrez bien sûr le problème de la prise de poids à notre âge (nous sonnons à la porte de la retraite)

Ce qui nous manque le plus ? : à mon mari : le bon chocolat belge, ça c’est sûr. Un bon nougat. Des spéculoos et comme bons belges, l’américain préparé façon de chez nous.  Sinon, tout ce que nous avons besoin, nous le trouvons dans les commerces qui sont bien semblables à ceux de la Belgique.  Aussi, ce qui nous manque (c’est moins évident) un vrai de vrai « service médical ».  Nous avons été témoins d’une personne renversée par une voiture et gravement atteinte : la « bonne et vraie » ambulance (la 2ème) est venue après 1/2h.  Autant dire que si c’est très grave, ………….

 

7- Y a-t-il des plats typiques « étranges » ? (genre graisse de mouton, fourmis grillees…Y’a tjs !)

Ici,  en bons belges, on a oublié le steak/frites/salade.  Aïe Aïe, on a découvert les « Tapas »….. A chaque boisson commandée, ils vous servent un « plat » qui accompagne. Pour le même prix que la boisson. :  les « chipirones » (bébés calamars frits), calamars a la plancha (grillés) beaucoup de fritures de poissons aussi etc… que nous ne connaissions pas en Belgique.  Mais cela ne nous a pas effrayés : c’était si beau dans l’assiette. (et si bon aussi), les moules (géantes pour nous), et tant d’autres choses qu’on ne sait pas mentionner.

 

 

8- La vie est-elle chère ?

Très sincèrement, non. Il y a le phénomène de grande récession économique…. C’est terrible.  Mon côté empathique me fait beaucoup prendre conscience de l' »autre ».

 Enfin, l’appartement que nous occupons ici et qui nous plaît très fort puisque nous avons une énorme terrasse en léger contrebas + jardin plein de bougainvillées, canas etc… nous coûte, je pense 2 à 3 fois moins cher qu’à Bruxelles.  Nous ne connaissons pas non plus de problèmes de chauffage hivernal (calculez le budget….) et nous avons déniché d’excellents petits magasins marocains ou algériens où la baguette coûte 25 centimes, la viande de bœuf bien fraîche à 4,5 euro jusqu’à 8 euro/kg, tous les légumes de saison se renouvellent etc sans parler de leur accueil chaleureux quand nous parlons français… et il y a la présence de magasins tels que Lidl, Dia, Al Campo (Auchan) où on a une belle palette de prix et de choix également qui ne nous privent pas des produits « du pays ». Sans compter les marchés bien connus en Espagne. (J’espère que nous ne faisons pas du pub, sinon, effacez les noms)

 

 

9- Cote conduite ?

Pas trop de problèmes.  Une propension à brûler les feux rouges (mais là, on est prudents avant de s’engager.)  Comme la vie est plutôt douce, on trouve parfois les gens garés en travers de la route en train de bavarder….. ou s’arrêter de travers dans la rue pour aller chercher un pain

On se gare n’importe ou même en plein carrefour

 

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Surtout, les klaxons !! Quand des employeurs viennent chercher leur personnel, ils sonnent bien haut du « cornet » même si c’est à 6h du matin pour rassembler leurs troupes.  C’est parfois agaçant.  Ce qui nous touche aussi, c’est  une sorte de racisme par rapport à toute cette multitude africaine en mal de travail (les patrons font travailler dans des conditions épouvantables parfois, et il arrive qu’on entende qu’ils ne paient pas. Il y a eu un décès à + de 50° l’année passée…..) Alors on écoute, on parle, et parfois on aide aussi car c’est nécessaire.  Mais nous ne sommes pas la croix rouge.

 On aide aussi à faire leurs démarches pour l’obtention des papiers qui est un vrai parcours du combattant et c’est peu dire. Quand on ouvre les yeux vers l’extérieur, on découvre aussi leur logement, leurs conditions de travail… alors, on est parfois mal. Si l’on voit l’évolution dans le contexte de l’agriculture expansive, on comprendra facilement l’expression « les mers de plastique » et c’est le premier regard que nous avons eu en arrivant, en dehors des palmiers.  Des kilomètres de serres en plastique où beaucoup de personnes triment pour leur survie. (voir progression photo aérienne suivante) Egalement, dans les habitudes culturelles, l’Espagne étant un pays catholique très croyant, il y a beaucoup, beaucoup de fêtes (cela ne nous dérange pas) mais à cette occasion, ils emploient des fusées/pétards jusque très tard dans la nuit (donc très souvent des explosions à tout bout de champ), cela c’est moins gai. Mais bon, on prend les bonnes choses comme les moins bonnes…

tout le blanc qui envahit ce sont les hivernaderos

 

11- L’intégration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’intégrer et de rencontrer toutes sortes de nationalités ?

Pour nous, personnellement, l’intégration est facile. Pas pour d’autres.  Nous connaissons des personnes françaises, belges, espagnoles, anglaises,  donc il n’y a pas de sentiment de solitude, et quand nous nous intéressons aux gens, on n’est jamais vraiment seuls.  S’intégrer à proprement parler, là, je ne sais vous répondre car les espagnols aiment « sortir manger » et ont  plutôt des contacts à l’extérieur de la famille plutôt qu’à l’intérieur. Leur dimanche est sacré et beaucoup de familles sortent « manger » à l’extérieur.  Pour ce qui est de rencontrer toutes sortes de nationalités, comme vous avez pu le lire, nous sommes plutôt gâtés. Là, pas de problèmes. Le problème, c’est plutôt de savoir nous fixer des limites à la pauvreté des immigrés et là, c’est dur, dur…quand nous les connaissons bien. Dur dur aussi d’éviter de sortir beaucoup avec des amis…. On doit respecter un équilibre familial sinon on  est vite débordés.

 

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

On commence à assumer, et nous n’avons pas pris de cours, la langue espagnole étant d’origine latine (si on a fait du latin et on  en a fait), il faut simplement s’imprégner des tournures de phrases. Et puis, côté langues, on n’a pas à se plaindre étant déjà multilingues.

 

13- Decrivez votre rue/cadre de vie (j’aime bien ce detail), votre maison/appart si vous le souhaitez, et s’il y a des particularites (par ex: les logements gigantesques a Dubai, 1 sdb par chambre…)

Notre cadre de vie : 8 mois dans une maison à la montagne (700 m de hauteur), le reste à la ville même (à 2 rues de la plage). A la montagne, nous avons découvert cette tranquillité dont nous avions besoin : nous avons même vu des bouquetins défiler devant chez nous. Et nous nous sommes extasiés devant la diversité de la nature.  Nous ne connaissions pas les plantes méditerranéennes. (celle des montagnes est superbe mais très discrète).  Ici, en bas, ce qui est super, c’est notre logement bien situé à la ville (pas au centre mais pas trop loin non plus).  Tout peut se faire à pied. Il n’y a pas à proximité d’énormes buildings, mais de bons bâtiments (en général de 3 à 5/6 étages)  et ce que nous apprécions le plus, c’est notre terrasse ainsi que les fenêtres qui vont presque jusqu’au plafond (double isolation) : l’hiver est toujours lumineux.  Comme le disait Jacques Brel, nous ne connaissons pas de « ciel si bas qu’un canal s’est noyé »…. C’est en été – juillet/août – qu’il faut un peu peiner car la chaleur y est tout de même importante. Mais alors c’est l’occasion de « piquer du nez » vers la plage.

 

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Très facile.  Tout ici, mer, montagne, parcs naturels, est accessible – 1/2h à 2h de route pour voir de si belles choses. A Almeria, nous avons visité la Alcazaba (château), Au Cabo de Gata (réserve naturelle), de superbes criques, il y a aussi les villages blancs, et puis….. la féria (Séville) que nous allons tester l’année prochaine, Grenade et l’Alhambra, Cordoue et sa Mezquita,  La Sierra Nevada et ses sports d’hiver, etc… Là il faut que je m’arrête, trop de choses à visiter. Et là, je crois que vous avez compris notre amour profond pour tout ce qui nous entoure. C’est vrai que nous avons connu un changement profond dans notre façon de vivre depuis la perte importante du travail de mon mari, mais nous faisons du « recyclage ».  On redécouvre tout ce que la vie peut offrir de beau en parallèle avec la pauvreté.  On s’ouvre vers l’extérieur.

 

15- A quelle fréquence « rentrez »-vous en France ?

 En Belgique, nous sommes rentrés à bonne fréquence (2 ou 3 fois en une année) cause : mariage d’une de nos filles et la famille est nombreuse, visites médicales pointues chez nos spécialistes mais tout cela se fait tellement facilement (les « vols pas cher » nous offrent des voyages à des prix cassés) .

 

16- Avez-vous prévu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

  On devra peut-être rentrer un jour en Belgique (santé, vieillesse ???) mais pour ce qui est de notre part, avant d’en arriver là, laissons passer le temps.  J’aime les voyages, les gens, la chaleur, la diversité…donc, si l’on peut prendre encore quelques bons moments utiles ou personnels, prenons-les. Je dirais : si quelqu’un connaît les moyens d’aller en Asie (pays d’adoption de notre dernière) pour long terme (étant donné notre âge)  j’oserais même être partante, mais il paraît que ce n’est pas possible à long terme, enfin, on verra car le charme de l’asie est indescriptible.

Pas envie de retrouver le ciel gris, la pluie, et les taxes, les conflits politico/linguistiques (qui sont tellement petits par rapport aux besoins essentiels de la vie),  pas envie des agressions, contestations etc.. et la vie chère aussi…..

 

17- Face a quelle mentalité/habitude/défaut francais êtes-vous + clément, avec le recul d’habiter a l’étranger ?

 Je ne sais que vous répondre.  Nous avons quitté le pays par décision d’améliorer notre ordinaire après avoir été franchement trahis, délestés (puisque aucune rétribution – faillite – ni parachute doré……….) et effrayés devant un tel armement procédurier. Prendre du recul est très difficile dans un monde où la justice a plusieurs vitesses.  Mais c’est vrai, avec le temps, nous ne sommes plus écrasés, révoltés, dégoûtés… ma réponse est : laissons faire.   Don Quichotte de la Mancha nous le rappelle.  On ne peut se battre contre le monde entier. Et puis, le pays choisi nous le rend bien.  Prenons les choses avec du recul.

 

18- Quel est le climat ?

Pour l’instant, nous avons encore 21° le midi (11/12/2011) plein soleil, mais cela ne va pas tarder à changer : décembre/janvier/février, il fera moins chaud et + de pluie et beaucoup de vent parfois (on peut aller jusque 5 ou 6 degrés)… et l’été, c’est bien connu : chaud et sec : cela peut dépasser les 35/38°)  Mais avec le réchauffement climatique, cela peut toujours changer. 

 

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

Nous avons pris l’habitude de nous lever tard… et comme beaucoup ici, de profiter des longues soirées chaudes. Les barbecues sur la plage se font parfois collectivement le soir en été après 21h : nous connaissons plein de monde.  Et quand il fait chaud, … on ne dort pas forcément bien trop tôt.  L’habitude d’une bonne « Tapas » aux promenades, et un peu de dolce vita après avoir éduqué 6 enfants. (c’est rare, nous avons trouvé ici d’autres enfants d’autres pays).

 

19- Y-a-t-il de la censure ?

Pas que je sache.  Nous ne suivons pas trop la politique. Je pense que l’Espagne est assez libre.

 

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante »:

C’est mon cas comme celui d’une amie donc bien confirmé :  elle devait faire une densitométrie osseuse et avait reçu un RV à l’hôpital de Poniente : elle s’est retrouvée couchée en position gynéco avec examen « approfondi ».  Commentaire du médecin : on sent bien le col utérin….. Mon amie lui a alors expliqué qu’on lui avait fait l’ablation de ses organes (donc plus de col);  question suivante : depuis quand n’êtes-vous plus réglée ? (plus d’organes ……. Vous en déduisez quoi ?)  enfin, nous sommes ressorties  sans sa  densitométrie en pouffant de rire avec un RV que l’hôpital allait lui confirmer par téléphone  pour sa densitométrie à venir (appel qui s’est fait 8mois plus tard alors qu’elle avait terminé le tout en 2 jours en Belgique).

Même cas chez moi pour une prothèse de hanche…. 3 mois et toujours pas de Radio de contrôle mais j’ai tout de même vu 2 médecins différents…. C’est bien non ?

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ????? (à faire peur) nous n’habitons pas un continent perdu!!

 

21- « De ma fenêtre… je vois » : 

Le cœur.  On se sent bien, où on a envie d’être. Ce n’est pas le cas de tout le monde.  De la luminosité, un regain d’énergie, de la chaleur, de la gentillesse, des plantes à vous donner l’indigestion si vous êtes doigt vert, de la pauvreté tellement triste, si vous ne voulez pas, faites l’aveugle.  En fait, tout un monde ouvert à nos yeux et à notre cœur. L’Andalousie est si captivante. A vous lire d’ailleurs, on irait partout dans le monde!!! Il y a toujours de la place pour les gens ouverts. (attention aux kidnappings).


Surtout mon jardinet. Quelques vues

 ***

Merci pour ce témoignage vraiment ouvert, chaleureux et riche !!  On voit souhaite une retraite heureuse et tranquille, en Espagne ou ailleurs…

La semaine prochaine ? … Je ne sais pas encore !

Je réitère mon appel à la jeune femme qui m’a envoyé un mail pour participer vendredi : il a disparu malencontreusement avant que je puisse retenir votre prénom et que je puisse répondre !!!! Si vous lisez ceci, recontactez-moi !!!!







Martine, les volcans de boue, la fête des femmes et les « covrigi »… à Galati (Roumanie)

17 10 2011

 

Bonjour, je m’appelle Martine, j’ai 45 ans et je suis infirmiere… en disponibilite a duree indeterminee pour suivre mon mari.

Mon mari, Herve, 44 ans, travaille en Roumanie en tant qu’expat‘

Mes enfants : Eloise 5 ans et Eliot 3 ans. Tous les 2 au jardin d’enfants

 

1-Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ?

Nous habitons en Roumanie, a Galati (prononcer galatz), depuis bientôt 2 ans, puisque mon mari est arrive le 1er novembre 2009 et que j’ai debarque avec les 2 enfants le 10 decembre 2009. Galati est une ville industrielle de 300 000 habitants, plutôt moche, sur les bords du Danube, (qui n’est pas bleu, en tout cas, pas ici !), a la frontiere de la Republique Moldave, et a quelques kilometres de l’Ukraine. Nous sommes a moins de 300 km de la capitale, Bucarest, mais il faut environ 4 heures en voiture pour y arriver…

Arrivée à Galati

Herve a un contrat d’expatrie pour 3 ans … lorsque nous sommes partis, tous nos amis nous ont plaint de partir… en Roumanie et se demandaient si c’était une punition… pas du tout, c’était un choix, pris a 2, et nous en sommes ravis!

Nous ne savons pas ou nous irons l’annee prochaine. Nous esperons decouvrir d’autres pays. Nos criteres sont : bien sur, le travail d’Herve, puis, l’education des enfants (ecole francophone ou anglophone) et enfin pour moi, que je puisse me plaire dans le pays, dans la vie de tous les jours.

C’est la 1ere fois que nous partons en famille a l’etranger ; sinon, Herve a fait une partie de ses etudes aux Etats Unis. Quant a moi, j’ai beaucoup bourlingue a travers le monde, en tant que celibataire avec un diplôme d’infirmiere en poche…

 

2-Comment se passe la scolarisation ?

Contrairement a ce que j’ai dit plus haut, les enfants sont scolarises dans une ecole privee roumaine. Ils sont dans une « gradinita », c’est-à-dire jardin d’enfants. Ils parlent donc roumain couramment en quelques semaines…

A Galati, il n’y a pas d’ecole francaise. A Bucarest, il y a un lycee francais et un lycee anglophone. En dehors de la capitale, il n’y en a pas ou tres peu.

Nous sommes tres satisfaits du système scolaire roumain, en tout cas, pour les petites classes. Quand nous sommes arrives en plein mois de decembre, toutes les ecoles publiques etaient completes ; c’est pourquoi nous avons mis nos enfants dans le prive. C’est une ecole tres privilegiee, et tres chere (plus de 200 euros par mois, cantine comprise) : petits effectifs (une quinzaine d’eleves par classe), 2 maitresses par classes, beaucoup d’activites payantes (piano, danse, piscine, sorties culturelles). Normalement, les maternelles commencent a 3 ans mais celle ou nous allons a une partie « creche » et Eliot a commence a 18 mois, dans la section « bebes ». En Roumanie, les maternelles finissent un an plus tard qu’en France, et les eleves rentrent donc a l’ecole a 7 ans.

Les petits roumains font la sieste longtemps. Il n’est pas rare qu’un enfant de 8 ans fasse encore la sieste. Mais les roumains se couchent beaucoup plus tard que nous. (en été, les squares sont pleins jusqu’à 22 heures, voire plus!) Je ne connais pas bien le reste de la scolarite, mais je sais que les eleves ne vont a l’ecole que le matin (primaire et college) ou l’apres midi (lycee). Par contre, les ½ journees peuvent etre tres longues : de 7 heures du matin jusqu’à 12 ou 13 heures, ou alors de 12 heures jusqu’à 19 ou 20 heures ! en fait, ils ont quasiment des journees mais regroupees en ½ journees ! ils ont un peu moins de « petites » vacances qu’en France, mais les grandes vacances plus longues : la rentree se fait le lundi de la semaine du 15 septembre, et la sortie le vendredi de la semaine du 15 juin.

 

3-Vos enfants sont-ils bilingues ?

Eloise et Eliot sont parfaitement bilingues. Ca ne s’entend pas qu’ils sont francais quand ils parlent roumain. Quand ils jouent ensemble, c’est souvent en roumain. Au debut de notre sejour, lorsqu’on m’abordait dans la rue, je ne comprenais pas et Eloise, grace a l’ecole, a tres vite compris. Je lui demandais de me traduire mais elle ne comprenait pas que je ne comprenne pas, et elle repetait en roumain! Maintenant, quand ca arrive, elle traduit.

 

4-Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

Je ne sais pas. je suis chez moi ici, entouree des miens. On y est bien.

 

Folklore roumain 

5-Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalite principalement)

Les horaires de la poste : ca ouvre a de 7 heures a 19 heures du lundi au vendredi et le samedi matin

La fete de la femme, le 8 mars. Tout les hommes offrent des fleurs et autres cadeaux aux femmes. Dans les restaurant, dans la rue, idem. C’est super agreable. Surtout que 8 jours avant, c’est la fete du printemps, « martisor » et que tout le monde s’offre de petits porte bonheur, avec des fils tresses rouge et blanc.

Une autre occasion surprenante de donner/recevoir des fleurs : la rentree des classes. Tous les eleves apportent des fleurs a leur maitresse. Malheureusement, n’est ce pas déjà un debut de corruption ? ( cf question 10)

 

6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

La nourriture est tres rustique, plutôt grasse mais delicieuse. Il y a beaucoup de plat mijotes des heures, genre potee, etc… L’accompagnement de la viande n’est pas des pommes de terre ou des pates mais de la polenta.

A tous les coins de rues, on trouve des « covrigi» chauds en vente sur des stands. Ce sont des sortes de petits pains en forme de couronne, saupoudres de sesame, de graines de pavot, ou d’ amandes. Delicieux et ca ne coute rien ! entre 0.5 lei et 1.2 lei, suivant la grosseur.

Sinon, un repas roumain traditionnel commence par des entrees froides et/ou chaudes, puis une soupe, puis un plat de viande ou poisson avec legumes et polenta, et enfin un dessert. Les entrees sont souvent servies en plateaux avec des tas de specialites dessus, en petites portions tres colorees, a partager entre les convives. Le fromage se mange en entree. Il existe plusieurs sortes de fromage. Ils sont tous beaucoup trop sales! ils sont soit frais genre feta, ou a pate cuite. Le plus connu est le « cascaval » qui ressemble au gouda, et qui existe fume.

Je pense qu’a Bucarest, on peut trouver de tout. Mais il y a une enorme difference entre Bucarest et le reste de la Roumanie. Dans certaines villes, il y a des supermarches francais et on peut alors trouver beaucoup de choses. A Galati, il y a des supermarches allemands, mais pas francais… dommage !

Quelque chose de surprenant, c’est que je suis obligee de faire mes courses pour certains produits comme si c’etait la guerre, c’est-à-dire que je fais de grosses reserves car ensuite, pendant plusieurs mois, je ne vais plus du tout trouver ce produit… le hic est que je ne sais pas sur quel produit il va y avoir rupture de stock ; aussi, j’ai toujours les articles en 5 ou 6 (ou plus) exemplaires… en ce moment, c’est la graine de semoule que je ne trouve pas depuis mars dernier. Avant, c’était le lait de coco qui a disparu pendant 1 an ½ ! Dernierement, ce sont les epinards en branches surgeles qui manquent depuis 3 ou 4 semaines… patience ! J’ai trouve du lapin l’annee derniere ! mais seulement pendant quelques semaines. On trouve depuis quelques jours seulement … du fromage fondu francais, avec un celebre bovide qui sourit sur l’emballage…! Et beaucoup de publicites a la TV pour ce produit la !!!

Le vin roumain est tres bon. Les cepages sont francais. Les etes sont tres chauds et tres ensoleilles, et le resultat est plutôt bien.

 

Mines de sel

Je suis etonnee de la qualite des restaurants. On y mange tres bien et pour pas trop cher: un tres bon repas pour 2, vin compris : 120 lei (=30 euros). Un repas normal pour 2 est facilement a 80 lei (20 euros) et un repas sur le pouce a midi pour quelques lei seulement. Attention, les prix sont beaucoup plus chers a bucarest !

2 problemes au restaurant: le bruit, du a la musique, vraiment beaucoup trop forte (il y a souvent des orchestres live), et la fumee de cigarette. Les roumains fument beaucoup (les cigarettes sont tres bon marche mais je ne connais pas les prix, je ne fume pas), et il n’y a pas forcement de salle non fumeur, ou, quand il y en a une, c’est souvent la petite salle moche, sans fenetre, a cote des toilettes 

Les specialites :

-la mamaliga = polenta

– la tochitura, qui est une sorte de ragout de porc, avec des tas de legumes mijotes, servie avec de la mamaliga

-Le bulz = mamaliga avec beurre, fromage fondu genre gouda (cascaval), creme fraiche et lardons ! (c’est malheureusement delicieux…)

-les sarmale = feuilles de vignes farcies (comme en Grece)

-la salata de vinete = caviar d’aubergines

-enormement de soupes, tres souvent a la viande ou au poisson, avec des legumes en gros morceaux

-Les poivrons farcis

Il y a tres peu de bœuf. Le veau est déjà vieux ; on dirait du bœuf !

Il y a tres peu de poissons de mer mais enormement de poissons de rivieres plus ou moins inconnus en France : carpe, poisson chat, et beaucoup d’autres dont je ne connais pas le nom…c’est tres vaseux, et remplis d’aretes !!! je n’aime pas du tout !

Il y a tres tres peu de fruits de mer,

Les desserts : le point faible. En general trop sucre, trop gras et quand il y a du chocolat, c’est aromatise au « gout rhum » et je trouve ca infect ! on trouve des « papanasi », qui sont des beignets avec de la creme fraiche et de la confiture. Le dessert le plus connu est la « clatita » (= crepe !) Les desserts »lights » n’existent pas. La moindre salade de fruits est servie avec une enorme quantite de chantilly…

 

Le Danube à Galati 

7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

La ciorba de burta = soupe de tripes. C’et absolument delicieux. Herve se regale tant que je ne lui dit pas ce que c’est, et les enfants adorent ca !

 

8- La vie est-elle chere ?

La monnaie est le leu (les lei) appelee encore « ron ». 1 euro =4 lei. Le cout de la vie est entre le meme et 4 fois moins cher que la France. Les matieres premieres : eau, gaz, electricite, petrole sont au meme prix qu’en France. Les produits achetes en grandes surfaces de l’ouest, environ 2 fois moins chers qu’en France et les produits du marche, 4 fois moins cher qu’en France. Quand je suis arrivee en roumanie, la premiere fois que j’ai fait le marche, je me suis dit que c’était les memes prix qu’en France. Puis j’ai realise que je payais en lei, c’est-à-dire 4 fois moins qu’en euros….

Les salaires sont derisoires. Les fonctionnaires sont les moins bien payes. Un prof, apres 10 ans d’anciennete, gagne 1200 lei (300 euros), un ouvrier (10 ans d’anciennete), peut gagner jusqu’ a 1000 lei (250 euros), mais souvent moins, et un ingenieur, a partir de 2000 lei (500 euros)

 

Volcan de boue

9- Cote conduite ?

Les roumains ont oublie ce que c’est qu’une ligne blanche… ils doublent sans aucune visibilite. il faut toujours doubler, ne jamais laisser passer, et aller le plus vite possible. Il est tres dangeureux d’etre pietons, ou pires, cyclistes ! les pietons traversent toujours sur les passages pieton et meme sur ces passages, c’est a leur risques et perils ! quand je suis au volant et que je m’arrete pour laisser passer un pieton, celui-ci se demande ce qui se passe et court !!! quand aux autres voitures qui me suivent, elles klaxonnent furieuses et se faufilent de chaque cote alors qu’il n’y a qu’ une seule voie!

 

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

-La corruption : il y a les gens honnetes, d’une gentillesse extreme, qui se font avoir par les corrompus… c’est assez revoltant ! Quand on voit de belles voitures genre gros 4×4 de marques allemandes, j’ai du mal a croire que les gens au volant sont honnetes… (quand on voit les salaires…). Un autre exemple de corruption ou je serai déjà plus tolerante, quoique : les infirmieres. Elles ne soignent les patients que si elles recoivent des bakchichs ! mais elles sont tellement mal payees (environ 1200 lei =300 euros apres 10 ans d’anciennete)…

-Les chiens errants. La Roumanie en est envahie !

-L’incivisme des roumains… Herve n’était pas d’accord sur ce point avec moi et me disait que dans son travail, les gens sont tres respectueux. En fait, ils sont respectueux de la hierarchie !!!

 

Brasov 

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

Bon, je l’avoue, c’est quand meme plus facile de sortir entre expats, mais je me suis fait des copines au parc, (grace aux enfants) et surtout a la bibliotheque francaise, ou j’ai rencontre presque toutes mes copines roumaines, profs de francais. Par contre, je n’ai pas de copines parmi les mamans des amis des enfants. Peut etre cela vient-il de l’ecole qui est privee et tres chere et les parents sont peut-etre un peu snobinards ?

 

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Oui, j’ai pris des cours car je trouve que c’est tres important de comprendre ce qui se passe autour de moi. Malheureusement, au bout de 9 mois de cours, j’etais encore debutante, faute de pratique, alors, j’ai arrete !!! je ne parle jamais roumain. Soit je parle francais ou anglais avec les autres expats, soit je parle francais avec mes copines roumaines qui parlent toutes parfaitement francais (elles sont souvent profs de francais !).

Les roumains etaient francophiles, mais ca se perd au depend de l’anglais. A Bucarest, tout le monde parle anglais dans les magasins. A Galati, les commercants ne parlent que roumain. Mes cours m’ont appris a me debrouiller a la poste, dans les magasins, au marche….je n’arrive pas a dire tout ce que je veux mais je comprends assez bien.

Le roumain ressemble beaucoup au francais. C’est une langue latine. C’est un melange d’italien, d’espagnol, de portugais, de francais et aussi… de latin ! au debut de mes cours, j’avais l’impression … de parler latin !

 

13- Decrivez votre rue/cadre de vie

Galati est une des villes les plus moches de Roumanie. Elle a été detruite pendant la 2nde guerre mondiale et reconstruite avec des HLM de l’ere communiste. Quand on rentre de vacances, apres avoir visite de tres jolis coins de Roumanie, je ne suis toujours pas habituee a la laideur de cette ville… enfin, j’habite dans le « beau » quartier de Galati. Le quartier regorge de tres belles demeures, classees monuments historiques, mais malheuseusement, plus des ¾ sont laissees a l’abandon, faute de moyens. Du coup, ca enleve beaucoup de charme…

Pour anecdote, une de mes amies habite une banlieue proprette de Montreal et elle dit qu’elle a l’impression d’habiter dans un telefilm americain, je lui dit en riant que j’ai l’impression d’habiter dans un mauvais film sovietique !!!

Environs de Galati

J’habite dans une residence de 2 petits immeubles d’expats. Il y a une tres grande cour et un jardin au fond. Beaucoup de maisons autour ont des jardins ou poussent des legumes. Nous avons meme un voisin avec un poulailler et un coq qui chante vers 4heures du matin… J’ai un bel appart qui fait environ 170m2. Les pieces sont spacieuses, pas tres claires car les fenetres sont assez petites. Heureusement, je n’ai aucun vis-à-vis et j’ai les 4 expositions. Nous avons 3 grandes chambres (entre 20 et 25m2), 3 salles de bain (une est transformee en debarras), une cuisine moyenne, un salon-salle a manger d’environ 40m2 et une grande piece « salle de jeu-chambre d’amis-bureau d’Herve ». Nous sommes une quinzaine d’expats a vivre dans cette residence. La propriete est gardee 24/24h par des gardes, mais ici, beaucoup de maisons privees sont gardees. Pourtant la vie ici n’est pas du tout dangeureuse, je sors toute seule le soir sans aucun probleme.

A Galati, nous sommes une cinquantaine d’expats et nous vivons principalement dans 3 residences. Les 2 autres residences ont une vue superbe sur le Danube, mais le quartier est moins joli. Ce qui est etrange chez les expats de Galati, c’est que peu de famille avec enfants se sont installees. Nous sommes 6 familles seulement. En general, il n’y a que les hommes ; les femmes et les enfants sont restes en France, et les maris font les aller-retours tous les 15 jours environ (la roumanie a vaiment mauvaise reputation…).

Il faut dire qu’avoir des enfants ados a Galati n’est pas pratique puisque c’est cours du CNED quasiment obligatoire car il n’y a pas d’ecole francaise ou anglaise. Sur les 6 familles, nous sommes 4 avec de petits enfants, en maternelle maximum. Si nous devions rester en Roumanie, je crois que j’irai m’installer a Bucarest avec les enfants… mais nous n’avons pas du tout envie de nous separer, alors…

En plus, la plupart des epouses ont arrete de travailler et Galati est une ville avec quand meme pas grand-chose a faire, a part prendre le cafe avec les copines… heureusement que les enfants occupent bien !

 

Station balnéaire de Mamaia

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Il est tres facile de partir en we mais il n’y a malheureusement pas grand-chose a voir aux environs de Galati. Nous habitons dans la region la plus moche de Roumanie ! Une enorme plaine de plus d’une centaine de km, noiratre en hiver, recouverte d’immenses champs de mais ou de tournesol en été. Pas de chance…

Les roumains conduisent tres mal et les routes sont tres mauvaises. Il y a 2 autoroutes d’une centaine de km chacune, qui partent de Bucarest. Sinon, il y a des nationales, pleines de camions. Ce sont des « fausses » 2×2 voies c’est-à-dire que ce sont des 2×1 voie avec une bande d’arret d’urgence de chaque cote, plus etroite qu’une voie, mais qui sert comme une voie. Ce qui fait que quand on veut doubler, il faut empieter sur la voie en sens inverse…sueurs froides garanties ! Puis viennent les departementales, plus ou moins mal entretenues. Et les autres, qui existent sur les cartes mais en realite, se revelent impraticables sauf en 4×4 au debut puis seulement a pied… combien de fois avons-nous rebrousse chemin…

Château de Dracula

On ne parle pas en km mais en heure de route. Le delta du Danube est tres proche (une heure pour arriver aux portes du delta mais ensuite, il faut rester au moins une nuit pour apprecier la magie du delta). Ca se visite ensuite en petit bateau au milieu d’une flore et d’une faune exceptionnelles.

Les volcans de boue de Buzau se trouve a 2heures de route. Assez etrange. Bucarest est a 4 heures, le château de Dracula et Brasov, tres jolie ville se trouve a 5 heures, Sibiu, la plus jolie ville de Roumanie a 8 heures, les pistes de ski a 5 heures environ, les stations de la mer noire a 4 heures minimum, les monasteres de Bucovine sont a 8 heures. Sinon, il y a la Republique Moldave ou l’Ukraine mais le passage des douanes est decourageant (et il n’y a rien a voir !)…Bref, on part de Galati pour des we prolonges, car faire de la route avec les enfants se revelent vite un enfer…

Pendant l’été, nous prenons 15 jours pour visiter la Roumanie et c’est un enchantement. C’est un pays meconnu qui gagne a etre connu. Les paysages sont magnifiques et la population en milieu rurale extrement gentille et serviable. Notre region preferee est le Maramures, au nord du pays (une quinzaine d’heures de chez nous)

 

Les foins dans les Maramures

15- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

1 a 2 fois par an. Nous nous sentons chez nous en Roumanie et n’eprouvons pas le desir de rentrer en France, ou nous n’avons plus d’appartement. On rentre donc une a 2 fois par an pour voir la famille et bien sur, les amis.

 

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

Nous reviendrons en France un jour mais le plus tard possible. Nous trouvons que c’est une grande chance d’habiter a l’etranger, nous essayons d’en profiter un maximum. Nous trouvons que c’est une ouverture d’esprit pour les enfants et nous esperons qu’ils seront toujours curieux de decouvrir de nouveaux pays avec des coutumes et des habitudes de vie differentes.

  

Sibiu

18- Quel est le climat ?

Le climat est continental : glacial en hiver et tres chaud l’été. il n’y a presque pas d’automne ni de printemps, et nous passons en quelques jours de l’hiver a l’été.

Lorsque je suis arrivee le 10 decembre 2009, il a neige 70 cm de neige 5 jours plus tard et il a fait jusqu’à -20° ! c’était tres dur ! Ca a dure des mois ou il n’a pas fait au dessus de -10° et il neigeait presque toutes les semaines, au moins 40cm de neige a chaque fois. Mais c’était un hiver exeptionnel !

L’hiver dernier, il n’a fait que -10° et il a tres peu neige, une vingtaine de cm seulement. L’hiver arrive tard mais traine et le printemps n’est pas beau. L’été arrive enfin et il fait tres chaud. En general, plus de 35°, quelquefois, 40°. Il ne pleut pas beaucoup mais il fait assez humide. L’été s’etire en été indien une bonne partie de l’automne. Puis l’hiver revient brusquemment… et ca recommence.

Une particularite roumaine : le printemps commence le 1er mars, l’été le 1er juin, l’automne, le 1er septembre et l’hiver, le 1er decembre !

  

Monastère de Bucovine

19- Y-a-t-il de la censure ?

Je ne pense pas. Si, sur les tsiganes, ce n’est pas censure mais c’est tabou !!! les roumains detestent les tsiganes.

 

Tsiganes

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante »

-Les barbecues au milieu des HLM aux beaux jours. Les roumains raffolent des barbecues, et n’ayant pas toujours de voiture, les barbecues se font sur le trottoir, au milieu des immeubles ! tout ca avec de la musique a fond…

-Les roumains sont tres frileux et les enfants sont archi couverts. Au printemps, quand il fait plus de 15°, tous les enfants ont encore des bonnets sur la tete ! Un jour, nous etions un long we a Bucarest, il faisait une petite dizaine de degres et j’ai fait la connaissance d’une francaise, au parc. J’ai trouve son fils parmi la bande d’enfants qu’il y avait car c’était le seul avec les miens qui n’avait de bonnet !

 

« De ma fenetre, je vois…. »

La cathedrale orthodoxe. Superbe ! la vue est un peu moins belle en été a cause des feuilles des arbres…

 

 

***

Merci Martine pour ce témoignage (à candidature spontanée !) sur un pays proche de nous mais qu’on connaît très mal…!

***

 Je réitère mon appel, comme un mantra : n’hésitez pas à me contacter pour témoigner vous aussi de votre quotidien, quelque part sur la planète : que vous soyez les doigts de pied dans le sable ou dans la neige, la tête sous un bonnet ou sous un palmier, faites-nous découvrir votre vie de tous les jours !

 

C’est par ici : mariegervais2004 @ yahoo.fr  

 

 





Blandine, le poulpe bouilli, le catalan et le « xafogor »… à Barcelone (Espagne)

10 10 2011

Je m’appelle Blandine, j’ai 29 ans et travaille dans l’édition.

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en durée indéterminée…) Est-ce la première fois que vous vivez à l’étranger ?

J’habite à Barcelone depuis 9 ans. Je suis partie en septembre 2002 pour une année d’études à l’étranger (non pas un Erasmus, car j’étais inscrite sur place), j’y ai finalement fini mes études et y ai commencé à travailler, il y a maintenant 6 ans. C’est la première fois que je vis à l’étranger, même si maintenant je suis chez moi, l’étranger serait presque la France.

2- Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des écoles françaises ?

Même si je n’ai pas d’enfants, je pense que la réponse est importante. À Barcelone, il y a deux écoles françaises : le Lycée Français de Barcelone et l’École Ferdinand de Lesseps (maternelle et primaire uniquement). Le LFB est en chute libre, le changement de direction l’année dernière aidera peut-être à remonter le niveau et éviter de nouvelles malversations financières… Dans les alentours de Barcelone, il y a aussi le collège Bon Soleil qui va jusqu’en troisième.

À part ça, on trouve les écoles allemandes, suisses, italiennes, américaines, japonaises, anglaises… il y en a pour tous les goûts.

Par contre l’école publique et l’école privée sous contrat (concertada) enseignent en catalan (sauf les cours d’espagnol qui sont donnés dans cette langue), c’est actuellement l’objet d’une polémique qui selon moi n’a pas lieu d’être (afin de supprimer/réduire l’enseignement en catalan). Les élèves parlent couramment catalan et espagnol et ont un niveau d’espagnol supérieur à la moyenne étatique même si le catalan est la langue de communication au sein des établissements.

3- Vos enfants sont-ils bilingues ?

Là pour le coup, je ne peux pas répondre! Mais si je vis à Barcelone, mes enfants seront trilingues, environnement oblige!

 

Montjuic

4- Qu’est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

Je suis chez moi! Je suis arrivée à Barcelone quelques jours avant de souffler mes 20 bougies, ma vie « d’adulte » s’est déroulée ici et par conséquent, c’est ici que je me sens chez moi.

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ?

  Une qualité de vie (à première vue, attention), une société un peu moins stressée que la parisienne (des fois un peu trop cool!), un mode de vie plus tourné sur l’extérieur. Par exemple, les gens ne s’invitent pas chez eux mais au restaurant, il est tout à fait normal d’aller prendre un café/bière après le travail avec les collègues ou de retrouver les copains avant de rentrer chez soi (valide aussi pour les personnes ayant des enfants, ce qui peut être un peu surprenant au premier abord).

6-Coté alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

Je ne vis qu’à 150 km de Perpignan, les différences sont quand même limitées! Mais on importe et exporte:

les coquillettes, la grenadine et les échalotes hachées et séchées de D*cros! (de France vers Barcelone)

des petits gâteaux, de la pâte de coing, du lomo (échine de porc fumé), du manchego (fromage de brebis) (de Barcelone vers la France)

Ce n’est pas très facile de trouver de la viande de boeuf comme on l’entend. À part ça, je mange beaucoup plus de fruits de mer qu’à Paris et certains que je n’osais pas auparavant (mmm, pulpo a la gallega! (poulpe bouilli? à la galicienne).

La cuisine catalane est délicieuse sans pour autant être compliquée. Par exemple, l’escalivada n’est rien d’autre que de l’aubergine, de l’oignon et du poivron cuits au four, tout simple mais délicieux avec un filet d’huile.

 

Parc Güell

7- Y a-t-il des plats typiques « étranges » ?

Ce sont plus des mélanges surprenants que des plats étranges, par exemple Sipia amb albondigues soit de la seiche avec des boulettes de viande, ou la Mar i Muntanya, paella avec du lapin et des fruits de mer.

8- La vie est-elle chère ?

Pour les locaux, la vie est chère. Pour donner un ordre d’idée pour 40m2 (une chambre et un salon), je paie la moitié de mon salaire… Inconcevable en France où dans ces conditions on ne m’aurait pas loué l’appart. Un ticket de métro coûte 1,45 euro (à Paris, 1,7) mais le Smic arrive tout juste à 600 euros… Barcelone est un monde à part, c’est une « capitale » avec des prix de capitale.

9- Cote conduite ?

Je n’ai pas de voiture, mais j’aurai tendance à dire, que c’est à peu près la même chose qu’en France. Par contre, les plaques étrangères sont généralement pas mal klaxonnées. 

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Ouh là, on rentre dans un sujet délicat. J’ai beaucoup de mal avec l’autoodi! (la haine de soi) dont souffrent beaucoup de catalans, ils sont partagés entre l’orgueil et la honte d’être catalan.

Le manque de politesse me choque encore. Bonjour, au revoir, s’il vous plaît, merci, pardon??? semblent être des mots peu présents dans le vocabulaire (je généralise beaucoup!)

J’ai aussi beaucoup de mal avec les gens qui crient (mais quitte à me faire insulter, j’aurai tendance à dire que c’est un trait généralement du sud de l’Espagne et pas propre de la Catalogne).

 

Sagrada Familia

11- L’intégration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’intégrer et de rencontrer toutes sortes de nationalités ?

Je parle catalan couramment donc je suis complètement intégrée (modestie à part). Les expat’ français dont les enfants sont au LFB vivent certainement un communautarisme plus fort, que ceux dont les enfants sont à l’école publique!

En fait, vu que je suis considérée comme catalane par les locaux, j’ai un peu de mal à répondre à la question objectivement.

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

  Je parle couramment castillan et catalan, même si par conviction, je ne parle que catalan. J’ai juste pris des cours pour préparer le concours du Niveau D (niveau d’études universitaires de catalan) auquel je n’ai pas osé me présenter et je n’ai que le niveau C (niveau acquis par les élèves passant leur bac). J’ai appris sur le tas et par moi-même. Le catalan est une langue plus proche du français que le castillan.

13- Décrivez votre rue/cadre de vie

J’habite à Gràcia en plein centre de Barcelone, c’est un quartier qui a encore une âme de village, il a été annexé en 1897. Ce sont des petites rues et des places, c’est très convivial. 

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses à visiter aux alentours ?

Mes week-ends sont généralement bien occupés que ce soit sur Barcelone ou ailleurs pour une raison X ou Y (généralement dûe à la politique). Mais j’essaie de m’échapper au moins une fois par mois chez mes amis qui habitent à Figueras, Vic ou Minorque. Sinon, il y a tellement de choses à voir en Catalogne que je n’ai jamais ressenti le besoin de passer la « frontière », je n’ai toujours pas fait le tour de la Catalogne! Mer ou montagne, ville ou campagne… Je découvre encore des merveilles à Barcelone, un détail sur une facade, une petite rue, une porte entrouverte sur un patio…

 

Casa Battlo

15- A quelle fréquence « rentrez »-vous en France ?

Je vais en France entre 3 et 4 fois par an, en fonction des événements (anniversaire important, Noël, Pâques…) Cette année je bats des records, j’en suis déjà à 4 passages (mais mes parents ont eu la bonne idée de faire 30 ans de mariage et mon père 60… deux week-end obligatoires).

16- Avez-vous prévu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne pas envie de revenir habiter en France ?

Pas de retour prévu, je ne dis pas non, mais ce n’est absolument pas dans mes plans. Sincèrement, je crois que je devrai tout recommencer à 0 ou presque, je ne sais absolument pas comment fonctionne l’administration française, je n’ai pas de carte vitale ni rien de ce genre…

Je dirai que ce qui me donne envie de rester ici, c’est plutôt que ici j’ai ma vie, mes amis, mes loisirs, mes engagements politiques, mon travail… et jusqu’à il y a peu j’y avais même une partie de ma famille (qui était expatriée). Et finalement si j’habitais à Perpignan, je mettrai autant de temps que depuis Barcelone pour rentrer voir mes parents…

17- Face a quelle mentalité/habitude/défaut français êtes-vous + clément, avec le recul d’habiter a l’étranger ?

Aucun! Ma vision n’a que très peu changée. Je continue de croire que les français (mais c’est valable aussi pour les espagnols) en général, ne sont pas trop au courant de ce qui se passe hors de leurs frontières et c’est dommage. Je salue quand même la démocratie française et l’éducation civique des français.

18- Quel est le climat ?

7-8º l’hiver et 30º l’été avec un « xafogor », soit un taux d’humidité très élevé faisant que la sensation thermique soit supérieur de 5 à 8º à ce qu’indique le thermomètre. En ce moment, c’est un peu n’importe quoi et on alterne des matins très frais (14º) à des midis très (trop?) chauds (30º). En rajoutant à cela une clim’ à 20º au bureau, c’est l’époque des gros rhumes!

 

Parc Güell #2

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes françaises ?)

À part les horaires du soir que je maintiens le plus possible français (si je suis chez moi, ce qui est rare, j’essaie de diner au plus tard à 20h30, coucher 22h30/23h), je vis à la catalane. Déjeuner à 14h (pas trop le choix,  imposé au bureau), sortir dîner à 21h au plus tôt, prendre un verre à 23h…

Je suis pas très fan, mais c’est difficile de ne pas faire avec.

J’ai aussi un peu de mal avec la scatologie catalane mais bon, c’est comme tout on s’y fait. Dans la crèche, on trouvera le caganer qui est censé porter l’abondance (il adobe la terre, non?) et le cagatio (un tronc en bois que l’on tape pour qu’il donne des cadeaux aux enfants, le père noël n’étant pas du tout présent dans le traditionnel catalan, mais s’est imposé par la télé).

19- Y-a-t-il de la censure ?

Aaaah, la question piège, je pense que les gens vous diraient que non, mais vu que je la subis tous les jours, j’aurai tendance à dire que oui. En fait, les partis politiques au pouvoir contrôlent les médias, limitant au possible la parution des petits partis (tel que le mien) dans la presse (subventionnée) ou la télé publique catalane.

Il est important de contraster n’importe quelle information reçue pour savoir de quoi il en retourne réellement.

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « dépaysante »

Rien ne me vient! J’ai oublié ce qu’était la nouveauté et le dépaysement!

***

« De ma fenêtre, je vois…. » : 

Rien de pertinent! Mais la vue depuis mon bureau (au 15ème étage) est quand même bien plus intéressante que de la fenêtre de mon salon donc voici :

La Torre Agbar, Montjuïc et le Museu Nacional d’Art de Catalunya (au fond au centre en tout petit, c’est à l’autre bout de la ville)

Je ne suis pas en prison, les verticales sont les volets qui bougent en fonction du soleil, tant de vitres, c’est bien gentil mais ça fait de méchants reflets sur les écrans !

Nous avons des vitres sur 3 côtés donc ça dépend où je regarde (derrière moi, j’ai la mer, en diagonal la Sagrada Família et le Tibidabo, mais les volets sont fermés donc pas de photo).

 

 ***

 Doublement merci Blandine : pour nous faire découvrir cette ville si attirante (merci « L’auberge espagnole » et « Vicky, Cristina, Barcelona » :)), et pour avoir envoyé cette candidature spontanée au bon moment !

Donc, si vous, oui, VOUS, là, souhaitez comme Thomas et Blandine participer, n’attendez plus pour m’envoyer un petit mail si vous souhaitez le questionnaire, sinon sentez-vous libre de témoigner comme vous le souhaitez !

C’est par ici : mariegervais2004 at yahoo.fr !





Une Française à Oslo

1 08 2011

Une fois n’est pas coutume, en fonction de l’actualité j’ai bousculé un peu ma programmation :

Il y a quelques mois, Alexandra avait témoigné de sa vie à Oslo (voir par ici).

Il y a quelques jours, travaillant à proximité, elle a senti les secousses de la déflagration et a vu autour d’elle les gens pleurer un blessé ou une victime.

La Norvège est un petit pays, tout petit pays dans lequel la jeunesse est choyée et considérée comme une priorité du gouvernement.

Elle a écrit sur son blog un texte sur les récents évènements, où elle donne son témoignage et sa vision, celui d’une Française à Oslo :

Clic sur l’image pour lire le message sur le blog d’Alexandra

 





Charlotte, les gaufres, le ciel et les 12 travaux d’Astérix… à Bruxelles (Belgique)

25 07 2011

Nous sommes arrives a Bruxelles a 2, mon mari et moi et nous en sommes repartis a 3, notre fille etant nee la bas.

 

1. Nous sommes restes pres de 3 ans et demi a Bruxelles entre 2007 et 2010. Nous y sommes arrives un peu par hasard mais tres contents, mon mari ayant trouve un poste la bas en contrat local. J’ai mis 3 mois a trouver un emploi dans ma branche, en contrat local egalement. Ce n’etait pas notre premiere experience de vie a l’etranger mais la premiere en etant reellement « poses ». Nous avions chacun eu des experiences de plusieurs mois en Amerique du Nord lors de nos etudes et revenions d’Australie ou nous avions passe un an avec un Working Holiday Visa. (Finalement, la ou nous habitons aujourd’hui)

 

2. Notre fille etant nee au milieu de notre sejour la bas, elle n’a pas connu l’ecole mais uniquement la creche, qui est tres arbordable et ou finalement, on peut toujours trouver une place.

Cependant, l’ecole est un sujet qui tient a coeur en Belgique et particulierement a Bruxelles ou la population est tres multiculturelle.

Bruxelles est une enclave bilingue en pays flamand, il y a donc des ecoles francophones et/ou neerlandophones, publics, privees, religieuses, des ecoles « europeennes », « anglaise », un lycee francais, des tas de pedagogies differentes, Montessori, Decroly, Steiner pedagogie dite active…Bref il y a du choix mais les listes d’attentes peuvent etre tres longues.

Notre fille etait en creche francophone mais dans un milieu tres multiculturel ou elle entendait frequemment du neerlandais.

 

4.  Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

En tout cas, pas le climat.. mais tout le reste oui! La facilitite d’acces, les parcs a profusion dans le centre ou pas loin, les sorties culturelles, les prix raisonnables, le fait qu’on y parle francais j’imagine aussi.. meme si on se sent vraiment dans un autre pays…Les belges sont vraiment sympathiques et plutot ouverts, des qu’on evite le sujet qui fache wallons-flamands.

 

5. Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? 

Une certaine ouverture d’esprit peut-être liée aux multiples rencontres cosmopolites amicales ou professionnelles.

 

6.  Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

C’est un pays terrible pour le regime. Entre le chocolat belge, les gaufres (liegeoises ou bruxelloises), les frites, les carbonnades flamandes, Americain (nom belge pour le steak tartare) sans oublier la tres bonne biere, bref. c’est au moins 3 kg la premiere annee.. Et puis apres on se calme. Nous adorions la cuisine flamande.

Ce que nous ne trouvions pas ou plus difficilement : le bon pain dans notre quartier. Le bon fromage etait aussi tres cher et on le trouvait plus facilement dans les quartiers d’expatries (donc au prix d’expatrie).

 

7. Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

Pas vraiment, sauf si on considere que l’Americain dans un sandwich est un plat etrange.

 

8.  La vie est-elle chere ?

Globalement la vie est moins chere qu’en France, les salaires peuvent l’etre aussi. Les loyers sont beaucoup moins chers que Paris.

Certaines choses sont plus cheres qu’en France, comme les assurances, la sante, les produits menagers, internet et le telephone. (Les premieres offres Triple play arrivaient seulement lorsque nous sommes partis en 2010 a 60e par mois) D’autres au contraire sont bien moins cheres comme les sorties, l’essence, les cigarettes, les meubles. Au final, on s’y retrouve completement.

 

9. Cote conduite ?

Euh question joker? Nous trouvions (mais c’est tres personnel) que les gens conduisaient moins bien qu’en France. Sans doute a cause du permis qui ne se passe pas pareil et est moins strict. Par exemple, il nous arrivait de regarder de notre fenetre, quelqu’un mettre 10 min a garer sa mini la ou un mini bus pouvait le faire. (mais nous sommes moqueurs….).

D »un autre cote, il y a beaucoup de trafic, de densite et de voitures (la voiture de fonction fait tres souvent partie du package salarial.) et donc ca roule moins vite. Il y a donc beaucoup de petits accidents type accrochages, mais moins d’accidents tres graves comme en France.

 

Autre point, la signalisation…Souvent visible au dernier moment ou juste apres la sortie… ahem…Et sinon, des qu’on sort de Bruxelles, nous sommes en pays flamand et les noms de villes peuvent etre differents et pas traduits…Il peut etre utile de se renseigner avant sur le nom flamand meme d’une ville en Wallonie.

 

10.  Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

Ce qui nous agacait le plus :

– L’administration inefficace et ubuesque. Pouvait vite ressembler aux 12 travaux d’Asterix. Cela est principalement du a toutes les strates : communale, regionale, federale.

– Les taxes, contrairement a ce que beaucoup croient, la Belgique est un pays ou les salaires sont tres taxes, environ 50 %, voire 60% sur bonus et primes diverses (les conges payes payes par exemple…).Pour profiter d’un status fiscal interessant, ils faut etre deja riche et investir ou etre son propre employe. Du coup, il y a aussi pas mal de « black ».

– la quasi inexistance des distributeurs de billets par rapport a la france…C’est tres agacant, surtout quand au bout de 3 vides, on en trouve un qui n’accepte pas les cartes visa par ex.. C’est un challenge le week end de trouver du cash dans certains quartiers. Par contre, le systeme du cash out existe dans les supermarches. Comme en Allemagne on s’habitue a faire des gros retraits et trimballer tout un tas de billets.

– la proprete : le ramassage des poubelles, en tout cas dans notre quartier et dans le centre, pouvait parfois laisser a desirer. Il n’etait pas rare de voir des sacs poubelles oublies que personne ne venait ramasser pendant une semaine…et surtout les crottes de chiens. On pouvait lecher le trottoir parisien compare au trottoir de Bruxelles. Infernal. (surtout avec une petite de pres de 2 ans qui se roule par terre.)

– une certaine forme de petite delinquance. Il n’etait pas rare de retrouver sa voiture la vitre cassee le matin alors qu’il n y avait rien d’apparent…(d’ou les assurances voitures plus cheres). Ma boss s’est fait agressee trois fois a un feu rouge dans sa voiture, ils ont casse la vitre et tente de prendre son sac (ou pas quand il n’ y a rien mais le choc est la….). Ca nous agacait beaucoup a la fin. (attention sujet sensible…j’attends les commentaires…)

 

11.L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

Oui et Non, la langue fait que, oui c’est facile de trouver des gens a qui parler, se faire comprendre pour tout etc etc. Le fait que la communaute etrangere soit importante fait qu’il est facile de faire des rencontres … d’etrangers.

 

Communautarisme oui et non. Entre wallons et flamands cela peut etre la guerre donc je dirais oui. Mais par contre en tant que francais nous n’en avons jamais souffert. Nous avions des collegues/copains flamands et wallons (et anglais et francais et…).

 

12.Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Donc pour le francais, ca c’etait fait. Il a juste fallu s’habituer au septante et nonante et quelques expressions pour etre dans le moule. Comme dit precedemment, Bruxelles est bilingue officiellement francais-flamand mais a 80% francophone. La deuxieme langue parlee a Bruxelles est l’anglais a cause/grace aux institutions europeennes.

 

Mon mari travaillait dans une boite anglaise, il n’a jamais eu besoin d’apprendre le flamand. (sauf pour papoter avec les collegues mais souvent, les gens sont tres respectueux et switch tres vite dans une langue commune pour ne pas exclure. )

 

J’ai pris des cours de flamand dans le cadre de mon boulot meme si je n’en avais pas vraiment besoin (surtout anglais/francais), plus par correction vis a vis de mes collegues. Mais du coup, je ne m’en suis jamais vraiment servie et je l’ai vite oublie.

 

En general, les belges travaillant a Bruxelles qu’ils soient francophones ou neerlandophones sont souvent totalement trilingues – francais, neerlandais, anglais.

Pour l’administration a Bruxelles, on peut choisir la langue dans laquelle on veut recevoir les documents, et tres souvent, cela est egalement disponible en anglais.

13. Decrivez votre rue/cadre de vie 

Comme precise plus haut, les apparts sont moins chers que Paris pour un standing bien meilleur. (les cuisines sont quasiment tout le temps equipees avec du materiel de qualite). Pour donner une idee, nous habitions un 3 chambres, 2 salles de bain, en duplex, neuf dans une maison historique du 17eme pour 900e par mois dans un quartier « gentrifie ».

 

Nous habitions le quartier des Marolles, populaire la semaine, bobo le week end, a 10 min a pied du Manneken Pis et de la grand place et 10 min de la Gare du Midi. Quartiers d’antiquaires et de brocanteurs ou tout etait ouvert le dimanche. Nous adorions notre quartier. (ou nous sommes arrives completement par hasard)

 

14. – Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Oui il est tres tres facile de partir en week end, la Belgique etant un petit pays. (Cela etant dit, eviter la route de la plage les weeks de beau-temps, le trafic est impressionnant). 1h20 de Paris en Thalys, 2h de Londres en Eurostar, les Pays Bas et l’Allemagne pas beaucoup plus loin. La Belgique regorge de jolies villes, Gand, Anvers, Liege…Les Ardennes pour un peu de nature (il y a meme une piste de ski!!!). Et Bruxelles regorge aussi de parcs et est entouree de forets, donc on peut passer aussi un week end au vert en restant a la maison…

Bruxelles c’est aussi un aeroport international et a 1h de route environ, Charleroi, pour les low-costs.

 

15. A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

Particularite pour nous, notre famille habite en France a 1h de Bruxelles. Nous rentrions donc tres frequemment, en moyenne, 1 fois par mois que ce soit chez nos parents ou pour voir des amis ou pour partir en week end. Cela etait aussi tres pratique quand notre fille etait malade, 1h de route et nos parents pouvaient s’en occuper (ce qui est beaucoup plus difficile la ou nous sommes aujourd’hui…)

 

16. Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

La vie change si vite que nous ne dirons jamais jamais. Nous sommes bien a l’etranger pour l’instant. Nous aimons notre pays mais ce qui nous ne nous donne pas envie de rentrer en France est le rythme de travail que nous y avions, le climat, et surtout les perpetuels mecontents qui ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont d’etre ne/d’habiter dans un pays comme la France.

 

17. Face a quelle mentalite/habitude/defaut francais etes-vous + clement, avec le recul d’habiter a l’etranger ?

De facon contradictoire, le fait de raler? ;-)) Nous nous rendons compte que nous ralons toujours beaucoup… mais cela ne nous rend pas plus clements je pense, c’est juste qu’on prend plus de recul sur nous.

 

18. Quel est le climat ?

Comme le nord de la France, souvent gris, un peu de pluie, plutot frais. (rarement plus de 25 en ete) Parfois tres beau et souvent plutot moche. Nous avons eu beaucoup de neige 3 hivers sur les 4 passes a Bruxelles. Je ne sais pas si c’est le climat et la localisation geographique exacte, mais je trouvais les cieux magnifiques avec des couleurs incroyables.

 

19. Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

Nous avions garde notre habitude de manger tard le soir (apres 20h) quand les belges mangent plutot vers 18h. Et aussi de nous coucher plus tard…

 

Les serres de Laeken

20. Y-a-t-il de la censure ?

Non pas de censure, meme la famille royale est assez exposee. Je dirais meme au contraire. Beaucoup d’ironie dans la presse. Il est vrai que parfois, il vaut mieux rire de la situation politique que d’en pleurer.

 

21. Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » ;)

Anecdote depaysante mais un peu agacante. A Bruxelles (et en Belgique) la dame pipi est de rigueur… Et pas seulement dans les bars, mais partout, par ex, au cinema, au MacDo, au Quick…Preparez votre monnaie….(avoir une petite vessie et boire trop de biere peut vous couter cher…)

 

De ma fenêtre, je vois :

Le palais de justice

Des levers de soleil :

Merci Charlotte !

On attend maintenant le témoignage sur l’Australie 🙂

***

Je vous laisse avec Charlotte pour les vacances (quoi ? C’est pas exotique la Belgique pour les vacances ?), et je vous retrouve à la rentrée !

Si entre-temps vous voulez témoigner, envoyez-moi un mail : mariegervais2004 @ yahoo.fr (sans espaces évidemment)





Céline, les grosses voitures, les saucisses et les pantoufles au bureau…. à Stuttgart (Baden Württemberg, Allemagne)

13 06 2011

Céline, 29 ans, je vis depuis avril 2010 à Stuttgart en Allemagne avec mon compagnon, nous n’avons pas d’enfant. Stuttgart pour ceux qui ne situe pas c’est la ville située entre Strasbourg et Munich, le chef-lieu du Land le plus riche d’Allemagne j’ai nommé le Baden Württemberg et le siège de Daimler/Mercedes, Porsche et Bosch. Une très grosse ville industrielle donc.

Je suis originaire du Sud-Ouest. Donc si pour beaucoup de français l’Allemagne est la porte à côté, pour moi c’est partir à 1200km. Autant dire que je vis souvent le choc culturel nord vs sud (méditerranéen) et que même si ce n’est pas la Chine l’Allemagne peut se révéler très surprenante.

Fernseheturm, le symbole de la ville

Rathaus, la mairie très moderne

1-Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? Est-ce la première fois que vous vivez à l’étranger ?

Nous sommes en Allemagne depuis 1 an déjà, envoyés par l’entreprise de mon compagnon et pour une durée inconnue. Ce n’est pas la première fois puisque j’ai déjà vécu 5 mois à Dresde (en Allemagne de l’Est) en tant qu’étudiante Erasmus puis 18 mois dans le Grand Londres pour des raisons professionnelles.

Pour mes deux premières expatriations, je suis partie à « l’aventure ». C’est à dire que je suis partie toute seule, sans connaître personne sur place ni sans savoir où j’allais ! Je n’étais pas non plus accompagnée par une entreprise, je suis partie dans le cadre de mes études puis en contrat local.

Cette expatriation est pour moi complètement différente, parce que nous sommes deux et que nous avons été très bien entouré par l’entreprise de mon compagnon. En fait je trouve que même si les gens dans les cadres précédents ont toujours été très chaleureux, le fait d’être à deux (que ce soit en couple ou avec des amis) facilite grandement les choses !

Parc à Stuttgart

2-Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des écoles françaises ? Y avez-vous mis vos enfants ou au contraire avez-vous opte pour le système anglais (ou autre) ? Avez-vous accès à d’autres pédagogies ?

Nous n’avons pas d’enfant. Je sais qu’il y a une école maternelle et une école primaire françaises à Stuttgart ainsi qu’un collège ou lycée international mais je ne saurais en dire plus. Il y a beaucoup d’américains dans la région parce qu’il y a une grosse base américaine. Donc je pense qu’il y a aussi certainement des écoles américaines ou au moins anglophones. Cela étant l’école allemande doit aussi être très bien !

3-Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Les allemands sont très fiers d’eux-mêmes et notamment les Souabes (Swäbische), la région dans laquelle on est. C’est parfois usant de les voir s’auto congratuler de leur succès intra régional. Quand on sait que le grand énergéticien de la région EnBW, qui appartenait en partie à EDF, a été racheté par le Land parce qu’ils ne voulaient pas que leur champion électrique appartienne à des étrangers, on peut se poser des questions quand même (oui les français sont considérés comme des étrangers).

En fait, le Baden-Württemberg est composé de la région Swäbisch et Badisch. Ils sont séparés par la forêt noire. Ils ont chacun leur dialecte et c’est comme une insulte de les confondre (un peu comme la Bretagne et la Normandie mais en beaucoup plus prononcé). La région est très connue pour son vin, du coup dans le supermarché de Stuttgart on trouve les vins Swäbisch dans les vins régionaux et les vins Badisch dans les vins étrangers.

Musée Mercedes-Benz

Porsche

Ce qui me dérange le plus ici, c’est la place des femmes. En fait la plupart des femmes sont à la maison, comprendre mère au foyer. Les crèches ne prennent que très rarement les enfants avant 1 an et souvent uniquement jusqu’à 14h. Il en va de même pour l’école puisque celle-ci finit à 12-13h. L’image de la mère qui travaille étant forcément une mauvaise mère est très ancrée dans les mentalités, ainsi que l’image qu’une famille nombreuse est une famille à problème.

En tant que femme ingénieure j’ai trouvé ça assez compliqué de trouver du travail. Dans les services techniques, on voit rarement des femmes (en fait en général ce sont uniquement les secrétaires). D’ailleurs la plupart des femmes ingénieurs sont des étrangères (française, polonaise, russe). Je sais que le constat n’est pas parfait en France non plus. Mais j’ai toujours vu au moins 10% de femmes dans tous les services. Ici il y a des services entiers (des services de 200 personnes ou plus, hein) avec 0 femme. C’est vraiment très étrange. Et du coup les hommes n’ont pas du tout l’habitude de travailler avec des femmes.

Petite anecdote à ce sujet : dans l’entreprise de mon compagnon, il y avait un service qui s’occupait de relation internationale technique, il y avait quelques femmes du coup (oui des étrangères !). Un jour un de ses collègues s’est étonné en disant que dans ce service il y avait beaucoup de secrétaires… Ne paniquons pas nous sommes bien en 2011, mais en Allemagne ! En 2010 en Allemagne, on en est encore à expliquer ce qu’est une crèche (un endroit où on peut laisser ses enfants pour aller travailler donc) et qu’il y a des femmes qui arrivent à avoir des enfants ET un travail. Quand je suis sortie de l’école, ce n’est pas le genre de questions que je me posais et que j’aurais imaginé me poser. Ici c’est un sujet assez commun.

Heureusement grâce au manque de main d’œuvre, les allemands sont en train de se dire qu’il va falloir que les femmes aillent travailler. Dans le Baden-Württemberg, il y a 2% de chômage. Les entreprises ont beaucoup de difficultés pour trouver des employés.

Par contre aussi étonnant que cela puisse paraître, ce sont des mentalités que je n’avais pas du tout rencontré en Allemagne de l’Est. Là bas c’est plutôt le contraire : les familles ont 2/3 enfants et les femmes travaillent. En fait il y a un grand fossé entre les deux Allemagnes.

4-Qu’est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

Après la vie parisienne on peut dire que la vie professionnelle ici est vraiment très agréable. On fait nos heures et c’est tout. Personne ne nous regarde étrangement et tout le monde comprend que oui, il y a 5 semaines dans l’année où on sera en vacances, qu’il est possible que l’on soit malade et que le soir, on a une vie familiale. Un peu comme en Angleterre mais beaucoup plus poussé.

En Allemagne quand on est malade, on reste chez soi et on est payés dès le premier jour. Pas besoin de justificatif de son médecin avant 3 jours. Du coup, en hiver, personne ne tousse ou se mouche.

Parc à Stuttgart

5-Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ?

Avant de venir vivre ici j’avais entendu beaucoup de gens dire que les allemands sont des gens très francs et directs. Honnêtement autant en Allemagne de l’Est (Dresde) qu’en Allemagne de l’Ouest (Stuttgart), je trouve que c’est plutôt le contraire (bien sûr il y a toujours des exceptions). Au travail beaucoup de gens se vouvoient et s’appellent Monsieur ou Madame X. Cela peut paraître vieillot au premier abord, mais je trouve que c’est une grande marque de respect. Ici les gens sont très respectueux et font attention à ne pas nous vexer.

A Stuttgart, il n’y a très peu de criminalité. Par exemple, une fois on avait oublié de fermer la fenêtre de la voiture. Elle est restée garée dans la rue en plein centre ville pendant tout le week end, et il ne lui est rien arrivé. Je trouve que dans le quotidien c’est vraiment très agréable et reposant. On ne passe pas trop son temps à se prendre la tête à savoir si on a la bonne plaque d’immatriculation ou si on peut laisser trainer un truc dans la voiture (même si je ne le fais jamais). De même, on nous a cassé deux fois le pare-choc dans la rue et les deux fois la personne avait laissé un mot pour qu’on les recontacte. Assez étonnant 

L’écriture gothique

6-Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il quelque chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

Adorer, heu. On ne va pas exagérer non plus. Même s’il y a beaucoup de spécialités culinaires dans la région (Swäbisch) et que celles-ci sont plutôt bonnes, je vais pas non plus dire que je les trouve succulentes ! Dans la région il y a les Maultaschen (des espèces de raviolis en beaucoup plus gros et avec un mélange de légumes à l’intérieur) et puis les Spätzle (des « pâtes »). Ce sont les deux spécialités les plus connues de la région. Les Swäbische mangent tout avec beaucoup de sauce aussi et souvent panés (oui les côte de porc se panent aussi dans la friteuse, où ça un problème ?).

Côté alimentaire ce qui me manque c’est la viande de qualité et le choix de viande. On ne trouve pas partout du poisson frais, du canard, du veau de l’agneau ou un poulet entier. Quant à la viande que l’on trouve partout : du porc, de la dinde, du bœuf et du poulet, il n’y a pas de choix de morceau : les schnitzel pour le porc, le blanc pour le poulet et la dinde et puis la viande hachée (souvent mélangé avec du porc) pour le bœuf. Pour nous c’est mission impossible pour trouver un poulet entier ou un steak de bœuf ou les autres viandes.

D’ailleurs quand il arrive qu’on en trouve, c’est souvent plutôt mauvais.

Biergarten à Stuttgart

7-Y a-t-il des plats typiques « étranges » ?

Saucisses, charcuterie. Dis comme ça on ne dirait pas que c’est étrange, mais venez voir un étal chez le charcutier ou au supermarché et vous comprendrez. Entre le pâté dans espèce de tube en plastique où il faut pousser et la viande crue en salade, ce n’est pas très ragoûtant.

Les fameux burger à la viande de porc uniquement, c’est assez mauvais aussi. Un conseil en Allemagne : demandez toujours avec quelle viande est fait le burger. Pour un allemand, la viande hachée c’est un mix porc/bœuf et pour eux rien d’anormal !

8-La vie est-elle chère ?

Après London et Paris, pas du tout. Pour l’Allemagne ou la Province, plutôt oui.

9-Cote conduite ?

Ouhlalala. On est quand même dans LE land de la voiture  (avec la Bavière). Les allemands d’ici ont tous des voitures énormes et très chères. Les vitesses sur autoroutes dans le coin sont illimitées et les allemands ne s’en privent pas pour rouler à des vitesses dépassant l’entendement.

Les gens se collent, il n’y a jamais de distance de sécurité et les clignotants ils ne connaissent pas.

Bon je sais, à Toulouse on conduit comme des barjots aussi, mais là, je vois tous les jours des gens qui mettent le cligno APRES avoir tourné. Ca me met hors de moi.

D’autre part, les allemands ont le pied aussi lourd pour accélérer que pour piler. Je pense que les marchands de frein doivent s’en mettre plein les poches : on ne leur a jamais appris à décélérer.

Vieille voitures allemandes

10-L’intégration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’intégrer et de rencontrer toutes sortes de nationalités ?

L’intégration est très difficile que ce soit pour un allemand du nord, de l’est ou un étranger. Les souabes restent entre eux, ne sont pas très ouverts (en général) et pas très mobiles, ils habitent donc à proximité de leur famille et amis d’enfance, ce qui renforce cette impression de fermeture sur soi. Ici on ne voit pas énormément d’étranger. C’est même un événement quand on voit un noir. Du coup le rapport aux étrangers est complètement biaisé.

Les allemands n’ont vraiment pas l’habitude comme les anglo-saxons des gens qui parlent plutôt mal leurs langues. De même la langue régionale est très forte, il y a des gens qui n’arrivent pas à parler le Hoch-Deutsch (l’allemand que l’on apprend à l’école et que l’on parle partout). Il y a beaucoup d’entreprises dans laquelle la langue régionale est parlée. Et je me suis même entendue dire en entretien : « vous avez un accent, ça risque de ne pas plaire à nos clients » (pourtant l’accent français est considéré comme sexy par les allemands).

Dans l’ensemble même s’il est difficile de rencontrer des locaux, les gens au travail sont très chaleureux. Mais ici, point de copinage vie privée vie professionnelle. Les allemands ne parlent jamais de leur vie privée. C’est très dépaysant. Par exemple un collègue avec qui je mange tous les midis, j’ai appris que sa femme avait accouché quand il nous a envoyé la photo de son bébé. Il n’en avait jamais parlé avant. De même on se dit, ils sont tous mariés (ils ont une bague !) mais ils ne parlent jamais de leur enfant donc ils n’en ont pas. Faux. Qu’ils n’en parlent pas ne veut pas dire qu’ils n’en ont pas. Juste qu’ils n’en parlent pas. Difficile donc de savoir ce qu’il en est et de savoir de quoi on peut parler à part de la pluie !

11-Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Bien sûr. A Stuttgart, je pense qu’il est quasiment impossible de travailler sans parler allemand.

12-Décrivez votre rue/cadre de vie (j’aime bien ce détail), votre maison/appart si vous le souhaitez, et s’il y a des particularités

C’est une vie à l’Européenne. Pas de particularité spécifique.

13-Est-il facile de partir en week-end ? Y’a-t-il beaucoup de choses à visiter aux alentours ?

Oui très facile et il y a beaucoup de choses à faire dans les environs : la forêt noire, le jura souabe, les Alpes, la Suisse, la Bavière, l’Autriche…. Les possibilités de randonnées à pied à vélo ou de ski sont illimitées et on en profite bien.

Schwäbisch Alb

Ludwigsburg

Bodensee

Schwarzwald

Esslingen

14-A quelle fréquence « rentrez »-vous en France ?

Souvent et pas souvent. Je rentre chez moi environ tous les 8 mois (donc pas souvent), mais il nous arrive d’aller ailleurs en France pour des raisons familiales (mariage ou Noël en fait !). Du coup je dirais en tout 4 fois par an (souvent pour un week end prolongé !).

Aller en France à la frontière ce n’est pas trop loin mais rentrer chez moi c’est très compliqué et très cher.

Strasbourg est à 2h environ de Stuttgart. Donc c’est facile d’accès. Mais bon l’Alsace c’est quand même un peu l’Allemagne !

15-Quel est le climat ?

Continental. On a de la neige en hiver, en été les gens ici diront qu’il est chaud. Mais bon, je viens du sud. Donc 30° ce n’est pas hyper chaud pour moi ! La neige par contre, c’est dépaysant. On a des pneus neige, on conduit sous la neige assez souvent et il faut déneiger la voiture le soir en sortant du travail.

16-Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes françaises ?)

Oui on va au lit assez tôt (21h-22h) et on se lève assez tôt (6h). Le travail commence à 7h30-8h et on a finit à 16h30-17h. Alors qu’en France je commençais à 9h30-10h et finissait à 18h30-19h. Un autre rythme qui me plait bien 

17-Y-a-t-il de la censure ?

Pas à ma connaissance.

18-Vous pouvez terminer sur une anecdote « dépaysant e» 😉

Les allemands laissent leurs pantoufles au travail. Dès qu’ils arrivent à leur bureau, hop, ils changent de chaussures. Ce sont bien sûr des Birkenstock avec les fameuses chaussettes en dessous ! Pour ceux qui n’ont pas de pantoufles, ils se déchaussent. Tout simplement. Et marche en chaussette par terre. Parfois du coup, ça sent un peu les pieds dans le bureau.

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De ma fenêtre je vois… les voitures garées « à l’allemande »

et les grosses voitures

Et aussi dans le parc à côté un beau panorama sur la ville

Merci Céline pour ce témoignage… surprenant !

J’aurais aimé une photo des pantoufles au bureau 🙂

Vous pouvez retrouver Céline sur son blog par ici :

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La semaine prochaine, changement de continent, on retrouve Vanessa en Kabylie !





Lily… à Londres (GB)

11 04 2011

Je suis arrivée à Londres il y a bientôt 3 ans. Mon conjoint a eu une opportunité professionnelle mais nous ne sommes pas en contrat d’expatriation.

Mes deux enfants (6 et 3 ans) sont dans une école anglaise publique, ils ont appris l’anglais en un temps record et sont à présent parfaitement bilingues. Il y a des écoles françaises à Londres mais elles sont très chères et les listes d’attente sont longues.

Je me sens très bien à Londres, c’est une ville parfaite pour y élever des enfants. Les familles se sentent toujours bienvenues dans les lieux publics et les restaurants… il y a de la place, ont vous apporte toujours une chaise haute, un petit coloriage pour occuper les petits. De plus, les anglais sont posés, polis.

Le seul point négatif, c’est le système de santé. Je continues à voir mon médecin à Paris.

En ce qui concerne l’alimentation nous importons de moins en moins de choses. J’ai découvert qu’il y avait de très bon chefs et j’ai testé pas mal de recettes. J’adore les desserts type cheescakes et crumbles.

La vie est plus chère qu’à Paris, les transports et les logement sont hors de prix; heureusement les salaires sont plus élevés.

Je me suis sentie très bien intégrée très vite car à Londres il y a énormément d’étrangers! Tous le monde a un accent et on est vite décomplexés! J’espère y rester encore quelques années; je rentre en France environ 3 fois par ans mais il m’arrive aussi d’aller passer un we à Paris, c’est tellement rapide avec le train!

Le train nous amène aussi au bord le mer en une heure depuis Londres. C’est très agréable lorsque les beaux jours reviennent.

Le climat londonien est conforme à sa réputation, gris et humide une bonne partie de l’année mais pas beaucoup plus qu’à Paris!

 

De ma fenêtre, je vois …

Retrouvez Lily sur son blog dessiné, ici :

 

 

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La semaine prochaine, on découvre Toronto avec Lisa !