Daphne, ses ptits Lu, son maillot de bain et son hamac… a Tel Aviv (Israel)

27 03 2011

Note de la redactrice : Me voila enfin de retour apres notre emmenagement, avec une connexion internet, un clavier qwertyuiop mais des cartons toujours sur un bateau au large de l’Afrique  (2 mois apres notre depart !)

De retour en France, mais toujours partante pour recueillir des temoignages presentant la vie des Francais un peu partout dans le monde…

Je peux donc reprendre le fil de ce blog, avec 3 temoignages a venir : cette semaine Daphne a Tel Aviv, lundi 4 avril Severine a New York et lundi 11 avril Lily a Londres.

C’est reparti !

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Et maintenant la parole a Daphne :

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?

Je vis en israel, à tel-aviv exactement, depuis 3 ans et demi. Je fais mes études ici, donc je resterai jusqu’à la fin de mon doctorat, encore deux ans, au minimum, mais je n’ai pas de réelle date, je peux aussi bien rester encore 10 ans ! J’avais beaucoup voyagé avant, mais jamais je n’avais vécu ailleurs qu’à paris.

2- Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des ecoles francaises ?

Je n’ai pas d’enfants, mais je sais qu’ici existe deux complexes scolaires francophones : le collège marc chagall à newe tsedek, au sud de tel-aviv, et le lycée français à jaffa, qui permettent de scolariser en français de la maternelle au bac. Il y a aussi un montessori (newe tsedek aussi), mais non francophone. Nullipare, mais je me renseigne quand meme, si je fais toute ma vie ici, c’est le seul moyen d’assurer le lien culturel avec la france. Je veux que mes enfants lisent en français !

3- Vos enfants sont-ils bilingues ?

Pas encore d’enfants ! Mais ce sera forcément le cas, tout le monde ici parle au moins deux langues, beaucoup trois !

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

Pour commencer le climat. C’est incomparable, ça change la vie. L’été presque toute l’année ça aide à garder le moral.

Ensuite, les relations avec les gens sont plus simples, plus directes. On est en Méditerrannée, les gens sont plus chaleureux.

C’est une terre d’immigration, des gens arrivent de partout tout le temps : Russie, Ethiopie, Kazakstan, Espagne, Etats-unis, Australie… Toutes les nationalités sont représentées et les gens ont l’habitude d’être confrontés à des «étrangers» ou nouveaux migrants.

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalite principalement)

Paradoxalement, beaucoup plus de calme. La chaleur, la mer font qu’il y a une ambiance de vacances permanente. Toute la ville est en bord de mer, on se retrouve en maillot de bain à jouer aux raquettes ou à boire un jus de fruits frais sans avoir besoin de s’organiser : c’est à 2 minutes à pieds.

Et puis je peux faire du vélo partout, il y a une grande promenade tout le long de la mer, et un grand parc le long du fleuve. Allez trouver ça à Paris…

6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

Ici, c’est falafel ou shawarma. Pas très gatronomique, mais je peux manger des falafels chaque jour, c’est délicieux et bon pour la santé.

Beaucoup de choses manquent… A cause du climat, il est impossible de trouver du bon chocolat ici… Côté biscuits, l’influence américaine est forte, donc on trouve des Oreos, mais point de Lu et de Bonne Maman… Du coup, je fais des stocks quand je vais en France.

Et, évidemment, impossible de trouver de la bonne charcuterie…impossible.

7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

Pas vraiment, la cuisine israelienne est..simple ! Mais dans la cuisine traditionnelle juive ashkénaze, oui ! Il y a le gefilte fish, une horreur !

8- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

Dans la mentalité, c’est le fait que tout le monde accepte le racisme facilement. C’est tellement monnaie courante ici, c’est tellement tout le monde contre tout le monde, que plus personne n’est choqué. Moi, je ne m’y ferai jamais.

Après, il y a une espèce de paresse intellectuelle généralisée qui est en train de changer. J’ai l’impression que les choix culturels sont tiraillés entre l’influence américaine et celle européenne. Il y a à la fois le goût de l’entertainment et un côté très ashkénaze exigent, intellectuel, raffiné. Je suis scandalisée quand je constate que beaucoup de jeunes filles ici parlent espagnol non parce qu’elles l’ont appris, mais parce qu’elles ont grandi devant les télénovellas americano-mexicaines ! Ça, ça me fait un peu peur pour mes futurs enfants, qu’ils soient vus comme des «snobs»…

9- La vie est-elle chere ?

Pour les européens, non, mais pour les israéliens, oui. Les appartements sont très chers et les règlementations sont très lâches, du coup, les proprétaires n’ont aucun mal à louer des taudis à prix d’or. Du coup beaucoup de trentenaires vivent encore en colloc’…

Les études universitaires sont à l’anglo-saxonne, donc chères. Tous les étudiants travaillent en même temps, c’est obigatoire financièrement.

Pour la nourriture et les sorties, là, c’est très raisonnable, vraiment moins cher qu’en europe.

10- Cote conduite

Les israeliens conduisent comme on marche dans la rue : en regardant le paysage, en ne signalant aucune intention de tourner, et en klaxonnant / criant à la moindre occasion. C’est une horreur, il y a des embouteillages à toutes les heures du jour et de la nuit… Je n’avais jamais eu peur en voiture dans ma vie, ni en Inde ni en Chine, mais ici, à chaque fois qu’on prend la voiture, je suis stressee. Je ne passe pas mon permis tellement j’ai peur de conduire ici ! Et mon copain est à deux doigts de me faire asseoir à l’arrière tellement je suis tendue en voyant la circulation ; toutes les deux minutes je lui dis «attention ! Attention !»…

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

C’est justement le paradoxe, dans ce bazar général des nationalités et des religions, malgré le racisme diffus, tout le monde finit par se tolérer, parce qu’il n’y a pas d’ethnie dominante. Les sabras, ceux qui sont nés en Israel, savent que leur pays existe grâce à la venue des étrangers, depuis des siècles. Les étrangers, nouveaux migrants ou expatriés, ne se sentent jamais en minorité.

La deuxième question qu’on se pose en général quand on rencontre quelqu’un, c’est d’où il vient, et, s’il est né ici, d’où viennent ses parents. On a tous des origines différentes et les mélanges sont nombreux. Du coup, oui, c’est vraiment facile de s’intégrer, c’est l’essence de ce pays, l’intégration.

Bien que ce soit un pays à majorité juive, à Tel-aviv on ne sent pas la présence de la religion. C’est le contraire à Jérusalem, évidemment, mais jamais je ne vivrai là-bas !

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Je parle hébreu très correctement, l’écrit et le lit très lentement. Je m’y suis mise sérieusement la deuxième année, parce que l’hébreu n’est tout simplement pas une langue nécessaire… On peut manger, se déplacer, se loger, payer ses factures sans parler hébreu… J’ai quand même pris des cours en «oulpan», studios de langues très nombreux en israel vu l’immigration permanente, puis avec une copine on a fait une échange : je lui ai appris le français, elle m’a appris l’hébreu. Aujourd’hui, avec mon copain, je lui apprend le français et il m’aide à perfectionner mon hébreu. On parle un mélange de trois langues à la maison, c’est plutôt rigolo.

13- Decrivez votre rue/cadre de vie

Je vis dans une petite rue entre la mer et le marché. Tout au sud de la ville, à 5 minutes de jaffa, dans le quartier yéménite, un des plus vieux quartiers de tel-aviv, pas encore rénové. Je voulais absolument vivre là, car après avoir vécu dans le nord huppé, puis dans le centre branché, je voulais vivre «au moyen-orient» ! C’est un quadrillage de petites rues piétonnes où les maisons ne dépassent pas deux étages, pleines de chats, et où de 5h du matin à 15h je peux trouver tous les produits frais du pays.

Je fais tout à pieds, sauf la fac, là j’ai une bonne demi heure de bus, ou à vélo, et presque tout est ouvert 24h/24, ce qui rend la vie plus simple quand on est tête en l’air !

Et tous les week-end, et même parfois en semaine, plage !

Notre appartement est plutôt petit, parce que les logements sont chers ici, mais il est récent et propre, ce qui n’est pas monnaie courante à Tel-aviv, surtout dans le sud de la ville. Comme tous les immeubles construits dans la dernière décennie, il y a une colonne anti bombardement. Dans chaque appartement il y a un abri. Chez nous, une fenêtre y a été percée et du coup c’est une chambre très très bien isolée ! C’est la loi qui exige ces abris…mais on ne l’a jamais utilisé comme abri. C’est notre chambre.

Comme dans la plupart des appartements de tel-aviv, nous avons un balcon. Cet été, on accroche un hamac !

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Partir en week-end : rien de plus simple. Tout est petit ici, donc même quand il y a des embouteillages, c’est maximum une heure ! On est hors de la ville en 20 minutes, et tout de suite il y a des sites archéologiques, Jérusalem est à 45 minutes, on peut faire l’aller retour dans la journée, il y a des forêts à une demi heure de la ville, et pour la montagne, c’est maximum 3 heures de voiture vers le nord, un peu moins pour le lac de tibériade. Et pour plus de chaleur, le désert est à deux heures, la forteresse de masada, la mer morte ou, un peu plus loin, la mer rouge…pour 50 euros on prend l’avion et 30min plus tard on est à Eilat avec les dauphins. Envie d’aller encore plus loin ? On passe la frontière égyptienne et on va se poser 3 jours dans une cabane au bord de la mer !

C’est un mouchoir de poche israel, mais entre les réserves naturelles (birdwatcher, à vos caméras), les sites archéologiques, les paysages, les 4 mers…on ne peut pas s’ennuyer ! Dans la même journée, on peut faire du ski et se baigner avec les dauphins !

15- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

Au début jusqu’à 5 fois par an, parfois pour seulement 2 jours ! Là je suis plus à 3 fois par an, mais plus longtemps.

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

Revenir, ce n’est pas au programme…

Déjà, je ne veux plus jamais habiter à Paris. Trop de stress, trop de pollution, trop d’égoïsme, trop de trop. Pour la France en général, ce qui m’exaspère, c’est la façon qu’ont les gens de se plaindre constamment, mais constamment, alors qu’on vit dans un pays beau, riche, démocratique etc. Je ne supporte pas l’esprit enfant gâté et je ne pourrais pas le souffrir au quotidien…

17- Face a quelle mentalite/habitude/defaut francais etes-vous + clement, avec le recul d’habiter a l’etranger ?

Vivre à l’étranger m’a réconcilliée avec le patriotisme. Je n’avais jamais pris conscience que je suis contente d’être française. C’est un cliché, répandu ici aussi, que nous nous prennons pour les rois du monde, mais j’ai mesuré la qualité intellectuelle de mon pays d’origine, et je pense vraiment qu’on a quelques raisons d’être fiers.

18- Quel est le climat ?

Chaud et sec la plupart de l’année, très très humide en été jusqu’à 90%… Mais presque pas de pluie…

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

J’ai pris plein d’habitudes locales ! Le petit déjeuner du vendredi matin en terrasse : oeufs, fromage blanc et salade israélienne avec un jus d’orange frais. Le brunch du vendredi, c’est le must des tel-avivim.

Je peux désormais boire une bière l’après-midi à la plage, comme tout le monde.

Et le diner familial (famille de mon copain) est indéboulonnable du vendredi soir. TOUT le monde dine chez ses parents le vendredi soir. Et je fais les fêtes juives, je jeune à kippour, je me déguise à purim, mais je mange du blé à pessah…quand même !

Une seule chose à laquelle je ne cèderai pas : les crocs dans la rue ! En tant que parisienne, je ne pourrais jamais !

19- Y-a-t-il de la censure ?

Oui, de l’armée principalement. Sinon, la liberté d’expression est très grande. Les moyens de communication modernes sont complètement intégrés dans la habitudes, et tout le monde peut s’exprimer. Les journaux d’opposition sont libres et la presse internationale est largement diffusée.

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante »

…Mmh une scène m’a fait comprendre que ce pays est comme nul autre. J’emménageais dans mon deuxième appartement ici, du coup j’étais allee faire un tour à l’unique Ikea du pays. Tout est comme en Europe, c’est interchangeable, il n’y a rien d’original. Donc, comme en Europe, près des caisses, il y a des palettes couvertes de petits articles à acheter à la dernière minute : des torchons, des pinces à linge, des verres… Un homme un peu maladroit avec son charriot renverse une palette chargée de verres…. Éclats, bris, plein de bruit….et là, TOUS les clients crient en coeur «MAZAL TOV !!!»

J’en rigole encore ! Je n’avais jamais vu ça, et c’est ce que j’adore chez les israëliens : le sens de l’humour !

Et de ma fenêtre je vois….

Je vois l’arbre du jardin de mon immeuble, et au loin ceux des autres jardins des autres immeubles. Et en levant un tout petit peu la tête, le ciel. J’habite au troisième étage, les immeubles en ont quatre maximum, donc on voit facilement le ciel, qui est presque toujours bleu !

***

Merci Daphne pour ce temoignage super interessant !

La semaine prochaine, on retrouve Severine pour une nouvelle viree a New York !

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Nathalie, le lait de chamelle, les nannies et la conduite… à Abu Dhabi (Emirats Arabes Unis)

24 01 2011

Je me permets de prendre la parole avant Nathalie : exceptionnellement, j’ai inséré mes propres photos d’Abu Dhabi, prises il y a 6 ans. Si Dubai a entre-temps doublé de taille, Abu Dhabi n’a pas tant changé, sauf ce old souk qui a été rasé…

***

Je suis mariée, j’ai deux enfants, deux filles, une de 6 ans et une autre de presque 10 ans, un chien, trois chats et une dizaine de poissons, je suis une ancienne militaire, et j’ai posé ma « retraite  » pour suivre mon mari aux Emirats Arabes Unis. Actuellement je fais des piges et des créations pour les revues d’Art du Fil, et je suis l’une des organisatrices de l’exposition « Aigui’lles en Luberon » qui se tiendra en France du 2 au 5 juin 2011.

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en duree indeterminee…) Est-ce la premiere fois que vous vivez à l’étranger ?

Mon mari a été muté à Abu Dhabi l’été 2009, j’ai vécu en Nouvelle Calédonie, mais pour moi c’est la première fois que je suis dans un pays où le français n’est pas la langue. Nous avons été muté pour trois ans.

2- Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des ecoles francaises ?

Il y a des écoles françaises, mes filles ont été scolarisées l’année dernière, mais cette année pour des raisons personnelles et surtout financières, car notre statut ne prévoit pas l’accès aux bourses françaises (en moyenne 13 000 euros l’année scolaire pour deux enfants sans le transport scolaire) elles sont scolarisées à la maison par le CNED. Elles font du sport pour être en contact avec d’autres enfants et doivent faire un stage de langues anglaises dans un organisme spécialisé.

Notre contrat est de 3 ans, pas assez pour les inscrire dans une école anglaise.

3- Vos enfants sont-ils bilingues ?

Non, nous vivons trop en vase clos entre français.

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

La gentillesse des gens, le climat, la découverte incessante de nouveaux paysages, une architecture délirante pharaonique quelquefois, des broderies somptueuses, la culture à la portée de tous, les souks, les épices, les virées dans le désert, les petites boutiques, tous les produits que je ne trouve pas en France, j’ai l’impression d’être en vacances.

Ce que j’aime pas dessus tout, c’est l’odeur d’encens dans les mall et les boutiques, et celles des petits kiosques qui vendent le maïs chaud.

La corniche il y a 6 ans

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ?

La gentillesse des habitants, des Watchmen (équivalent des concierges), des caissières, des vendeurs, des chauffeurs de taxi. Je trouve que la population est douce et toujours adorable avec mes enfants, avec moi, et même avec mon chien, bien que les chiens ne soient pas très bien vus en pays musulmans.

La propreté des rues et des jardins

Le fait de voir toute une population pique-niquer sur le moindre carré de pelouse le vendredi soir et l’odeur des barbecues épicés dès que le temps le permet.

La sécurité, laisser ma voiture ouverte, oubliez mon portable dans un parc et le retrouver une heure après a l’endroit où je l’ai laissé. Poser mon sac à main dans un magasin, fouiner et le retrouver intacts.

Les sanitaires toujours impeccables n’importe où et le respect de tous et tout, pas de dégradations volontaires, pas d’agressivité gratuite.

6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

J’aime tout, et j’adore plus particulièrement la cuisine libanaise, qui se rapproche de la cuisine méditerranéenne, je suis un pure provençale, ce qui me manque le plus … tout dépend du magasin, certains sont plus occidentalisés que d’autres, mais c’est vraiment la cochonnaille qui me manque, même si on en trouve dans certaines boutiques, ce n’est pas le choix français. Et mon drame …. trouvez des fromages de chèvres dignes de ce nom … quasiment impossible.

En revanche mon plaisir est le souk aux poissons, poissons frais et langoustes à prix défiants toutes concurrence.

Je me prend à rêver de farine de chataîgnes.

Je suis en overdose de poulet.


7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

Je n’ai pas voulu essayer le steak de dromadaire, et j’adore le lait de chamelle.

8- La vie est-elle chere ?

Oui et non, la nourriture revient a peu près au même prix qu’en France, si on veut manger occidental, sinon la viande de boeuf est moins chère, les légumes locaux aussi. Le cochon est au prix de l’agneau en France, et l’agneau est donné. Les laitages sont chers mais je n’ai pas eu le courage de me mettre à la yaourtière.

L’essence et les cigarettes sont données, un happy meal dans un Mc Do revient à 2 euros.

Les loisirs, club de sport, piscine, équitations sont chers, même très chers.


9- Cote conduite ?

L’horreur …….. ca double à droite à gauche, ça déboite….. la conduite à Abu Dhabi dépasse l’entendement, la première fois que j’ai conduit une voiture (qui sont toutes à boite à vitesse automatique) j’ai eu l’impression de rouler en auto tamponneuse. Les pietons qui traverse en courant, les taxis qui roulent à 110 km en ville, les dames en abaya, voilées, avec vitres noires qui roulent à l’intuition féminine …. et les accrochages qui vous prennent trois heures de votre temps pour faire les déclarations de police. En revanche, j’ai eu deux accrochages, où je n’étais pas en tort. Et la courtoisie du conducteur adverse et de la police a été extraordinaire. Mon anglais étant des plus approximatif.

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

– Les klaxons, cette manie de klaxonner sans arrêt.

– les food court mal insonorisés avec de la musique à fond et jeux électroniques pour enfants

– En tant que femme j’ai un peu de mal à m’habituer à la suprématie masculine mais qui n’est pas générale heureusement, certains hommes font comme si je n’existais pas.

– et l’heure émirienne, pour des travaux quand le technicien vous dit tomorrow c’est dans environ un mois.

– les Nannies, de pauvres dames tristes, « domestiques » chez quiconque peut lui donner 600 euros par mois, qui vivent dans un placard souvent sans fenêtre entre cuisine et buanderie dans votre appartement et qui sont corvéables à merci nuit et jour. Je ne m’habitue pas à les voir pousser le caddie, s’occuper des enfants habillée avec un pyjama rayé rose (leur uniforme). Je ne supporte pas non plus que les enfants en école maternelle, en jouant à Papa, Maman disent moi je suis la Maman et toi tu es la Nannie, mon éducation française a du mal à supporter cet état des choses.

Vue de la Marina

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

Je n’en sais rien, je suis très « sauvage » et « solitaire », mais les anniversaires entre enfants de tout horizon et toutes nationalités sont fréquents.

J’ai refusé de m’affilier aux femmes francophones pour éviter le communautarisme, j’ai été bien intégrée à Abu Dhabi Quilt Guide, hélas je n’ai pu y retourner cette année pour cause d’enfants à la maison.

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Non, je ne connais pas l’arabe et mon anglais est un anglais de survie, j’aurais du prendre des cours, mais j’ai du rentrer en France plus de cinq mois pour des problèmes familiaux et mon projet est tombé à l’eau, mais ce n’est que partie remise.

13- Decrivez votre rue/cadre de vie

L’année dernière, j’habitais sur Airport Road, l’artère la plus dense et la plus grande d’Abu Dhabi, sans double vitrage, j’ai cru que j’allais mourir du bruit, l’impression de vivre sur un autoroute en heure de pointe en permanence, juste 9 voies sous ses fenêtres. Cette année c’est plus calme, un building de 18 étages tout en verre, l’appartement est calme, grand et lumineux, c’est juste le rendez vous des pakistanais le jeudi soir, donc 200 personnes sous les fenêtres qui discutent car leur lieu de rencontre est dans l’immeuble d’à côté, mais les doubles vitrages aident beaucoup.

Des immeubles… proches…

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Oui, nous partons souvent sur Dubaï ou dans le Nord du Pays, et dans le désert. Mon seul problème est le chien qui n’est accepté aucune part. C’est pour celà que nous allons investir dans du matériel de camping pour pouvoir l’amener avec nous.

15- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

L’été, rester enfermés dans un appartement pendant quatre mois, dépasse mon entendement. 50° C l’été, j’ai de la chance d’avoir ma maison en France, et de pouvoir rentrer quand je veux.

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

Nous devons rentrer à l’été 2012, mais j’avoue que ça va être difficile de se réadapter. Je n’ai pas envie de retrouver la morosité, quand je regarde les informations françaises je suis totalement catastrophée par l’état économique de notre pays.

Prière de rue, au son du muezzin

17- Face a quelle mentalite/habitude/defaut francais etes-vous + clement, avec le recul d’habiter a l’etranger ?

Aucun, je serais moins clémente, il faudrait que tous français qui passent leur vie à se plaindre de leur système de santé ou de leur conditions de travail viennent faire un petit tour par ici

18- Quel est le climat ?

Chaud chaud chaud.

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

Apporter mon linge à repasser à la laundry, ca va me faire mal quand je vais rentrer en France, et surtout partir à la mercerie à 22h00 parce qu’il me manque un ruban, où allez acheter un bout de tissu. Les magasins ouverts jusqu’à 23h00 ou minuit c’est une très mauvaise habitude.

Et le fameux « souk jadid » qui a disparu depuis… remplacé par ? Un parking je crois… près de la corniche et de l’hôpital français

19- Y-a-t-il de la censure ?

Oui censure internet.

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante »

Vu le prix des transports scolaires, j’ai accompagné mes filles l’année dernière à l’école, j’attendais assise sur un banc l’heure de la sortie, quand une dame ski-lankaise m’a abordé, me demandant si j’étais une nannie …. je lui ai gentiment expliqué que j’attendais mes enfants, et que je n’avais pas de nanie, que c’était la première fois de ma vie que j’étais « housewife » et que j’avais l’intention de profiter de mes enfants et qu’il n’était pas question que quelqu’un d’autres que moi s’en occupe.

La dame Nannie affolée par l’idée de m’avoir prise pour une Nannie, s’excusant, je lui ai expliqué qu’en France une nannie, s’appelait une assistante maternelle, que c’était un métier avec des diplômes et qu’elles n’étaient pas des domestiques.


« De ma fenetre, je vois…. » :

Un grand Hôtel, la corniche, la mer, Lulu Island, et quand il fait un peu froid, je vois la mer derrière l’ile et quelquefois les plateformes pétrolières. Depuis que j’habite ici c’est un rêve

Mes blogs (clic)

Pour retrouver les photos de Nathalie :

mon site

 

Merci Nathalie, pour cette « autre vision » des Emirats !

Et quelle différence ! Moi je déteste l’odeur d’encens dans les malls, et les odeurs qui se dégagent des parfumeries locales en général, et le lait de chamelle 😉


Et ton témoignage me fait penser que je quitte Dubai et les Emirats dans exactement une semaine…. Lundi prochain nous serons dans l’avion nous ramenant en France :/

Y a-t-il des merceries ouvertes jusqu’à 22h en France ?

***

APPEL A TEMOIGNAGE !!

Vous êtes désormais nombreux à passer par ce blog… statistiques à l’appui :


 

Avec une très belle progression depuis sa naissance…

(en tout cas, moi, je trouve, et j’en suis très heureuse)

Et vous êtes nombreux à m’envoyer des messages de sympathie et d’encouragements pour la suite…

Malheureusement, je ne peux rien sans vos témoignages, vous qui me lisez de l’étranger…. (vous qui me lisez de France, je vous laisse tranquille :))

Alors svp, contactez-moi, sautez le pas, ou bien faites passer le message à vos amis installés à l’autre bout du monde, ou juste derrière les frontières françaises…

Parce qu’à compter de la semaine prochaine… je n’ai plus personne….

Merci !!!!





Aurelie, ses petites voitures, sa clim’ trop froide et son the vert (Dr Stuart !)… a Dubai (UAE)

21 06 2010

Habitant a Dubaï, mon expérience n’est pas – sur ce blog – très exotique, mais a fenêtre différente image de la ville différente?

Voila 8 mois que l’on me compte parmi les expats’ de Dubaï, pour ma première véritable expérience de vie a l’étranger. Ici ce qui m’a tout de suite frappée c’est l’enthousiasme des gens – la grande majorité des habitants étant expatriée, tout le monde sait pourquoi il est la: pour le travail, pour mettre de l’argent de coté, pour une tranche de vie avant d’aller voguer vers d’autres rêves. Venus ici pour travailler, les gens, qu’ils soient chauffeurs de taxi, ‘nanny’ ou managers, ne subissent pas l’endroit ou ils vivent, ils ont choisi d’être la, et ça fait une grande différence de mentalité.

Bien sur comme partout on doit aller bosser, on râle un peu, on préférerait être à la plage, on attend toujours le week-end avec impatience… mais je ne ressens pas de morosité ambiante. On est tous la pour avancer, la ville elle même bouge, et elle bouge très vite, tout le monde est porte vers l’avant, on attend avec impatience que tel nouvel hôtel ouvre, telle station de métro… on regarde les tours prendre de la hauteur, les grues projeter leurs longs cous de tous cotés, on ne dit pas ‘qu’avant c’était mieux’… chacun a son futur a inventer, et la ville reflète cet état d’esprit.

Ce que je vois de la fenêtre de l’appartement est justement un de mes plaisirs ici: De ma fenêtre, je vois la mer, la ‘Palm’, la piste d’atterrissage des parachutistes de Dubaï, et aussi la ‘rue’ tout en bas, avec les mini-voitures, on a l’impression qu’on peut jouer avec (je suis au 38eme étage donc forcement tout a l’air petit en bas)!

Cette vue est un vrai spectacle. Je peux regarder les petits hommes qui tombent du ciel sous leurs voiles de couleur, leurs avions qui décollent… les gens a la plage, comme autant de fourmis minuscules.

De ma fenêtre je vois aussi l’Atlantis, ce grand hôtel-aquarium qui ressemble a un gros château Disney. Quelques fois on y voit un feu d’artifice, et un matin j’y ai vu un mirage… Une image reflétée et grossie des petits toits de l’Atlantis, flottant dans un ruban de sable… Preuve a l’appui!

Des choses qui m’agacent, il y en a… devoir travailler avec la clim’ a fond alors qu’il fait 35 degrés dehors, par exemple, ça m’agace… j’ai une pashmina dans le tiroir de mon bureau et je passe ma journée à boire du thé pour me réchauffer…ridicule non? La plupart de mes collègues aiment travailler dans le froid, des qu’il fait plus de 22 degrés dans les bureaux rien de va plus, ils suffoquent, ils étouffent, ils transpirent… (Quelle horreur!) Il faut croire que de ce coté la, je ne suis pas encore bien acclimatée.

Mais malgré ce syndrome bizarre mes collègues sont adorables, et j’apprécie beaucoup la diversité des accents, des mentalités, dans notre bureau d’une dizaine de personnes: il y a une anglaise qui a le cœur sur la main et qui ne déjeune que de chips, chocolat et Diet Coke; une soudanaise qui s’éclipse 3 fois par jour pour prier et que j’aime interroger sur sa religion, ses croyances, parce qu’elle est très ouverte d’esprit; 3 philippines dont l’accent musical emplit le bureau lorsqu’elles sont au téléphone; 3 indiens et 1 pakistanais, toujours souriants, et dont le dodelinement de la tête pour dire oui me laisse toujours un peu perplexe… et moi, la petite française qui boit du thé vert et essaie toujours de couper la clim’ des que les autres ont le dos tourné! Tout cela fait un joyeux mélange.


Je vis sans conteste dans un univers très différent de celui que j’ai connu a Paris. J’ai vécu dans un studio minuscule… a Dubaï les pièces sont ridiculement grandes, j’aimais tant les expos, le théâtre… ici je découvre que j’aime aussi m’asseoir dans le sable chaud du désert, faire des photos dans les dunes, regarder les chameaux. Est-ce que ça fait de moi quelqu’un de différent? Je crois que oui, que notre environnement nous change un peu, que parfois il nous oblige à nous ouvrir a des choses nouvelles et c’est ça qui me plait.





Melanie, son sourire et sa patience, ses gardes et ses moules en silicone… a Kabul (Afghanistan)

17 05 2010

La vie d’expatriée en Afghanistan

« Nouvelle explosion à Kaboul », « attentat à Kandahar », « Enlèvement de 2 journalistes français », l’Afghanistan est loin d’être en tête des destinations d’expatriation et pour cause…

Hier, je souhaitais aller au bout de la rue (100m à tout casser) à pied, j’ai dû négocier 10mn avec mon responsable qui a fini par accepter si j’emmenais un garde avec moi.

En Afghanistan les expatriés vivent derrière des barbelés, n’ont pas les clés de leur maison mais des gardes, une voiture avec chauffeur (même pour faire 100m), un couvre-feu qui change selon l’humeur des responsables sécurité.

Pourtant c’est un pays fascinant si on souhaite aller au-delà de l’image donnée par les media et que l’on négocie quelques sorties hors des barbelés !

C’est ma troisième année en Afghanistan, parfois je sais et parfois je me demande bien pourquoi, mais j’adore ce pays.

C’est peut-être, l’afghan à la grosse barbe dans la rue qui fait rire son bébé

C’est peut-être, les files de petites filles sous leur tchador blanc qui sortent en si grand nombre des écoles

C’est peut-être cet afghan qui, parce qu’un jour je lui ai dit « oh des fraises, j’adore ça », est revenu avec un sac entier alors qu’elles sont chères ici et qu’il gagne 15 fois moins que moi

C’est peut-être mon chauffeur, qui me dit, s’il se passe quoique ce soit, appelle-moi, je te sauverai…

Enfin, je ne sais pas…



Voici mon blog, une Afghanistan autrement : http://fromkabul.over-blog.com/ des scènes de la vie de tous les jours, quelques infos sur le pays, des coups de gueule aussi ; Comment je vois ce pays, une vision qui n’engage que moi bien sûr !

De ma fenetre, je vois…:

La pluie, une vraie tempête, ce n’est pas des plus courants à cette période mais c’est devenue une habitude depuis plus de 2 semaines !

Nos fenêtres donnent sur une petite cour intérieure, un coin d’herbe, mes essais de jardinage et si on lève un peu la tête on peut entrevoir la maison de nos voisins au dessus du mur d’enceinte.

D’ici, on ne voit pas la rue mais on l’entend ! Les quelques voitures qui passent, les camions qui font bouger les murs, le déchargement hebdomadaire des rondins de bois (on vit derrière le hammam !), les enfants qui prennent notre porte de garage pour une cage de foot, les charrettes poussées par les marchands ambulants qui crient « Katchalou, Katchalou » (les patates !) ou autres légumes, fruits, vêtements, accessoires en plastique importés de Chine, les meutes de chiens qui courent toujours après quelque chose, le cri des chats (c’est le printemps !) et depuis le retour du printemps, même sous la pluie, même sous la tempête, même à 7h du matin, les marchands de glaces diffusant bien au-dessus des décibels autorisés (par moi !) un remix de la Lettre à Elise !

J’aime la rue en Afghanistan, si ma fenêtre donnait dessus, je passerai mon temps à la regarder ! C’est mieux que la TV !

Merci Melanie, de nous faire partager cette autre vision de Kabul !