Guillaume, les vers grillés, les inondations et les massages de pieds …. à Bangkok (Thaïlande)

13 02 2012

 

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en duree indeterminee…) Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?

 

Je suis arrivé à Bangkok (Thaïlande) à la mi-octobre 2011. Je dois normalement rentrer en France à la fin de mon semestre d’études, début mai 2012. C’est bien la première fois que je vis à l’étranger et j’aimerais beaucoup prolonger cette expérience asiatique d’au moins un an. Mais pour cela, je dois trouver une mission ici.

 

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

 

Ce pays est juste extraordinaire. Les gens sont d’une part très accueillants. En tant qu’européen et blanc, on est très bien considérés même si il s’agit de stéréotypes bien ancrés. D’abord comme étant riche, mais aussi comme étant « plus beau que la moyenne ». En France, c’est plutôt l’inverse mais ici les thaïs aiment les peaux blanches. La mode, omniprésente, véhicule des codes de beauté liés à la blancheur. Outre cela, les gens sont très disponibles et ont toujours le sourire. Leur regard peuvent paraître insistants mais c’est surtout de la curiosité. On s’y habitue très vite. De plus, on ne ressent pas de jugement dans leur regard comme on pourrait avoir en France. Ils sont aussi très respectueux de manière générale et inspirent la confiance. Pour la petite anecdote, un de mes amis a oublié sa carte bancaire deux fois quand il est venu en Thaïlande. Je lui ai dit qu’il n’y aurait aucun problème et qu’il ne devait pas s’inquiéter. Les deux fois, les personnes l’attendaient avec sa carte !   

 

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalite principalement)

 

Les catégories sociales sont moins marquées et tout le monde semble pouvoir se rassembler, tout au moins autour de la religion bouddhiste et de la ferveur envers le roi. Les thaïs sont très solidaires. J’ai vécu la deuxième phase des inondations à Bangkok et j’ai été frappé par la mobilisation pour aider les sinistrés. Enfants comme adultes. Ceux qui travaillaient, venaient aider directement après leur heures de travail, même la nuit. D’une manière générale, les gens sont très respectueux et ne s’énervent pas.

 

6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

 

Les thaïs mangent dans la rue sans arrêt. C’est une vraie institution. La nourriture est très bon marché (moins d’un euro le plat en général) et délicieuse. Les plats sont préparés et servis en quelques minutes et vous pouvez manger presque à toute heure, ce qui serait inconcevable ailleurs. L’un des plats emblématiques du pays est les pad thaïs. Ce sont des nouilles de riz sautées accompagnées de légumes, de graines, d’œufs, de crevettes. On y incorpore aussi une sauce sucrée à base de citron vert. On peut aussi y ajouter de la viande, des cacahuètes, des épices… C’est un délice ! Les fruits sont également délicieux et très bon marchés.  


En bon français, les aliments qu’on souhaiterait trouver et qu’on ne trouve pas ici sont nombreux. Heureusement, la bonne cuisine bon marché d’ici arrive à nous le faire un peu oublier. Le fromage évidemment manque à l’appel. On peut trouver des petits camemberts autour de 8 à 10 euros. Les « toastinettes », ces fines tranches de fromages que l’on met dans les croque-monsieur ou les hamburgers sont même vendues comme du fromage ! Il est aussi plus difficile de manger un bon steak saignant. Certains restaurants l’ont bien compris et proposent dans leur menu le choix entre des steaks thaïs et des steaks d’importation ! Il en est de même pour la charcuterie quasi-inexistante. Côté boissons aussi, on pourrait aussi trouver à redire. Pas de vin et seulement des bières blondes. Pour l’alcool fort, il faudra choisir des marques européennes pour retrouver les goûts que l’on connaît.    

 


7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

 

Certains thaïs mangent des insectes grillés. Ce n’est pas une majorité mais ils en sont quand même friands. J’ai pu goûter des vers grillés qui quand on oublie que ce sont des vers ne sont pas si mauvais ! Le problème seraient plutôt les insectes plus gros comme les sauterelles ou même les cafards. Ensuite, les thaïs mangent très épicés. Les plats sont généralement déjà épicés et on trouve toujours sur les tables de quoi ajouter des épices mais aussi du sucre. Je vous laisse imaginer le mélange final…J’ai aussi pu goûter aux sèches fumées. Rien de bien extraordinaire : caoutchouteux mais surtout une odeur bien prononcée de poisson !

 

8- La vie est-elle chere ?

 

La vie n’est vraiment pas chère tant que l’on vit normalement. Manger à l’extérieur ne revient pas cher. Manger dans un restaurant revient un peu plus cher que dans la rue mais reste tout à fait abordable. Faire ses courses dans un supermarché peut revenir cher. En effet, les produits de marque ne sont pas moins cher contrairement à ce que l’on pourrait croire. Il en est de même pour les produits électroniques, les grandes marques de vêtement ou de cosmétiques ou encore les voitures dont le montant des taxes est très élevé. Les thaïs qui fréquentent les supermarchés ou les grands centres commerciaux ne sont pas majoritaires et appartiennent à une classe plus aisée. Faire ses courses sur les marchés, quelque soient les produits recherchés, reste bien plus abordable, d’autant que vous avez l’occasion de négocier. L’immobilier (achat ou location) est aussi très bon marché. 

9- Cote conduite ?

 

La conduite est bien différente de ce qu’on peut connaître en France. D’abord on roule à gauche. Ensuite, mieux vaut avoir un œil partout. Les règles affichées sont juste affichées. Quand vous vous trouvez à un carrefour sans feu, c’est un peu au premier au ou plus gros qui passe. Il faut « sentir » les choses. Pas de port du casque obligatoire pour les deux roues. L’âge des conducteurs n’est pas non plus un problème. J’ai déjà vu un garçon de 7 ans conduire un scooter. Il faut dire qu’ils naissent pratiquement dessus. Aussi ne vous étonnez pas de voir un papa conduire son scooter avec son fils devant et sa femme derrière qui tient leur bébé dans ses bras ! Le feu rouge est en général respecté à Bangkok, exception faîte des tuk-tuk qui semblent avoir une autorisation spéciale, peut-être liée au fait que les autres usagers de la route s’en méfient. Enfin, la considération pour le piéton est quasi-inexistante alors ne vous attendez pas à traverser tranquillement un passage piéton.

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

 

Le culte du roi est effectivement pour moi assez difficile à supporter. Nous avons chassé nos rois il y a 300 ans et c’est à cette période qu’une nouvelle lignée royale est arrivée en Thaïlande. Les rois ont certes fait beaucoup pour la modernisation du pays mais on ne peut jamais échapper à leur image. Entendre ensuite de la bouche des thaïs que le roi est merveilleux n’est guère étonnant mais plutôt agaçant car ils n’ont pas l’occasion de se faire une vraie opinion. La deuxième chose est peut-être le terme qu’ils utilisent pour les étrangers et qui peut paraître blessant. Les étrangers sont appelés « farang » sans distinction. C’est plus difficile à comprendre pour nous français aujourd’hui car en tant que terre d’accueil, on ne pointe pas du doigt les gens en disant qu’ils sont étrangers. Mais comme on est bien considéré, on oublie très vite cette appellation.

 

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

 

L’intégration est selon moi facile car les gens sont extrêmement accueillants. La barrière de la langue reste toutefois un problème et il est plus facile de s’intégrer avec des thaïs qui parlent un peu anglais. Parler quelques mots simples de thaïs comme je le fais permet aussi une intégration beaucoup plus facile car les gens ressentent que vous avez fait un effort et vous gratifient de cet effort. Même si c’est pour dire que vous ne parlez pas thaï en thaï !! Comme je suis à l’université, j’ai facilement l’occasion de côtoyer des chinois, des cambodgiens, des bhoutanais, des camerounais, des américains…Ensuite les occidentaux se retrouvent souvent dans les clubs de la capitale pour faire la fête.  

 

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

 

Je ne connais pas la le thaï et la langue est assez difficile à apprendre. Pas en terme de grammaire ou de syntaxe car ils n’ont pas de temps et se contentent si on peut dire de placer les mots sans même utiliser par exemple de sujet ! Cependant, la prononciation est difficile et il y a cinq intonations différentes. Ce qui fait qu’un même mot peut s’écrire pareil mais que seule la prononciation lui donnera un sens différent. De plus, ils possèdent leur propre alphabet. Je pense que le plus difficile est de retenir les mots qui semblent beaucoup se ressembler et qui ont peu de consonnes contrairement à nos langues européennes.

13- Decrivez votre rue/cadre de vie

 

Je vis dans un petit appartement confortable dans une résidence calme. Je me sens comme un privilégié car les places sont peu nombreuses dans le quartier. Environ 20m² pour 120 à 150 euros par mois (suivant ma consommation d’électricité), je dispose de l’air conditionné que je peux actionner depuis mon lit grâce à une télécommande. Lit qui m’a d’ailleurs valu quelques problèmes pour trouver des draps puisqu’il fait 2m sur 2. L’ensemble est meublé et j’ai aussi un réfrigérateur (pas non plus si courant en location !). A signaler car ce n’est pas systématique que j’ai l’eau chaude et une connexion internet câblée. Rien à redire sur le logement qui est très agréable!

 

 

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

 

Il est assez facile de partir en week-end. Les possibilités sont nombreuses. Le réseau routier est bien implanté et de nombreux bus sillonnent le pays. Ils sont bons marchés, confortables et ponctuels. Le train est aussi une possibilité mais il a tendance à être en retard. La dernière possibilité pour les trajets plus longs reste l’avion. Air Asia dessert bien le pays mais il faut s’y prendre à l’avance afin d’avoir des tarifs bons marchés. Après, la location d’une voiture ou d’un deux roues reste une autre possibilité à des prix abordables. Les premières plages ne sont qu’à environ 2 ou 3h de route de Bangkok. Pour des escapades plus natures, l’est (Erawan, Kanchanaburi) et l’ouest offrent aussi des possibilités. Remonter vers le nord si vous voulez effectuer des visites plus culturelles et chargées d’histoire comme les villes d’Ayutthaya ou de Sukhothai. Bangkok de par sa position se trouve à peu près au centre de la Thaïlande. Mais d’autres villes plus éloignées comme Chiang Mai ou Chiang Rai sont aussi à voir absolument.

 

Sukhothaï

Chiang Maï

15- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

 

Je suis rentré une fois en France pour le moment et je pense que le moment des fêtes de fin d’année est le plus important. Il n’est pas fêté avec autant de ferveur ici et se retrouver en famille dans ces moments là est important.

 

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

 

Je pense en effet revenir en France dans quelques mois ou dans une année. Mais je n’ai pas forcément envie d’y rester. Qui aurait envie de revenir en France actuellement et avec tout ce qu’on peut entendre ? Crise de la zone euro, chômage, grèves, petites batailles politiques qui ne font pas avancer le débat sur les réelles préoccupations des français…On a à mon avis, beaucoup apprendre des autres cultures et des autres modèles économiques qui nous entourent.

 

17- Face a quelle mentalite/habitude/defaut francais etes-vous + clement, avec le recul d’habiter a l’etranger ?

 

Peut-être ce que je pourrais voir sur la route en France. Les thaïs ont une conduite plus que cool et adaptent leur conduite à la situation. 

 

18- Quel est le climat ?

 

Climat tropical. 2 saisons : saison humide de mai à novembre environ, suivie d’une saison sèche de novembre à mai. La saison sèche a deux phases : une première de novembre à  mi-février et une seconde plus chaude de mi-février à mai. Dans tous les cas, le climat est difficile à supporter et l’on transpire beaucoup surtout à cause de l’humidité. L’utilisation intensive de la climatisation dans les magasins, les taxis ou les bus est aussi assez éprouvante.

 

Ko Samet

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

 

Je me suis mis à la mode culinaire thaïlandaise. Je n’ai jamais cuisiné depuis que je suis arrivé et je sais que je ne cuisinerais pas. Le petit déjeuner reste toutefois un petit déjeuner bien français : céréales avec du lait, pain de mie beurré et jus d’orange. La plupart des thaïs commencent leur journée par des plats que l’on consommerait au déjeuner. Je vis encore un peu décalé par rapport aux heures thaïs et il m’arrive de me coucher très tard afin de pouvoir parler avec mes amis ou ma famille en France. On perd aussi un peu ces repères au début. En effet, ici c’est 12h de nuit et 12h de jour. C’est plutôt pratique mais le soleil se lève à 6h et se couche à 18h alors mieux vaut être matinal sinon la journée passe très vite !

 

19- Y-a-t-il de la censure ?

 

Il y a en effet une certaine forme de censure. Elle concerne le roi de Thaïlande. Ce dernier est partout. A 18h, dans tous les lieux publics (même certains lieux privés comme mon université par exemple) retentit l’hymne du roi. La consigne est donc de se lever et de ne plus bouger pendant tout l’hymne. De même, cet hymne est diffusé à chaque séance de cinéma ! La photo du roi (et de la reine) est immanquable. On la trouve partout, même sur des panneaux publicitaires. Il est absolument interdit de parler du roi et de ses ascendants en mal. Pendant un cours d’histoire culturelle thaï, notre professeur a demandé à un élève américain ce qu’il pensait d’un des rois ayant vécu il y a environ 300 ans. Ce dernier a dit qu’au vu de ce qu’on lui avait présenté, il s’agissait d’un mauvais roi. Les étudiants thaïs ont rigolé, le professeur a été bien mal à l’aise. Si bien qu’il a essayé de lui répondre mais la seule chose qu’il a pu dire a été qu’il fallait éviter de dire des choses pareilles, surtout en public.

 

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » 😉

 

Un soir, alors que j’attendais dans la rue avec une amie d’autres de nos amis, je remarque un jeune homme qui semblait avoir faim. Visiblement très pauvre, il passe plusieurs fois devant moi en regardant des poissons en train de cuire sur un barbecue. Je décide après quelques minutes de l’interpeller afin de lui acheter l’un des poissons pour qu’il puisse manger. Peu de temps après, voilà qu’il m’installe une table en pleine rue et me sert le poisson…qu’il vend ! Pas très enchanté par l’idée de manger un poisson dont l’aspect ne me tentait guère, je goûte quand même ce dernier pour ne pas froisser mon vendeur. Mes amis revenus, je paye le malheureux et « prend la fuite ». Le jeune vendeur m’avait déjà servi un deuxième poisson sur la table alors que j’avais à peine touché le premier !

 

« De ma fenetre, je vois…. » :  

…une partie du quartier de Laksi où j’habite au Nord de Bangkok. J’aime beaucoup ce quartier car il est assez calme et véritablement à taille humaine. L’université se trouve à 10 min à pied mais souvent je prends un moto taxi car marcher sous le soleil devient vite éprouvant. Tout près se trouve de nombreux restaurants avec de la cuisine thaï mais aussi japonaise ou européenne. C’est un quartier bien vivant avec son marché où se côtoient des gens de tous niveaux de vie.

 

Vous pouvez retrouver les aventures de Guillaume en Thaïlande sur son blog :

clic !

 

***
Pour la semaine prochaine, j’attends vos témoignages ! 

C’est par ici : mariegervais2004 AT yahoo.fr

 

 

 

 

 

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Andrea, son hélicoptère, la forêt boréale, et le « double dipping »… à Fort McMurray (Canada)

23 01 2012

Andréa, 27 ans mécanicienne et pilote d’hélicoptère.

 

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en duree indeterminee…) Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?

Je suis arrivée à Fort McMurray il y a 3 semaines. J’ai deja vécu au Canada pendant 1 an entre 2008 et 2009, en Colombie Britanique sur l’ile de Vancouver. J’ai un visa de résidant permanent (valable 5 ans et renouvelable à condition d’avoir passé au moins 2 ans sur le territoire) que j’ai mis 2 ans à obtenir avant le départ. Le processus d’immigration est assez ficelé ici!

Le Canada est ma seule et unique longue expérience étrangère.

 

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

La mentalité Canadienne « à la cool ». Les gens sont très faciles d’abord, les barrières hiérarchiques peu marquées (par exemple il y a quelques jours j’ai passé un entretien et le soir je suis allée boire un verre avec des amis et… mon éventuel futur boss!). D’une manière générale les rapports humains sont simples et agréables.

Pour quelqu’un comme moi qui aime la nature et les animaux, le Canada c’est le top. Voir un ours traverser devant sa voiture quand on part bosser, un chevreuil grignoter vos parterres de fleurs, un raton laveur faire vos poubelles, des dizaines d’écureuils sauter d’arbre en arbre à votre passage quand vous vous baladez en foret…. C’est juste inimaginable en France!

 Visite quotidienne de la biche dans le jardin :

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalite principalement)

Comme je l’ai dit au dessus les Canadiens sont très relax en toutes circonstances. Les gens vont facilement vous donner accès à leur maison, vous prêter leur voiture, etc… Ce genre de choses n’arrive pas en France, ou alors uniquement entre parents proches et amis de longue date. Cà facilite énormément l’insertion, on se sent vite chez soit ici. Il faudrait totalement associable pour ne pas réussir à se faire d’amis ici!!

 

6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

Les Canadiens sont forts pour pas mal de choses…. mais pas pour la gastronomie!! A moins d’aimer la cuisine grasse et en grosse quantité!! J’ exagère un peu, bien manger ou pas ici est surtout une question de choix! J’aime beaucoup ce qu’ils appellent les « Yam Fries », des frites à la patate douce qui sont un peu sucrées et oranges. J’adore aussi le Cappucino du Starbucks, avec une mousse généreuse et onctueuse. En bonne Savoyarde, tout ce qui est fromage, saucisson et jambon de pays me manque. Ici le saucisson n’existe carrément pas, et le fromage n’a pas de goût. On trouve quelques fromages pas trop mal, mais hors de prix! (J’ai vu des buches de chèvre à 10 euros!). J’essaie donc de me faire envoyer du fromage à pâte dure par ma famille (mais chut! on n’a pas le droit normalement!).

 

7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

Il n’y a pas vraiment de plat typique. Comme chose bizarre j’ai déjà vu (et ne suis pas encore prête psychologiquement à y gouter!) des « float », des boules de glaces à la vanille dans du coca… Un genre de café viennois canadien en quelque sorte! C’est pas hyper atypique mais à part ça rien de bien exceptionnel.

8- La vie est-elle chère ?

A Fort McMurray oui, parce que c’est une ville qui vit de l’industrie pétrolière. Sinon je pense que dans l’Ouest le cout de la vie est similaire à ce qu’on avait en Haute Savoie. L’immobilier un peu moins cher par contre.

Photos des hélicoptères de notre compagnie par mon ami David Strubin : 

9- Cote conduite ?

Ils sont très cools, un peu trop parfois. Mais par contre du coup personne ne viendra se coller à votre pare choc en faisant des appels de phares et en klaxonnant, jamais. Ici le must c’est un truck, un gros pick up. Nos 4×4 Européens à coté font minuscules! Par exemple ici il y a des carrefours à 4 stop (je sais c’est bizarre). Le premier arrivé passe d’abord. Ca fonctionne très bien, les gens respectent l’ordre d’arrivée. En France un carrefour pareil ne pourrait JAMAIS fonctionner, tout le monde essaierai de gruger!! Quand j’avais passé mon permis Canadien, l’examinateur m’a tout de suite parlé de notre conduite à la Francaise! Ca commençait bien!

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

Le fait de manger « sur le pouce ». J’aime beaucoup prendre le temps de me mettre à table, partager mon repas avec les autres. C’est un moment de rassemblement pour moi. Ici en général les gens mangent debout et chacun dans son coin, en faisant 36 autres trucs en même temps.

Quand je dis que je suis Française, on me prend pour une Québécoise! Parce qu’au lieu de dire « Canadiens Français » ils disent juste « Français ». Donc je dois toujours dire « je suis Française de France!! »

 

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalités ?

En raison de la facilité d’aborder des Canadiens, oui il est facile de s’intégrer. L’immigration au Canada est une chose importante, je dirai que ça fait partie intégrante du pays. Ici à l’ouest les gens aiment les Européens, donc ça facilite encore plus les contacts. Il est à mon avis bien plus facile à un Francais de s’intégrer ici qu’à un Canadien de s’intégrer en France!

 la riviere Athabasca qui traverse Fort McMurray

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Ici à l’Ouest tout le monde parle anglais. J’ai appris l’anglais à l’école et pensait avoir un bon niveau jusqu’à ce que je débarque ici et réalise que l’anglais de nos livres d’école et l’anglais de tous les jours n’ont presque rien a voir. Mais une fois qu’on baigne dedans ça va assez vite. Ici personne ne va rire DE vous mais plutôt AVEC vous si vous ne vous exprimez pas correctement. Donc même si on est hésitant au départ, après on se lance facilement. J’essaie d’éliminer le Français un maximum, même quand je pense ou parle tout haut!

Le truc sympa c’est que même à l’ouest tout ce qui est administratif, officiel, etc… est fourni en anglais et en français. Ca facilite pas mal les démarches.

 

13- Decrivez votre rue/cadre de vie, votre maison/appart si vous le souhaitez, et s’il y a des particularités

Je loue une chambre, avec un coin salon et une cuisine dans le « basement » d’une maison, c’est le rez de chaussée (généralement tout le monde habite a l’étage). Dans cette ville comme les loyers et l’immobilier sont hors de prix, la plupart des gens font de la collocation ou si ils sont propriétaires ils aménagent leur « basement » pour pouvoir le louer. La maison se situe dans un quartier résidentiel très calme sur les hauteurs de Fort McMurray. Une particularité? Le « hot tub » (jacuzzi) sur la terrasse, je n’ai pas encore testé mais j’ai hâte de voir ce que çà donne quand il fait -20 dehors!!

jacuzzi sur la terrasse par -20°

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Oui les Canadiens font très facilement beaucoup de kilomètres (il y a quelques jours j’ai fait 800 kms aller retour avec des amis pour faire du shopping de Noel!). Il faut dire qu’avec l’immensité du pays il n’ont pas la même notion des distances! Ils aiment partir en camping et nombre d’entre eux possèdent un 4×4 aménagé. Les lignes intérieures en avion coutent assez cher bizarrement donc ce n’est pas leur moyen de déplacement favori.

Aux alentours de Fort McMurray pas grand chose à visiter à proprement dit, il y pas mal d’activités sportives intérieures et extérieures.

 

15- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

Je viens d’arriver alors la question ne se pose pas encore vraiment mais je pense rentrer une fois par an pendant les fetes de fin d’année sauf si ma famille décide de venir les passer ici.

 

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

Je n’ai pas de plans à ce sujet pour le moment, à priori c’est parti pour quelques années au niveau professionnel. Contrairement à mon premier séjour ici, la France ne me manque pas (en tout cas pas pour le moment) et vu le mode de vie des gens ici il doit être très difficile après plusieurs années d’abandonner la nonchalance Canadienne pour retourner à la lourdeur Européenne. En tout cas aucun de mes amis Français qui sont venus immigrer ici ne souhaitent faire machine arrière! Je laisse donc les choses se faire naturellement.

 

18- Quel est le climat ?

En hiver il peut faire très froid quelques jours (-40°), mais globalement il fait aux alentours de -20. Ca fait peur comme ça, mais ce n’est pas SI froid à condition d’être bien couvert et avec les bons vêtements. Je porte un odlo à même la peau, une polaire et une veste softshell et tout se passe plutôt bien! Les bottes Sorel sont un must have! Le froid est très différent de ce que j’ai connu jusqu’à présent, il est sec et donc beaucoup plus supportable.

En été il fait entre 20 et 30 degrés, à peu près comme chez nous.

 

19- Avez-vous des «habitudes » ?

J’ai pris l’habitude de prendre mon cappucino au Starbucks tous les week end (je ne suis pas encore passée à la dose quotidienne!) J’ai du aussi me mettre à la bière (bon avec modération!), parce que vivre au Canada sans boire de bière c’est presque inconcevable!

 

19- Y-a-t-il de la censure ?

Dans certaines chansons, les mots du genre « fuck » sont soit bipés soit remplacés. Je n’ai jamais vu non plus de pub pour la lingerie dans la rue. Mais je vous rassure les Canadiens ne sont pas chastes pour autant!!

 

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » 😉

Une fois lors d’un apéritif, je me sers un biscuit qu’on trempe dans une sauce. Au moment où je vais retremper mon biscuit, un des Canadiens me dit « NO DOUBLE DIPPING!!! ». Comme je viens d’arriver et ne connais pas encore très bien la langue, je lui demande de répéter. Je ne comprends pas. Un ami Européen présent me dit « Ca veut dire que tu ne peux pas tremper 2 fois ton biscuit dans la sauce ». En fait après explication j’apprend que les Canadiens sont très sensibles aux microbes, et que tremper 2 fois son biscuit c’est mettre ses microbes dans la sauce! Il faudra que j’essaie de leur faire essayer la fondue Savoyarde!!! Pas sure qu’ils adhèrent au concept!!

 

« De ma fenetre, je vois.… le quartier résidentiel

Ma résidence :

Le gros pick up des voisins, la résidence et la neige qui tombe :

« De ma fenetre au travail je vois… la foret boréale » :

 Si vous voulez suivre les aventures d’Andrea, c’est par ici :

clic!

Merci Andrea !! Ca me donne encore, pas du tout envie de partir vivre dans le Grand Nord… 😦

(moi aussi je veux voir des animaux partout !!)

***

La semaine prochaine ?

J’attends vos propositions de témoignage !! 

(un petit voyage au soleil, en tongs, nous ferait pas de mal :))

Si vous souhaitez participer, c’est par ici : mariegervais2004 AT yahoo.fr






Fanny & Vincent, 2 Corses à Lévis (Québec)

16 01 2012

1-    Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en duree indeterminee…) Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?

Mon conjoint, Vincent et moi (Fanny) sommes arrivés la première fois au Québec le 8 avril 2008. Cela fait donc près de 4 ans que nous avons quitté la France (plus précisément la Corse). Nous sommes en train de faire nos démarches pour obtenir la résidence permanente puis la nationalité (nous avons un permis de travail post-diplôme qui expire en août 2013), donc le retour n’est pas vraiment prévu. C’est la première fois que nous vivons à l’étranger.

2-    Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des ecoles francaises ? Y avez-vous mis vos enfants ou au contraire avez-vous opte pour le systeme anglais (ou autre) ? Avez-vous acces a d’autres pedadogies ? (Montessori, Steiner…).

Fanny : Nous n’avons pas encore d’enfants, bientôt peut être J

3-    Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

 Fanny : Les gens, très accueillants et très accessibles (valable aussi bien pour une personne dans la rue que pour votre boss ou un de vos profs), la neige en hiver, la diversité des commerces et des restaurants (on peut presque tout faire n’importe quand, week end et jours fériés inclus, et manger pratiquement ce que l’on veut). On vous fait confiance au travail, et ça c’est génial. Les horaires flexibles aussi, on peut venir travailler très tôt (6h30) ou très tard (9h30), c’est au choix.

La proximité avec les animaux également. Il n’est pas rare de voir des écureuils traverser la rue. Nous avons même vu un orignal un matin en allant travailler !

4-    Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ?

 Fanny : Plein de choses. Comme nous venons de la Corse, tout est assez nouveau pour nous. Les centres d’achat gigantesques, où l’ont peut aisément passer toute une journée, la diversité culinaire, la neige en abondance,…

Côté mentalité, les gens ne sont pas tellement différents de chez nous, et c’est ça qui nous a plus, car on a pas été dépaysés de ce point de vue la. La plupart des gens sont aimables et toujours prêts à vous aider. Il est très facile de nouer le contact avec quelqu’un. Le tutoiement est très employé, même entre profs-élèves et patron-employés, ce qui fait que la hiérarchie n’est pas vraiment une barrière. On a souvent joué au soccer ou au hockey et bu une bière juste après avec nos profs lorsque l’on était encore étudiants.

C’est aussi très agréable de sortir dans la rue sans être reconnu toutes les 5 minutes, ou de pouvoir s’habiller comme on le souhaite sans que ça attire vraiment l’attention.

5-    Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

 Fanny : On adore la poutine (frites, sauce brune et fromage en grain, qui fait « scouic-scouic » sous la dent), et les sushis (pas vraiment un plat typique de la région mais on trouve énormément de bars à sushis et de restaurants, c’est très à la mode).

Ce qui nous manque énormément est bien entendu tout ce qui vient de chez nous, à commencer par le fromage Corse (tous les fromages sont pasteurisés ici), et la charcuterie (le figatellu en particulier, car nous avons trouvé du lonzu sur un marché à Québec récemment). 

Il y a très peu de choix au niveau des desserts (oubliez les Danettes, crèmes dessert et compagnie, bonjour les yaourts), donc on se rabat sur les fruits et la glace.

Sinon, tout est souvent trop salé ou trop sucré.

6-    Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

Fanny : Si on peut dire que la poutine est étrange, alors oui. Il y a aussi le pâté chinois, à base de bœuf haché, blé d’Inde (maïs) et patates pillées (ou en purée).

Vincent : Les oreilles de crisse, du lard salé grillé dans une poêle. On se demande ce que c’est la première fois qu’on en voit.

7-    La vie est-elle chere ?

 Fanny : Oui et non. Notre pouvoir d’achat est assez considérable pour le moment, car nous n’avons ni enfants ni voiture, mais les salaires sont bien plus élevés qu’en France (et surtout qu’en Corse) dans notre secteur (les technologies de l’information), ce qui fait que l’on ne compte plus trop depuis que l’on a deux salaires.

 Certains produits sont assez chers, surtout les produits laitiers. La viande et le poisson sont très abordables si l’on regarde ce que l’on achète (le poulet est hors de prix par contre).

 Étant donné qu’il y a énormément de grandes chaînes de magasins (Wal-Mart, HMV, Futureshop, Zellers…), dès que l’un d’entre eux baisse ses prix ou propose une promotion, tout le monde s’aligne (on a par exemple très souvent obtenu des jeux vidéos fraîchement sortis pour moins de 40$ au lieu de 60).

 Il faut tenir compte des taxes, qui ne sont pas appliquées directement sur le produit, mais une fois à la caisse (question d’habitude avec le temps, mais assez surprenant au début).

 Le service n’est pas inclus partout aussi, il faut donc donner un pourboire lorsque l’on va au restaurant, chez le coiffeur ou que l’on prend un taxi. Le pourboire suggéré est environ 15% de la somme avant taxes, mais on peut choisir de donner plus ou moins évidemment, selon le niveau de satisfaction.

8-    Cote conduite ?

Fanny : On a pas encore de voiture (ni de permis de conduire d’ailleurs), mais les gens roulent assez prudemment, même si le clignotant est pratiquement toujours en option. On pourra en dire un peu plus quand on sera nous aussi derrière un volant.

9-    Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

Fanny : La difficulté qu’ont les gens à dire non lorsqu’ils ne savent pas de quoi on leur parle, de peur de passer pour des ignares (ils ont trop longtemps été rabaissés par les canadiens anglophones). Un ami avait demandé à un québécois si il connaissait la Musulmanie, et bien figurez vous qu’il connaît très bien !

 Les publicités incessantes à la télé. Regarder un film est pratiquement impossible, 5 minutes de pubs pour 15 minutes de film, au moins. Alors on achète des DVD.

 En parlant de films, les québécois traduisent quasiment tous les titres de séries et de films, par souci de préserver la langue française. Ça donne souvent lieu à des titres grotesques (Ghost devient « Mon Fantôme d’amour » et Prison Break devient « La Grande Évasion », pour ne citer que ça…). Certains titres de films sont souvent méconnaissables.

 Les forfaits de téléphones portables aussi. Vous payez que ce soit vous qui appeliez ou que l’on vous appelle. Si vous appelez quelqu’un dans une autre ville que la votre, ça passe en interurbain, et ça fait du hors forfait. On a des iPhone et si on ne prend pas l’option d’affichage du numéro, impossible de savoir qui nous a appelé (ni le numéro ni le nom ne s’affiche, même si la personne est dans votre répertoire !). Le forfait de base est déjà pas donné (50$ minimum pour un smartphone), alors avec les options et le hors forfait, ça peut friser les 80-100$ par mois chacun…

Vincent : Les gens qui te poussent et disent « scusez ! » après…

10- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

Fanny : Très facile oui. L’une des langues officielle est le français, cela aide beaucoup, et les français sont assez privilégiés en matière d’immigration (ententes entre le Canada et la France pour l’assurance maladie et la reconnaissance des diplômes notamment).

Il y a beaucoup d’organismes qui aident les nouveaux arrivants aussi, et les gens font tout pour vous mettre à l’aise.

11- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Fanny : Le français, pas de soucis, et nous travaillons à améliorer notre anglais. Nous avons assimilé beaucoup d’expressions et de tournures de phrases québécoises, que nous utilisons au quotidien sans même nous en rendre compte, au point de ne plus savoir comment on disait « avant » J

12- Decrivez votre rue/cadre de vie

Fanny : Nous avons habité à plusieurs endroits depuis que nous sommes arrivés (4 en tout, deux maisons et deux appartements). D’abord en colocation (les deux premières fois), puis seuls.

La colocation est très pratique lorsque l’on vient d’arriver, tout est déjà sur place, pas besoin d’acheter quoi que ce soit (à part peut-être quelques casseroles et poêles et ses affaires de toilette), et aussi très bien pour s’intégrer et tisser de nouveaux liens. Mais on a vite envie d’avoir son chez-soi une fois que l’on est un peu habitués et que l’on a les moyens.

Nous sommes donc en appartement depuis Janvier 2009 (déménager en plein hiver, quel bonheur). D’abord en demi sous-sol (très courant ici, aussi bien dans les maisons que dans les blocs appartement), nous étions très bien chauffés en hiver et un peu épargnés par la chaleur en été, mais la vue sur la route juste devant la fenêtre de la chambre et les fenêtres bloquées en hiver à cause de la neige a vite fait de nous insupporter. Nous avons donc déménagé en Septembre 2010 dans le même bloc appartement, mais au second, avec une pièce de plus, un balcon et la vue sur Québec et le Saint-Laurent

Nous sommes donc à présent dans un « 4 ½ », entendez par la deux chambres, salon, cuisine et salle de bain/WC.

Tous les électroménagers sont immenses, 30 pouces de large (~75 cm), ça fait un gros frigidaire pour deux J

13- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Fanny : Nous sommes très casaniers, et nous n’avons pas encore de voiture, donc nos sorties du week end se résument pour le moment à Québec ou Lévis.

Les distances sont énormes ici, et il faut donc absolument un véhicule si l’on veut sortir un peu et aller visiter.

Si l’on a un peu de temps, Montréal est à 3 heures de route, New-York à 12 heures et le Maine à une centaine de kilomètres.

14- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

 Fanny : Nous ne sommes rentrés que deux fois depuis que nous sommes arrivés. C’est encore plus compliqué depuis que nous travaillons, alors la famille vient souvent nous voir, ça leur permet de visiter un peu par la même occasion.

15- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

 Fanny : Non, pas vraiment. Nous sommes très bien ici, nous avons eu une opportunité merveilleuse et nous ne voulons pas la gâcher.

 Ce qui ne nous donne pas envie, c’est le manque de travail et le fait que beaucoup de choses se dégradent d’années en années en Corse, l’insécurité grandissante notamment. Heureusement, les villages sont encore à peu près préservés.

16- Face a quelle mentalite/habitude/defaut francais etes-vous + clement, avec le recul d’habiter a l’etranger ?

Fanny : Nous avons toujours été très critiques envers les défauts des français ( radins et jamais contents), et nous le sommes encore plus maintenant que nous en croisons à longueur d’année.

 Les mêmes mots reviennent systématiquement quand nous entendons une discussion : « gratuit, pas cher,… ». Désolé si certains se sentiront visé, mais c’est vraiment insupportable. Je ne conçois pas que l’on parte en vacances pour faire Pekin Express avec 1 euro par jour pour seul budget (j’exagère à peine)…

17- Quel est le climat ?

 Fanny : Chaud et humide en été, froid et sec en hiver. Pour ces deux saisons, il faut tenir compte du facteur humidex (en été) qui rehausse la température, et du facteur vent (en hiver), qui la fait chuter encore plus bas.

 On passe très vite de l’hiver à l’été, trois semaines de printemps tout au plus. L’automne est un peu plus marqué, mais il peut faire très froid du jour au lendemain, et on peut de réveiller un matin avec 15 centimètres de neige alors qu’il faisait beau et « chaud » la veille.

 Côté températures, environ 25 en été, entre -5 et -20 en hiver (très supportable lorsqu’il n’y a pas de vent).

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

 Fanny : Nous mangeons souvent très tôt le soir (dès 17h30), ce qui est peu commun quand on vit en méditerranée.

 On va souvent traîner dans les magasins après le travail.

 On fait aussi nos courses le dimanche soir, c’est ouvert jusqu’à 22h tous les jours, pourquoi se priver !

19- Y-a-t-il de la censure ?

 Fanny : Non. Il y a même des publicités plus adultes à partir de minuit, même sur Teletoon !

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » :

 Fanny : Il y en a eu plein bien sur, mais quand on nous a dit que l’on pouvait trouver de la liqueur dans un distributeur, on est restés un peu bête (le mot liqueur ici est employé pour les sodas).

 Et on va chercher nos colis et acheter nos cartes de bus à la pharmacie. Certaines fois, on y va pour les médicaments.

 Vincent : Je savais pas trop où mettre ça, mais c’est un peu dépaysant en somme, ici ce sont les filles qui jouent le plus au soccer !

« De ma fenetre, je vois…. » :

 De la fenêtre de notre salon : De la neige, le Saint-Laurent et la ville de Québec.

merci Fanny et Vincent pour cette visite enneigée 🙂

Leur blog :

***

La semaine prochaine direction… l’Alberta au Canada (oui, oui, encore le Canada :)), pour une visite en hélicoptère avec Andrea !

Si néanmoins vous là, qui me lisez, oui, vous ! Si vous habitez ailleurs dans le monde, dans un petit ou un grand pays, dans la brousse ou au 40ème étage d’une tour, en tongs ou en apres-ski toute l’année…. contactez-moi !!

par ici -> mariegervais2004@yahoo.fr





MERCI A TOUS et TOUTES !!!

3 01 2012

Et merci à WordPress pour ce joli compte-rendu de mon année avec vous : (clic en bas)

Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2011 pour ce blogue.

Voici un extrait:

Le Musée du louvre reçoit 8,5 millions de visiteurs chaque année. Ce blog a été visité environ 72 000 fois en 2011. Si c’était une expo au Louvre, il faudrait à peu près 3 années pour qu’autant de personnes la visitent.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

 

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Et BONNE ANNEE TOUT LE MONDE !!

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Une famille, des tapas, l’ouverture sur les autres ….en Alméria (Espagne)

19 12 2011

Bonjour, nous sommes une famille belge de 8 personnes (2 fils et 4 filles dont la dernière adoptée en Thaïlande).  Les enfants ont tous suivi leur chemin – dont 2 en Nouvelle Calédonie – fait qui pourrait faire un article aussi d’ailleurs. 

Notre « petite dernière » vient d’aller les rejoindre ce 1er décembre 2011.

 Mon mari ayant perdu un bon poste en Belgique pour cause d’une faillite d’entreprise (donc pas d’indemnités du tout) et trop âgé pour retrouver du travail, nous nous sommes remis en question et avons pris la décision d’aller en Andalousie, là où il fait souvent beau et chaud – vieillesse oblige et aussi pour ouvrir « une fenêtre » sur les gens (nous savions qu’il y avait pas mal d’immigrés africains en Andalousie). But : donner un coup de main aux personnes qui désirent garder leur dignité (tout ceci est personnel bien sûr). Nous avons donc tout quitté (même le domicile – c’était radical) et avons rejoint la province d’Alméria.(Roquetas de Mar) Pourquoi ? Parce qu’après avoir consulté internet, nous avions vu qu’il y avait plus pauvres que nous à El Ejido.  On voulait aider des gens plus démunis que nous !!

 

photo d’une habitation de travailleur étranger.

 

Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ?

Nous y habitons maintenant depuis 2 ans.

 Pour combien de temps ?  c’est sûrement pour une longue période de temps (durée indéterminée…) Est-ce la première fois que vous vivez a l’étranger ?

 Non, nous avons déjà fait 2 ans en France (Ardèche).

 

2- Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des ecoles francaises ? Y avez-vous mis vos enfants ou au contraire avez-vous opte pour le systeme anglais (ou autre) ? Avez-vous acces a d’autres pédagogies ? (Montessori, Steiner…)

En ce qui concerne la scolarisation, pas de problèmes puisque notre dernière (21 ans) s’est inscrite à un cours d’Espagnol pour adultes le soir organisé par la Junta afin de pouvoir mieux comprendre et s’exprimer en espagnol. Pour nous, nous avons adopté la méthode « douce » : lire (avec dictionnaire en permanence au début), déchiffrer les sous-titrages pour les sourds des émissions de télévision, contacts avec la population.  Mais comme nous avons trouvé de nombreux amis sur place (le monde est si petit parfois !!) nous parlons trop souvent à mon goût le français.  Mais « poco a poco » – petit à petit – la langue s’imprime gentiment dans nos petites cellules grises.

 

3- Vos enfants sont-ils bilingues ?

Tous nos enfants hors « bercail » le sont puisqu’en Belgique, le néerlandais est déjà une langue obligatoire mais dans ce cas-ci, il n’y a que notre « dernière » qui s’est mise à une langue en plus de l’anglais, c’est l’espagnol.

 

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

La luminosité extraordinaire (au début, mes yeux ont eu des problèmes) – la chaleur des habitants (quand ils ne parlent pas trop vite on se débrouille bien) – le bleu du ciel presque permanent et celui de la mer contrasté par le calme tranquille des montagnes en arrière-plan, les palmiers (côté infaillible exotique), les plantes en fleur tout le temps (mon côté doigts verts est en plein délire)

 

 

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalité principalement)

Nous n’avions pas à nous plaindre en Belgique (sauf pour ce qui est du conflit permanent des langues alors que nous sommes multilingues c’est-à-dire sans problèmes relationnels avec personne) mais il y a ici une certaine convivialité : Si à Bruxelles nous ne connaissions pas nos voisins, ici, les contacts sont totalement différents : un sourire, un bonjour, un service rendu etc… c’est touchant.  Et puis, il y a cette énorme diversité de cultures : En plus des Espagnols, en promenade, quand on nous entend parler français,  nous rencontrons des Maliens, Mauritaniens, Sénégalais, et comme nous connaissons également l’anglais, des Nigérians etc… qui, jusqu’à présent, se sont tous montrés polis, propres de leur personne même s’ils sont dans une pauvreté extrême et accueillants (nous aimons les contacts multiples qui enrichissent). Cela ne fait pas l’ombre d’un pli : ils recherchent le contact loin de chez eux. Et nous, on aime leur parler.

Bien souvent, en les revoyant, ils nous appellent « papa et mama » et nous parlent de leur famille là-bas au loin.  Nos promenades ne sont jamais style « voyage organisé » clic / photo et puis on s’en va.

Nous nous engageons souvent aussi. C’est tellement beau des yeux qui brillent et un cœur qui s’ouvre !! les autres sont d’une telle richesse !!

 

 

6- Côté alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

Ouf !! on adore les « tapas » – c’est-à-dire que lorsque nous allons nous promener avec des amis ou seuls,  quand nous commandons une boisson, nous recevons automatiquement en accompagnement un « petit »  plat bien typique andalou (très très mauvais pour le régime) car entre amis, les sorties sont assez fréquentes. Nous aimons aussi la grande variété des poissons frais – nous sommes de bons mangeurs – la paëlla, le jambon serrano, le bon vin espagnol, etc… vous comprendrez bien sûr le problème de la prise de poids à notre âge (nous sonnons à la porte de la retraite)

Ce qui nous manque le plus ? : à mon mari : le bon chocolat belge, ça c’est sûr. Un bon nougat. Des spéculoos et comme bons belges, l’américain préparé façon de chez nous.  Sinon, tout ce que nous avons besoin, nous le trouvons dans les commerces qui sont bien semblables à ceux de la Belgique.  Aussi, ce qui nous manque (c’est moins évident) un vrai de vrai « service médical ».  Nous avons été témoins d’une personne renversée par une voiture et gravement atteinte : la « bonne et vraie » ambulance (la 2ème) est venue après 1/2h.  Autant dire que si c’est très grave, ………….

 

7- Y a-t-il des plats typiques « étranges » ? (genre graisse de mouton, fourmis grillees…Y’a tjs !)

Ici,  en bons belges, on a oublié le steak/frites/salade.  Aïe Aïe, on a découvert les « Tapas »….. A chaque boisson commandée, ils vous servent un « plat » qui accompagne. Pour le même prix que la boisson. :  les « chipirones » (bébés calamars frits), calamars a la plancha (grillés) beaucoup de fritures de poissons aussi etc… que nous ne connaissions pas en Belgique.  Mais cela ne nous a pas effrayés : c’était si beau dans l’assiette. (et si bon aussi), les moules (géantes pour nous), et tant d’autres choses qu’on ne sait pas mentionner.

 

 

8- La vie est-elle chère ?

Très sincèrement, non. Il y a le phénomène de grande récession économique…. C’est terrible.  Mon côté empathique me fait beaucoup prendre conscience de l' »autre ».

 Enfin, l’appartement que nous occupons ici et qui nous plaît très fort puisque nous avons une énorme terrasse en léger contrebas + jardin plein de bougainvillées, canas etc… nous coûte, je pense 2 à 3 fois moins cher qu’à Bruxelles.  Nous ne connaissons pas non plus de problèmes de chauffage hivernal (calculez le budget….) et nous avons déniché d’excellents petits magasins marocains ou algériens où la baguette coûte 25 centimes, la viande de bœuf bien fraîche à 4,5 euro jusqu’à 8 euro/kg, tous les légumes de saison se renouvellent etc sans parler de leur accueil chaleureux quand nous parlons français… et il y a la présence de magasins tels que Lidl, Dia, Al Campo (Auchan) où on a une belle palette de prix et de choix également qui ne nous privent pas des produits « du pays ». Sans compter les marchés bien connus en Espagne. (J’espère que nous ne faisons pas du pub, sinon, effacez les noms)

 

 

9- Cote conduite ?

Pas trop de problèmes.  Une propension à brûler les feux rouges (mais là, on est prudents avant de s’engager.)  Comme la vie est plutôt douce, on trouve parfois les gens garés en travers de la route en train de bavarder….. ou s’arrêter de travers dans la rue pour aller chercher un pain

On se gare n’importe ou même en plein carrefour

 

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Surtout, les klaxons !! Quand des employeurs viennent chercher leur personnel, ils sonnent bien haut du « cornet » même si c’est à 6h du matin pour rassembler leurs troupes.  C’est parfois agaçant.  Ce qui nous touche aussi, c’est  une sorte de racisme par rapport à toute cette multitude africaine en mal de travail (les patrons font travailler dans des conditions épouvantables parfois, et il arrive qu’on entende qu’ils ne paient pas. Il y a eu un décès à + de 50° l’année passée…..) Alors on écoute, on parle, et parfois on aide aussi car c’est nécessaire.  Mais nous ne sommes pas la croix rouge.

 On aide aussi à faire leurs démarches pour l’obtention des papiers qui est un vrai parcours du combattant et c’est peu dire. Quand on ouvre les yeux vers l’extérieur, on découvre aussi leur logement, leurs conditions de travail… alors, on est parfois mal. Si l’on voit l’évolution dans le contexte de l’agriculture expansive, on comprendra facilement l’expression « les mers de plastique » et c’est le premier regard que nous avons eu en arrivant, en dehors des palmiers.  Des kilomètres de serres en plastique où beaucoup de personnes triment pour leur survie. (voir progression photo aérienne suivante) Egalement, dans les habitudes culturelles, l’Espagne étant un pays catholique très croyant, il y a beaucoup, beaucoup de fêtes (cela ne nous dérange pas) mais à cette occasion, ils emploient des fusées/pétards jusque très tard dans la nuit (donc très souvent des explosions à tout bout de champ), cela c’est moins gai. Mais bon, on prend les bonnes choses comme les moins bonnes…

tout le blanc qui envahit ce sont les hivernaderos

 

11- L’intégration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’intégrer et de rencontrer toutes sortes de nationalités ?

Pour nous, personnellement, l’intégration est facile. Pas pour d’autres.  Nous connaissons des personnes françaises, belges, espagnoles, anglaises,  donc il n’y a pas de sentiment de solitude, et quand nous nous intéressons aux gens, on n’est jamais vraiment seuls.  S’intégrer à proprement parler, là, je ne sais vous répondre car les espagnols aiment « sortir manger » et ont  plutôt des contacts à l’extérieur de la famille plutôt qu’à l’intérieur. Leur dimanche est sacré et beaucoup de familles sortent « manger » à l’extérieur.  Pour ce qui est de rencontrer toutes sortes de nationalités, comme vous avez pu le lire, nous sommes plutôt gâtés. Là, pas de problèmes. Le problème, c’est plutôt de savoir nous fixer des limites à la pauvreté des immigrés et là, c’est dur, dur…quand nous les connaissons bien. Dur dur aussi d’éviter de sortir beaucoup avec des amis…. On doit respecter un équilibre familial sinon on  est vite débordés.

 

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

On commence à assumer, et nous n’avons pas pris de cours, la langue espagnole étant d’origine latine (si on a fait du latin et on  en a fait), il faut simplement s’imprégner des tournures de phrases. Et puis, côté langues, on n’a pas à se plaindre étant déjà multilingues.

 

13- Decrivez votre rue/cadre de vie (j’aime bien ce detail), votre maison/appart si vous le souhaitez, et s’il y a des particularites (par ex: les logements gigantesques a Dubai, 1 sdb par chambre…)

Notre cadre de vie : 8 mois dans une maison à la montagne (700 m de hauteur), le reste à la ville même (à 2 rues de la plage). A la montagne, nous avons découvert cette tranquillité dont nous avions besoin : nous avons même vu des bouquetins défiler devant chez nous. Et nous nous sommes extasiés devant la diversité de la nature.  Nous ne connaissions pas les plantes méditerranéennes. (celle des montagnes est superbe mais très discrète).  Ici, en bas, ce qui est super, c’est notre logement bien situé à la ville (pas au centre mais pas trop loin non plus).  Tout peut se faire à pied. Il n’y a pas à proximité d’énormes buildings, mais de bons bâtiments (en général de 3 à 5/6 étages)  et ce que nous apprécions le plus, c’est notre terrasse ainsi que les fenêtres qui vont presque jusqu’au plafond (double isolation) : l’hiver est toujours lumineux.  Comme le disait Jacques Brel, nous ne connaissons pas de « ciel si bas qu’un canal s’est noyé »…. C’est en été – juillet/août – qu’il faut un peu peiner car la chaleur y est tout de même importante. Mais alors c’est l’occasion de « piquer du nez » vers la plage.

 

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Très facile.  Tout ici, mer, montagne, parcs naturels, est accessible – 1/2h à 2h de route pour voir de si belles choses. A Almeria, nous avons visité la Alcazaba (château), Au Cabo de Gata (réserve naturelle), de superbes criques, il y a aussi les villages blancs, et puis….. la féria (Séville) que nous allons tester l’année prochaine, Grenade et l’Alhambra, Cordoue et sa Mezquita,  La Sierra Nevada et ses sports d’hiver, etc… Là il faut que je m’arrête, trop de choses à visiter. Et là, je crois que vous avez compris notre amour profond pour tout ce qui nous entoure. C’est vrai que nous avons connu un changement profond dans notre façon de vivre depuis la perte importante du travail de mon mari, mais nous faisons du « recyclage ».  On redécouvre tout ce que la vie peut offrir de beau en parallèle avec la pauvreté.  On s’ouvre vers l’extérieur.

 

15- A quelle fréquence « rentrez »-vous en France ?

 En Belgique, nous sommes rentrés à bonne fréquence (2 ou 3 fois en une année) cause : mariage d’une de nos filles et la famille est nombreuse, visites médicales pointues chez nos spécialistes mais tout cela se fait tellement facilement (les « vols pas cher » nous offrent des voyages à des prix cassés) .

 

16- Avez-vous prévu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

  On devra peut-être rentrer un jour en Belgique (santé, vieillesse ???) mais pour ce qui est de notre part, avant d’en arriver là, laissons passer le temps.  J’aime les voyages, les gens, la chaleur, la diversité…donc, si l’on peut prendre encore quelques bons moments utiles ou personnels, prenons-les. Je dirais : si quelqu’un connaît les moyens d’aller en Asie (pays d’adoption de notre dernière) pour long terme (étant donné notre âge)  j’oserais même être partante, mais il paraît que ce n’est pas possible à long terme, enfin, on verra car le charme de l’asie est indescriptible.

Pas envie de retrouver le ciel gris, la pluie, et les taxes, les conflits politico/linguistiques (qui sont tellement petits par rapport aux besoins essentiels de la vie),  pas envie des agressions, contestations etc.. et la vie chère aussi…..

 

17- Face a quelle mentalité/habitude/défaut francais êtes-vous + clément, avec le recul d’habiter a l’étranger ?

 Je ne sais que vous répondre.  Nous avons quitté le pays par décision d’améliorer notre ordinaire après avoir été franchement trahis, délestés (puisque aucune rétribution – faillite – ni parachute doré……….) et effrayés devant un tel armement procédurier. Prendre du recul est très difficile dans un monde où la justice a plusieurs vitesses.  Mais c’est vrai, avec le temps, nous ne sommes plus écrasés, révoltés, dégoûtés… ma réponse est : laissons faire.   Don Quichotte de la Mancha nous le rappelle.  On ne peut se battre contre le monde entier. Et puis, le pays choisi nous le rend bien.  Prenons les choses avec du recul.

 

18- Quel est le climat ?

Pour l’instant, nous avons encore 21° le midi (11/12/2011) plein soleil, mais cela ne va pas tarder à changer : décembre/janvier/février, il fera moins chaud et + de pluie et beaucoup de vent parfois (on peut aller jusque 5 ou 6 degrés)… et l’été, c’est bien connu : chaud et sec : cela peut dépasser les 35/38°)  Mais avec le réchauffement climatique, cela peut toujours changer. 

 

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

Nous avons pris l’habitude de nous lever tard… et comme beaucoup ici, de profiter des longues soirées chaudes. Les barbecues sur la plage se font parfois collectivement le soir en été après 21h : nous connaissons plein de monde.  Et quand il fait chaud, … on ne dort pas forcément bien trop tôt.  L’habitude d’une bonne « Tapas » aux promenades, et un peu de dolce vita après avoir éduqué 6 enfants. (c’est rare, nous avons trouvé ici d’autres enfants d’autres pays).

 

19- Y-a-t-il de la censure ?

Pas que je sache.  Nous ne suivons pas trop la politique. Je pense que l’Espagne est assez libre.

 

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante »:

C’est mon cas comme celui d’une amie donc bien confirmé :  elle devait faire une densitométrie osseuse et avait reçu un RV à l’hôpital de Poniente : elle s’est retrouvée couchée en position gynéco avec examen « approfondi ».  Commentaire du médecin : on sent bien le col utérin….. Mon amie lui a alors expliqué qu’on lui avait fait l’ablation de ses organes (donc plus de col);  question suivante : depuis quand n’êtes-vous plus réglée ? (plus d’organes ……. Vous en déduisez quoi ?)  enfin, nous sommes ressorties  sans sa  densitométrie en pouffant de rire avec un RV que l’hôpital allait lui confirmer par téléphone  pour sa densitométrie à venir (appel qui s’est fait 8mois plus tard alors qu’elle avait terminé le tout en 2 jours en Belgique).

Même cas chez moi pour une prothèse de hanche…. 3 mois et toujours pas de Radio de contrôle mais j’ai tout de même vu 2 médecins différents…. C’est bien non ?

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ????? (à faire peur) nous n’habitons pas un continent perdu!!

 

21- « De ma fenêtre… je vois » : 

Le cœur.  On se sent bien, où on a envie d’être. Ce n’est pas le cas de tout le monde.  De la luminosité, un regain d’énergie, de la chaleur, de la gentillesse, des plantes à vous donner l’indigestion si vous êtes doigt vert, de la pauvreté tellement triste, si vous ne voulez pas, faites l’aveugle.  En fait, tout un monde ouvert à nos yeux et à notre cœur. L’Andalousie est si captivante. A vous lire d’ailleurs, on irait partout dans le monde!!! Il y a toujours de la place pour les gens ouverts. (attention aux kidnappings).


Surtout mon jardinet. Quelques vues

 ***

Merci pour ce témoignage vraiment ouvert, chaleureux et riche !!  On voit souhaite une retraite heureuse et tranquille, en Espagne ou ailleurs…

La semaine prochaine ? … Je ne sais pas encore !

Je réitère mon appel à la jeune femme qui m’a envoyé un mail pour participer vendredi : il a disparu malencontreusement avant que je puisse retenir votre prénom et que je puisse répondre !!!! Si vous lisez ceci, recontactez-moi !!!!







A la demoiselle (madame ?) qui m’a écrit…

17 12 2011

… pour me proposer de témoigner, aujourd’hui vendredi 16 décembre : désolée je n’ai pas eu le temps de retenir ton prénom, ton mail a été aspiré dans un trou noir numérique : peux-tu me recontacter que je te renvoie le questionnaire ??

 

Merci !





Thierry, les bonbons à la patate, -45° au bord du lac, à Québec (Canada)

7 12 2011
1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?
 Nous sommes arrivés au Canada, dans la ville de Québec, en septembre 2008, avec un visa de résident permanent. Cela fait donc un peu plus de 3 ans. Nous sommes repartis de zéro. Nous venons de demander la citoyenneté canadienne (la procédure prend un an et demi !). 

C’est la première fois que nous vivons à l’étranger mais nous avons pas mal voyagé avant, notamment en Asie du Sud-Est.   

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?
 Le climat (on adore l’hiver, surtout moi) ; la faible densité de population une fois sorti des grandes villes ; la sécurité et la quasi-absence de délinquance ; les horaires de travail, très agréables ; la proximité de la Nouvelle-Angleterre ; notre maison.
5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalite principalement)
 Plus d’opportunités de travail (même si rien n’est facile !) et le fait que les diplômes – souvent non reconnus d’ailleurs – ne soient pas systématiquement obligatoires pour postuler à tel ou tel emploi.
L’immobilier plus accessible, même si ça a bien augmenté ces dernières années.
Les formalités administratives qui se font toujours très vite, et les magasins tout le temps ouverts ; ça, c’est très appréciable.

6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?
 Que l’on adore… ouf, pas grand chose. Hormis le sirop d »érable que j’ai appris à adorer, il n’y a pas grand chose qui nous fait saliver ici…
Ah, si, il y a le crabe des neiges qui est excellent, et le homard, bien sûr. On aime bien la soupe aux pois également. Mais madame est un véritable chef et cuisine tous les jours comme pour un grand restaurant, alors je ne me plains pas ! On trouve presque tout ici, mais souvent c’est hors de prix (fromages, vins, (bonne) charcuterie, etc.). D’une manière générale, l’alimentation est chère. Mais régulièrement, on se fait envoyer des colis « survie », remplis de bons produits de notre Sud-Ouest natal (au moins pour moi). La nourriture ici est trop sucrée, trop salée, trop grasse, trop… trop.

7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?
 Les bonbons aux patates et la poutine, une espèce d’assortiment de frites, de fromage qui fait « couic couic » et d’une étrange sauce brune… Très bof.

8- La vie est-elle chere ?
 Oui. Au moins autant qu’en France. La seule chose qui fait une différence, c’est l’immobilier. Et encore, comme je le disais plus tôt, ça a bien augmenté…
Mais il faut savoir que le Québec est la région la plus taxée en Amérique du Nord… et l’on se demande où passent ces taxes !

9- Cote conduite ?
 Les Québécois ne savent pas conduire… Et pour cause, pendant longtemps, ils n’avaient pas de cours de conduite ! Ce qui m’énerve le plus, c’est de les voir se coller aux fesses en permanence, et ce qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige… Il y en a pas mal qui ont été surpris par des coups de frein… si vous voyez ce que je veux dire ! Je pense qu’ils sont totalement inconscients (au premier sens du terme) des dangers de la route.

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?
 Ah ben ça, on est radicalement différents, Français et Québécois. La culture et les mentalités sont totalement différentes, et l’on ne se fera jamais à certaines choses (beaucoup).
Il y a les heures de repas (11 h 30 le « midi » et 17/18 h le « soir »), la culture du fric (encore et toujours), la surconsommation, la pollution et le gaspillage, et beaucoup d’autres choses… mais je vais m’arrêter là.

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?
 L’intégration est moyennement facile, en partie pour les raisons évoquées plus haut. Ensuite, il faut savoir que les Français « jouissent » d’une réputation plutôt mitigée au Québec, donc… Chez certains Québécois, on n’est même pas loin du racisme… Le communautarisme, nous ne l’avons jamais cherché. Mais, par la force des choses, on fréquente essentiellement des Français. Des Québécois également, mais disons que ceux-ci se démarquent nettement du « Québécois moyen ». À Québec, il y a encore assez peu d’étrangers (hors Europe), mais c’est en train de changer. Mais l’Amérique du Nord est une terre de communautarisme, c’est indéniable. Ici, on ne s’assimile pas ; on s’intègre, plus ou moins.

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?
 Le québécois (rires) ? Oui, un peu. Mais je préfère le français…

13- Decrivez votre rue/cadre de vie
Nous avons acheté une maison en juin dernier, en banlieue nord de Québec, au bord d’un lac et au milieu de la forêt… le rêve ! Hier encore, je me disais que nous avions énormément de chance de vivre dans ce secteur, loin de la ville ! Je ne m’en lasse pas.

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?
 Dès que nous avons 3 jours, nous partons… essentiellement dans le Maine (États-Unis) ou ailleurs en Nouvelle-Angleterre. La frontière est à 160 km d’ici et l’océan à 450 km, au plus près. En hiver, nous partons souvent faire des raquettes, du patin à glace ou du ski. Mais sinon, tous les « fameux » grands espaces sont soit privés, soit payants, soit inaccessibles… Ça, c’est un mythe qui s’effondre.

15- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?
 Nous ne sommes rentrés qu’une seule fois, en octobre dernier, soit 3 ans après notre arrivée. Idéalement, nous aimerions rentrer une fois par an ; mais cela coûte très cher et on manque de vacances…

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?
Oui. Mais quand, nous n’en savons rien. Ce qui ne nous donne pas envie de rentrer en France ? Je préfère que cela reste privé.

18- Quel est le climat ?
 Ah ça, c’est mon rayon. Le climat est continental humide, c’est-à-dire modérément chaud et humide en été, et très froid et très neigeux en hiver. C’est très pluvieux et/ou neigeux tous les mois de l’année ; la sécheresse n’existe pas ici.
À Québec, il tombe en moyenne 310 cm de neige par hiver. L’enneigement permanent débute, en moyenne, fin novembre et s’étend jusqu’à mi-avril. Lors des plus belles vagues de froid, il peut faire jusqu’à -35 °C à Québec, et jusqu’à -45 °C en banlieue nord, plus loin du fleuve (là où l’on habite, par exemple). Mais disons que les températures entre -5 °C et -25 °C sont la « norme » en hiver ici.
L’été, la moyenne des maxima est de 24/25 °C et il ne fait jamais plus de 33/34 °C. Mais l’air est toujours humide. Certains jours, cela peut être difficilement supportable. Les intersaisons sont courtes, surtout le printemps.

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)
 Nous vivons à la française en habitant à l’étranger. La culture locale est trop différente et trop à l’opposé de la nôtre pour que nous l’adoptions. En fait, nous prenons le bon de chaque culture. Mais notre culture française est souvent beaucoup trop forte pour que nous lâchions du leste…

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » ;)
On m’a déjà demandé si la France était en Europe, et si Paris était en France… Et je suis très sérieux.

« De ma fenetre, je vois…. » :
Photos prises hier 
La vue sur le lac, depuis notre maison.
La rue qui passe devant chez nous.
Pour d’autres nouvelles, ou pour le plaisir, passez voir mon blog : http://mal.blogs-de-voyage.fr/
Merci Thierry, pour cette vision un peu + mitigée sur ce pays 🙂
C’est intéressant d’avoir des points de vue différents (surtout sur le Québec, d’habitude c’est « tout génial » :)), et c’est bien l’objet premier de ce blog !
Je rappelle que l’intérêt de ce dernier est de présenter la vision personnelle de chacun, puisque, critique ou pas critique, tout est subjectif !
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J’attends vos témoignages, n’hésitez pas à nous faire partager votre vie quotidienne, et la vue de votre fenêtre préférée !
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