Amy, les cleaning day, les Makasutu et l’huile de palme…. en Gambie

12 09 2011

* Amy, 32 ans, je vis en Gambie depuis bientôt trois ans avec mon mari, et nos trois enfants (7 ans et demi, 3ans, et 1an).

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? Est-ce la première fois que vous vivez a l’étranger ?

Je suis venue rejoindre mon mari qui est expatrié ici depuis juillet 2008. Je suis arrivée en décembre 2008 avec les enfants car j étais enceinte de mon deuxième fils et j ai préféré accoucher en France avant de venir. J’ai pris un congé parental que j’ai renouvelé puisque notre petite princesse est arrivée entre temps. Mon mari a vécu à Londres pendant deux ans. J’étais en ce temps la reste sur Paris pour mon travail, ce qui entrainait d’innombrables voyages Paris -Londres (heureusement il ya l’Eurostar).

2- Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des écoles françaises ? Y avez-vous mis vos enfants ou au contraire avez-vous opte pour le système anglais (ou autre) ? Avez-vous accès à d’autres pédagogies ? 

Il y a une école française à Banjul (capital de la Gambie). Elle est vraiment très petite, une centaine d’élèves à peine. Elle va de la TPS au CM2. A partir de la 6eme, les cours sont dispensés par le CNED. L’ainé y est inscrit depuis notre arrivée. Mon deuxième fils qui a trois ans y a fait une année de Toute Petite Section mais nous avons décidé de le mettre à la rentrée, dans une pre school anglaise (leur modèle d’apprentissage nous semble plus approprié à cet âge).

Cela dit, il finira comme son frère (et sa sœur plus tard) par aller à l’école française dés le CP car nous voulons que ça leur serve de fil rouge, vu que nous serons amenés à changer de pays encore et encore.

3- Vos enfants sont-ils bilingues ?

Ils ne sont pas du tout bilingues, mais on y travaille. L’ainé a une bonne compréhension de l’anglais. Il est inscrit dans un centre proposant des after school program, Dieu merci aucun élève de l’école française (pas moyen de parler français). Les intervenants et les autres enfants sont exclusivement anglophones. Ca l’aide beaucoup. Pour le deuxième, nous espérons que le fait de commencer la pre school anglaise à la rentrée va être bénéfique dans ce sens.

4- Qu’-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

La qualité de vie (zéro stress, la sécurité). Tout est accessible, la ville, le pays est tout petit. Comparé à d’autres capitales africaines comme Dakar, la Gambie reste un gros village, dans le sens ou il n’y a pas un énorme trafic sur les routes, pas de construction à perte de vue, la ville est très verte.

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ?

Les gambiens sont très accueillants, très gentils et disponibles, la sensation de sécurité. Nous avons ici une qualité de vie que nous n’avions pas en France. Je profite de mes enfants. Il y a également un esprit de solidarité très fort aussi bien dans les bons comme dans les mauvais moments.

6-Coté alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

On trouve ici toutes sortes de poissons à des prix plus qu’abordables. Les homards, les énormes crevettes, toutes ces choses qui coutent cher en France sont données ici.

Ce qui nous manque le plus ce sont les bons chocolats, les bonnes pâtisseries et viennoiseries, les fromages, les produits laitiers, et les restaurants japonais pour mon mari. lol

Par contre, sur le plan médical, il n’y a RIEN. A chaque fois que je vais en France, je renouvelle mon stock de médicaments pour les enfants. Nous allons à Dakar (SENEGAL) pour le pédiatre, les soins dentaires, le gynécologue, TOUT.

7- Y a-t-il des plats typiques « étranges » ? 

Les gambiens utilisent beaucoup d’huile de palme dans les plats locaux. Nous n’aimons pas trop ca. Sinon il n’y a rien de vraiment « étrange »

8- La vie est-elle chère ?

Les produits locaux ne sont pas chers. Les restaurants restent abordables aussi. Les produits importés (les produits frais) par contre sont très chers. La chaine du froid est loin d’être garantie.

9- Cote conduite ?

Volant à gauche comme chez nous. Il n’y a pratiquement jamais d’embouteillage dans ce pays. C’est super. Par contre, il n y a pas de règle sur la route. Il faut constamment être vigilant au volant, et se méfier des taxis. Ce sont les seuls moyens de transports collectifs qui existent ici. Ils s’arrêtent n’importe ou n’importe quand, sans signaler, pour prendre ou faire descendre un client.

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalités, les habitudes culturelles du pays ?

Sur le plan culturel, il n’y a vraiment pas grand chose à découvrir ici. Le niveau d’alphabétisation est très bas, pour preuve la Gambie vient tout récemment d ‘avoir sa première université. Les gambiens ne sont pas curieux du tout de ce qui se passe/ se fait dans le monde.

11- L’intégration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’intégrer et de rencontrer toutes sortes de nationalités ?

Pas vraiment, les seuls gambiens que nous fréquentons sont les collègues de mon mari. Il y a un fort communautarisme. Il n’y a pas beaucoup de français ici, nous nous connaissons tous pour ainsi dire. Les anglais sont organisés de leurs cotés, et les américains aussi.

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Mon mari et moi parlions déjà couramment l’anglais.

13- Décrivez votre rue/cadre de vie 

Nous avons la chance d’habiter dans un complexe avec une magnifique vue sur l’océan Atlantique, dans un bel appartement en duplex. Le quartier est très calme, et surtout nous sommes à 5mn à pieds de l’école française. Nous avions la possibilité de prendre une grande maison avec jardin, mais il faut trouver un jardinier pour l’entretenir, un gardien, acheter un groupe électrogène vu que les coupures d’électricité sont courantes etc… Ici tout est fourni. De plus vu que mon mari va souvent en mission dans la sous-région, je me retrouve seule avec les enfants, il est plus confiant de nous savoir ici que dans une maison individuelle.

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses à visiter aux alentours ?

Oui c’est assez facile, il y a quelques éco-Lodge qui sont magnifiques en pleine forêts (Makasutu) , de magnifiques plages jamais bondées où l’on mange du bon poisson frais pour rien. La faune est très diversifiée, on voit ici des espèces très rares d’oiseaux, des boat trip sont organisés le long du fleuve Gambie, il ya quelques parcs et réserves naturelles. Et le Sénégal voisin est tout proche également.

15- A quelle fréquence « rentrez »-vous en France ?

Deux fois par an, pour Noel et pendant les grandes vacances

16- Avez-vous prévu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne pas envie de revenir habiter en France ?

Non rien n’est prévu, tout dépend de la prochaine affectation de mon mari. Le stress de la vie parisienne ne nous donne AUCUNE envie de revenir.

17- Face a quelle mentalité/habitude/défaut français êtes-vous + clément, avec le recul d’habiter a l’étranger ?

Aucun

18- Quel est le climat ?

Nous avons ici un climat subtropical. Il y a une saison sèche d’octobre à mai, il fait toujours chaud, en moyenne 25 degrés, la nuit la température descend parfois jusqu’ à 16 degrés ; et une saison des pluies de juin à septembre. Il pleut abondamment. Et qui dit pluie, dit eaux stagnantes, moustiques, malaria. La meilleure période pour visiter le pays est d’octobre à mai.

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes françaises ?)

Nous avons gardé nos trois repas par jour (+ le goûter pour les enfants). Les gambiens prennent un gros petit déjeuner, ne mangent pas à midi et dînent très tôt le soir.

19- Y-a-t-il de la censure ?

Oui, partout et pour tout. Il n y a pas de multi-partisme, pas de liberté de la presse ni d’expression, et beaucoup de propagande en faveur du tout puissant président.

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « dépaysante »

Le gouvernement organise un cleaning day le dernier samedi de chaque mois. Tout le monde doit rester chez soi et nettoyer sa maison et les alentours. Aucun véhicule ne circule, aucun commerce ou bureau n’est ouvert. La ville est morte de 9heure à 13h. C’est vraiment déroutant quand on vient d’arriver.

« De ma fenêtre, je vois…. » : 

De ma fenêtre, je vois ma piscine au premier plan et l’océan juste derrière.

 

Merci Amy pour cette incursion dans un pays très méconnu, ça donne envie d’en savoir + ! (déjà maintenant on saura le placer sur une carte :))

Et je suis pour l’instauration d’un « cleaning day » en France !

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La semaine prochaine, on va découvrir le Mexique, avec Agnès !