Melanie, son sourire et sa patience, ses gardes et ses moules en silicone… a Kabul (Afghanistan)

17 05 2010

La vie d’expatriée en Afghanistan

« Nouvelle explosion à Kaboul », « attentat à Kandahar », « Enlèvement de 2 journalistes français », l’Afghanistan est loin d’être en tête des destinations d’expatriation et pour cause…

Hier, je souhaitais aller au bout de la rue (100m à tout casser) à pied, j’ai dû négocier 10mn avec mon responsable qui a fini par accepter si j’emmenais un garde avec moi.

En Afghanistan les expatriés vivent derrière des barbelés, n’ont pas les clés de leur maison mais des gardes, une voiture avec chauffeur (même pour faire 100m), un couvre-feu qui change selon l’humeur des responsables sécurité.

Pourtant c’est un pays fascinant si on souhaite aller au-delà de l’image donnée par les media et que l’on négocie quelques sorties hors des barbelés !

C’est ma troisième année en Afghanistan, parfois je sais et parfois je me demande bien pourquoi, mais j’adore ce pays.

C’est peut-être, l’afghan à la grosse barbe dans la rue qui fait rire son bébé

C’est peut-être, les files de petites filles sous leur tchador blanc qui sortent en si grand nombre des écoles

C’est peut-être cet afghan qui, parce qu’un jour je lui ai dit « oh des fraises, j’adore ça », est revenu avec un sac entier alors qu’elles sont chères ici et qu’il gagne 15 fois moins que moi

C’est peut-être mon chauffeur, qui me dit, s’il se passe quoique ce soit, appelle-moi, je te sauverai…

Enfin, je ne sais pas…



Voici mon blog, une Afghanistan autrement : http://fromkabul.over-blog.com/ des scènes de la vie de tous les jours, quelques infos sur le pays, des coups de gueule aussi ; Comment je vois ce pays, une vision qui n’engage que moi bien sûr !

De ma fenetre, je vois…:

La pluie, une vraie tempête, ce n’est pas des plus courants à cette période mais c’est devenue une habitude depuis plus de 2 semaines !

Nos fenêtres donnent sur une petite cour intérieure, un coin d’herbe, mes essais de jardinage et si on lève un peu la tête on peut entrevoir la maison de nos voisins au dessus du mur d’enceinte.

D’ici, on ne voit pas la rue mais on l’entend ! Les quelques voitures qui passent, les camions qui font bouger les murs, le déchargement hebdomadaire des rondins de bois (on vit derrière le hammam !), les enfants qui prennent notre porte de garage pour une cage de foot, les charrettes poussées par les marchands ambulants qui crient « Katchalou, Katchalou » (les patates !) ou autres légumes, fruits, vêtements, accessoires en plastique importés de Chine, les meutes de chiens qui courent toujours après quelque chose, le cri des chats (c’est le printemps !) et depuis le retour du printemps, même sous la pluie, même sous la tempête, même à 7h du matin, les marchands de glaces diffusant bien au-dessus des décibels autorisés (par moi !) un remix de la Lettre à Elise !

J’aime la rue en Afghanistan, si ma fenêtre donnait dessus, je passerai mon temps à la regarder ! C’est mieux que la TV !

Merci Melanie, de nous faire partager cette autre vision de Kabul !