Virginie, le Bubble tea, les abeilles grillées et les dentistes… à Taïwan

26 03 2012

Dans notre famille il y a : Doudou, le daddy aimant et travailleur, Ratounet, le petit blond de bientôt 4 ans qui n’a jamais vraiment connu la France, Macha, la chatte qui ne nous a jamais quitté, Carapuce, la tortue qui nous a rejoint en novembre et qui mange autant qu’un ours avant d’hiberner et moi !

1- Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en duree indeterminee…) Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?

Nous sommes à Taïwan depuis un peu plus d’un an et le contrat de doudou est renouvelable encore 3 ans. Il a un contrat local à l’université. Mais contrairement à ce que les gens pensent il n’est pas professeur, c’est un chercheur. Nous avons quitté la France pour une durée indéterminée en 2007. Notre première expatriation s’est faite au Japon puis aux Pays Bas et maintenant ici !

2- Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des ecoles francaises ?

Il y a une école européenne au nord de la ville mais notre fils n’y va pas. Le trajet serait trop long et les tarifs sont vraiment exorbitants surtout pour un enfant de 3 ans. Nous avons préféré le mettre dans une école « américaine » juste en bas de notre immeuble. Ratounet est le seul étranger si l’on ne compte pas les professeurs. Il y est très content. Et cela nous permet de pouvoir avoir un réel échange avec les professeurs sachant que s’il avait du aller à l’école taïwanaise c’est une chose qui aurait été impossible. Nous en sommes très contents, surtout parce que lui aussi est content d’y aller. Les écoles taïwanaises ont tendance à beaucoup pousser les enfants, comme souvent en Asie où l’éducation et la recherche de la perfection sont très importantes. Je pense que c’est le cas de beaucoup des parents des camarades de classe de notre bout de choux où ils voudraient que leur enfant soit bilingue anglais à leur entrée dans l’école obligatoire à 6 ans. Pour nous, c’est surtout un moyen de socialiser notre enfant. L’apprentissage de l’alphabet, des chiffres, de l’anglais sont un plus appréciable, c’est certain, mais pas primordial. Tout ce qui nous importe, c’est qu’il ait le sourire en y allant ou en rentrant le soir car il est, comme il dit lui-même, un « big boy ».

Classe dans une source d’eau chaude

3- Vos enfants sont-ils bilingues ?

Oui, il parle anglais et français.

4- Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

Les gens. J’aime déjà au départ beaucoup les gens mais ici ils sont vraiment chaleureux, gentils. Bien entendu il y a des exceptions comme partout mais oui, ce sont les gens. Où que vous alliez vous avez la possibilité de rencontrer des personnes formidables ici. Et même si la langue peut paraître un frein, on arrive toujours à se comprendre.

5- Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalite principalement)

Le sourire ! Les taïwanais sont accueillants, ils ont toujours le petit truc qui va faire que l’on se sentira bien. Au restaurant il y aura toujours des petits couverts pour les enfants par exemple. Les gens viennent nous voir pour nous demander d’où l’on vient ce que l’on fait. En France je n’ai jamais connu ça.

C’est certainement un coté marchand et intéressé, mais c’est très agréable de ne pas avoir l’impression de déranger un vendeur quand on lui pose une question.

6- Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

Je suis une grande fan de bubble tea ou de jus de fruit. Partout il est possible de trouver des stands vendant ces petites merveilles. Il s’agit de tea où sont mises des billes de tapioca. C’est délicieux. On en retrouve aussi dans les jus de fruit avec des lamelles de gelé à la noix de coco. J’adore ! Je ne pourrais plus m’en passer.

Par contre il manque bien entendu certaines choses. J’adore la brandade de morue mais ici ça n’existe pas et coté fromage il faut se contenter de ce que l’on peut trouver à Carrefour à des prix qui vous obligeraient à vendre un de vos reins.

A Taïwan, les influences sont diverses : il est ainsi très facile de trouver des spécialités culinaires des quatre coins de la Chine, mais aussi du Japon, de la Corée et de la péninsule indo-chinoise.

7- Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

A Wulai vous pouvez trouver des abeilles grillées mais je n’ai jamais gouté. Autrement il y a le Stinky Tofu qui sent horriblement mauvais jusqu’à en donner la nausée. Mon doudou en a gouté et il a dit que ce n’était pas vraiment mauvais mais pour ma part je préfère éviter.

Il y a aussi les noix de betel qui rend les dents et la bouche rouges/noires. Il paraît que ça a des effets « stimulants ».

L’un des plats favoris de Doudou est une spécialité uniquement taïwanaise, le nuiramen, une soupe de nouilles au bœuf.

8- La vie est-elle chere ?

Non la vie de tous les jours n’est pas chère. On peut manger dans la rue pour 100 à 200 NT ce qui fait  moins de 5 euros. En ce qui nous concerne c’est l’école et le loyer qui plombent le budget, ce qui est logique dans une capitale de plusieurs millions d’habitants. A titre d’exemple, hier j’ai acheté un tee shirt à 100 NT ce qui est courant ici, soit 2,5 euros.

9- Cote conduite ?

Nous n’avons pas de voiture mais cela nous arrive de prendre le taxi ou de monter avec des amis et il nous arrive d’avoir des frayeurs. Il y a beaucoup de scooters. Une fois nous avons même pu voir un scooter sur un autre scooter en plus du conducteur. Voir une famille entière sur un 2 roues est courant. Je n’ai pas mon permis mais si je l’avais il ne me viendrait pas a l’idée de conduire ici.

Pour faire simple : dangereux !

10- Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

Je ne sais pas si c’est dans la mentalité mais ce qui m’a beaucoup énervé au début et encore maintenant, ce sont les gens qui viennent toucher mon fils. Même si c’est gentil et qu’ils ne veulent pas lui faire de mal. Un petit blond ça ne se voit pas souvent et nous avons pris l’habitude de cacher son visage ou de nous interposer quand les appareils photos commencent à sortir des poches.

Mais le plus dur doit être surement le manque d’intimité. Chez certains médecins, un simple rideau vous sépare des autres patients qui attendent et qui bien entendu peuvent tout entendre de votre conversation. Pareil chez le dentiste où la séparation n’est qu’un comptoir.

11- L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

Notre intégration a été très facile. En tout cas beaucoup plus qu’aux Pays Bas. Nous connaissions déjà des japonais sur place et il y a quelques français au labo de Doudou donc nous avions déjà des contacts. Ensuite j’ai rencontré une taïwanaise parlant français et nous sortons souvent ensemble. Ici pour rencontrer une personne il suffit juste d’aller lui parler. Nous avons désormais des amis turcs, d’Amérique du Sud, d’un peu partout en fait.

De manière générale, nous évitons le communautarisme franco-français. Travaillant dans un institut où les nationaux forment moins de la moitié des employés, l’intégration à travers plusieurs nationalités est de mise.

12- Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Je ne parle pas mandarin et je n’ai pas vraiment le temps mais je connais quelques mots comme « bonjour » ou « merci ».

13- Decrivez votre rue/cadre de vie

Nous habitons au sud de Taipei dans le quartier de Xindian. Notre appartement est plutôt grand pour ici et nous sommes au 19ème étage. Avec seulement 3 chambres, nous avons 2 salles de bain. Il est de coutume à Taïwan d’avoir une salle de bain dans la plus grande des chambres dite « chambre des maitres de maison ». Nous l’avons laissé à Ratounet. Nous sommes dans un ensemble d’immeubles avec gardien jour et nuit et nous avons même un local poubelle ce qui est génial puisque les poubelles à Taïwan c’est franchement galérien. En bas nous avons un 7/11 qui est une supérette ouverte 24h/24 et à moins de 50 mètres se trouve l’école de Ratounet. Il nous suffit de traverser la route pour partir à l’aventure et se perdre dans la montagne, de plus un bus nous amène directement au village de Wulai qui est comme un petit bout de campagne dans la montagne avec ses sources d’eaux chaudes et sa cascade.

Nous sommes vraiment bien placés car le métro est à peine à 5 minutes à pied et à une station d’où nous sommes, à Bitaine,se trouve un bout de rivière où il est possible de faire du pédalo. Il y a aussi un parc avec des jeux et un marché tous les matins dans notre quartier.

Joueur de scie

14- Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Même très facile ! Le train et hop ! Dans une capitale il y a toujours plein de choses à visiter. Par contre avec un enfant c’est plus problématique. Mais nous sortons régulièrement quand même. Dernièrement nous sommes tombés amoureux de la ville de Lukang lorsque nous sommes allés au festival des lanternes. Une véritable merveille. Sur Taipei il y a les marchés de nuit qui plaisent beaucoup et pas mal de musées. Le zoo est génial et nous y allons souvent. Du zoo il est possible de prendre une cabine pour aller dans la montagne voir les maisons de thé. Il y a même un musée où dès votre arrivée on vous offre une tasse bien chaude. Nous avons aussi visité la tour 101.

Festival des lanternes

L’île est petite et partir quelques jours dans le sud est très facile. En plus il y fait chaud en hiver !

15- A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

Nous rentrons cette année en vacances pour les fêtes de fin d’année mais je pense que ce sera la seule fois que nous le ferons avant de repartir ailleurs. Mais la famille vient nous voir. Mes parents sont venus en octobre et ils comptent repasser l’année prochaine tellement l’île leur a plu.

16- Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ?

On ne sait pas. Nous aimerions bien nous poser dans peu de temps pour que notre fils se fasse des amis a long terme mais nous ne savons pas encore où.

17- Face a quelle mentalite/habitude/defaut francais etes-vous + clement, avec le recul d’habiter a l’etranger ?

Leur grande gueule. A Taïwan et encore plus au Japon les gens ne disent pas toujours ce qu’ils pensent et derrière un sourire on ne sait pas ce qu’il peut se cacher. J’aime beaucoup les taïwanais mais il faut aussi être réaliste : on n’est pas au pays des bisounours. Il y a aussi des gens grincheux et qui ne sont pas dignes de confiance mais c’est plus difficile à voir. Les français sont peut-être d’éternels insatisfaits mais au moins ils disent ce qu’ils pensent.

18- Quel est le climat ?

A Taipei c’est subtropical avec deux saisons où il pleut : en été avec de grosses chaleurs et en hiver avec une température qui descend rarement en dessous de 10 degrés. Mais quand il fait ce que j’appelle un « froid-mouillé » c’est très difficile de se réchauffer surtout que les appartements et maisons ne sont pas équipés de chauffages. Quand il fait 15 dehors il fait également 15 dedans. En été il fait excessivement chaud en plus d’être humide. Au moindre effort on est dégoulinant de transpiration mais les clim sont là pour ça !

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

Je cuisine français, avec un peu de local dedans. Je ne traverse pas la route si le bonhomme est rouge, ce qui fait rire certains de mes amis, et ceux même en pleine nuit quand il n’y a pas un chat. Jusqu’à ce que je m’en rends compte bien sûr. Mais c’est devenu un réflexe. Par contre le petit déjeuner c’est du 100% français, j’ai beaucoup de mal avec l’idée de manger du poisson et du riz dès le réveil. D’ailleurs j’ai eu de grands moment de solitude quand j’ai accouché au Japon lors de mon séjour à la maison de naissance. Je pense que notre vie est un mix d’habitudes locale et française, comme enlever nos chaussures avant de rentrer dans une maison, boire du thé n’importe quand, trouver normal que tous les magasins soient ouverts le dimanche mais aussi fêter Noël et manger à heure fixe.

Koahsiung

19- Y-a-t-il de la censure ?

Ni plus, ni moins qu’en France. En tout cas si c’est le cas je ne la ressens pas.

Le président précédent étant en prison depuis plusieurs mois/années pour corruption, j’aurais tendance à dire que la censure est moins présente, mais la démocratie taïwanaise est jeune et a encore quelques travers. Il est toujours difficile pour un expatrié ne parlant/lisant pas la langue locale de connaître les divers manquements à la démocratie, étant par définition en dehors de la vie publique locale.

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » 😉

Ok ! Mais elle est de mes parents. Quand ceux-ci sont venus, ils sont allé manger dans un petit restaurant de fruits de mer. Ils ont un peu sympathisé avec la table à côté puis à un moment un plateau de crabes farcis qu’ils n’avaient pas commandé est arrivé : c’était un cadeau de leurs voisins de table !

Aller une deuxième, mais de moi cette fois. Un vendredi matin alors que j’allais faire les courses au tout début de notre aménagement, j’avais une route à traverser assez dangereuse et la mamy qui était descendue avec moi m’a pris la main pour traverser comme une petite fille, tout en m’expliquant comment faire attention en chinois (en tout cas je pense que c’est ce qu’elle disait). Et on s’est quitté de l’autre côté en échangeant un sourire. Elle ressemblait à ma grand mère avec les yeux bridés !

« De ma fenetre, je vois…. » :

De la fenêtre de ma chambre quand je suis dans mon lit je vois la montagne ! Avec une espèce de petite pagode au sommet. J’adore cette montagne. En mai elle est toute blanche avec ses fleurs de neige, il lui arrive d’être grise de temps en temps et parfois elle a même la tête dans les nuages !

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Merci Virginie pour ce détour taïwanais ! Je veux bien la même vue de mon lit… et je rêve désormais de goûter au bubble tea !! 

Si vous voulez suivre les aventures de la famille Raton, c’est par là :

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La semaine prochaine ? J’attends vos témoignages !!

C’est par ici : mariegervais2004 @ yahoo.fr

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Cédric, les bushiban, les xialongbao et le tofu puant… à Taiwan

5 09 2011

La fille, 8 ans, la maman, franco-taiwanaise, institutrice spécialisée et le papa, chef d’entreprise.

  1. Depuis combien de temps habitez-vous dans ce pays ? Pour combien de temps ? (contrat d’Expatriation ou en duree indeterminee…) Est-ce la premiere fois que vous vivez a l’etranger ?

Je suis arrivé à Taiwan, pour la première fois, en septembre 1997, avec un contrat de volontariat civil pour le compte d’une organisation caritative taiwanaise. J’y avais séjourné 2 années et c’était durant ce séjour que j’ai rencontré mon épouse. Je suis rentré en France en 1999 et mon épouse m’y rejoint en 2000, année de notre mariage. Nous avons résidé en France jusqu’en 2005 et cela fait donc 6 ans que nous habitons à Taiwan.

  1. Comment se passe la scolarisation ? Y-a-t-il des ecoles francaises ? Y avez-vous mis vos enfants ou au contraire avez-vous opte pour le systeme anglais (ou autre) ? Avez-vous acces a d’autres pedadogies ? (Montessori, Steiner…)

Il existe une école française à Taipei, la capitale, au nord, mais nous n’avons jamais pensé à cette école pour notre fille. Nous habitons au sud de l’île, plutôt loin, et les frais scolaires sont très chers. Nous avons opté pour l’école primaire locale. Ma fille vient d’entrer en « 3th grade » équivalent au CE2 français. Ce sont des classes de 30 élèves. La journée commence tôt, à 7h15 pour un peu de balayage/nettoyage de l’école et petits contrôles des matières apprises le jour précédent. Les cours débutent à 8h10. Le déjeuner se prend à 12h00 et la sieste de 12h30 à 13h30. Fin de la journée à 12h30 pour les CP et CE1, 16h pour les autres classes.

A Taiwan, il existe les « bushiban », des écoles de soutien du soir. 80% des enfants à Taiwan y vont. Vous imaginez le business ! On y fait les devoirs, mais on revoit aussi les matières du programme, on apprend l’anglais, et parfois, on prend même de l’avance sur le programme scolaire officiel. Dernier exemple, pendant ces vacances d’été, des camarades de classe de ma fille, qui ont été aux bushibans durant les 2 mois de congés, savent déjà faire des divisions, alors que normalement les divisions sont apprises en « 3th grade » durant cette nouvelle année scolaire. Certains seront donc en avance et d’autres à la « traîne ». Ce système d’école du soir privée crée des hiérarchies dans les écoles officielles dès le primaire et marginalise des enfants qui n’ont pas les moyens ou dont les parents ne veulent pas envoyer leur gamins en bushiban.

Néanmoins, en ce qui nous concerne, je pense que ma fille a cette chance de grandir et de s’épanouir dans une famille bi-culturelle. Il semble que la « balance » entre l’éducation confucianiste et l’éducation « Siècle des lumières » existe bel et bien. Elle prend le meilleur de chaque et pour l’instant elle y trouve son compte.

  1. Vos enfants sont-ils bilingues ?

Ma fille parle couramment le chinois mandarin. Elle comprend parfaitement le français mais éprouve quelques difficultés à le parler. Cette année, l’anglais fait son entrée dans le programme scolaire. Le soir, je lui raconte des contes et des légendes en alsacien.

  1. Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

La première chose je pense qui me fait sentir bien, c’est que ce soit le pays de mon épouse, et l’autre pays de ma fille. La population est en général accueillante et bienveillante avec les étrangers. J’aime beaucoup le climat du sud de l’île. J’apprécie cette facilité de passer un week-end à 2500m d’altitude et le week-end suivant sur une plage tropicale. La nourriture, qui m’a d’ailleurs fait prendre pas mal de kilos. Les services publics sont très bien développés et on se sent en sécurité. Aucune crainte à se promener seul à minuit en ville. Aucune crainte de déclencher une bagarre pour une cigarette …

  1. Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ?

Je pense une « dynamique » dans la vie quotidienne : des magasins et restaurants ouverts jusqu’à 23h, tous les jours de la semaine, une vie grouillante et bruyante, parfois trop. Une mentalité d’entrepreneurs.

  1. Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

J’adore le canard laqué et les xiaolongbao, ces petits beignets cuits à la vapeur farcis au porc, au bœuf ou aux crevettes. J’ai un faible pour le tofu puant, mais il faut que la salade aigre-douce qui l’accompagne soit vraiment aigre-douce, sinon c’est fade. J’aime beaucoup les omelettes aux huîtres.

Un manque : le fromage, surtout le Munster alsacien.

  1. Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

Les pattes de poulet. Les taiwanais adorent sucer les pattes de poulet. Dans certaines tribus aborigènes, on mange des abeilles grillées.

  1. La vie est-elle chere ?

Je dirais que non, mais tout est relatif. Si vous vivez à Taipei, la capitale, les appartements sont hors de prix et des plats typiques sont parfois 2x plus cher qu’ailleurs dans l’île. Le salaire moyen se situe vers les 800 euros et le SMIC local à 450 euros. Si vous vivez à la « locale » on s’en sort, mais si vous voulez ajouter des sorties, des voyages, du ciné, etc … vous allez vite dépasser votre budget. En général, nous dépensons environ 400NTD (10 euros) par jour pour les repas, pour tous les 3, et nous mangeons bien. Le litre d’essence 95 est à 31NTD (0.77 euros) une canette de coca à 18NTD (0.45 euros)

  1. Cote conduite ?

C’est plutôt « safe » si l’on compare avec nos voisins. Même si parfois les feux rouges ne sont pas respectés ou on oublie la priorité à droite. A Taipei et Kaohsiung, villes plus policées, les règles de conduite sont bien respectées, alors qu’ailleurs c’est parfois la loi du plus fort.

  1. Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

Vivre au jour le jour. Une certaine cette fatalité « mei yo pan fa » (il n’y a aucune solution) qui m’irrite parfois. Une certaine naiveté, l’impression parfois de vivre dans un pays de « bisounours ».

  1. L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

L’intégration n’est pas évidente. Maîtriser le mandarin est primordial si l’on veut comprendre et se faire comprendre, participer à la vie locale, et donc s’intégrer. L’anglais ne suffit pas. Les étrangers ne parlant pas la langue n’auront pas beaucoup d’amis taiwanais et resteront alors entre eux, dans la « communauté internationale ».

Du fait de la popularité des bushibans, il existe une forte population d’anglophones., des américains, australiens, canadiens, sud-africain, embauchés pour enseigner l’anglais dans les écoles du soir. Il y a également une forte population d’immigrés régionaux (Philippines, Malaisie, Indonésie) qui travaillent dans les usines. Les universités taiwanaises, souvent à la pointe, proposent pas mal d’échanges scolaires. Donc oui, il est facile rencontrer toutes sortes de nationalités.

  1. Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Je parle couramment le chinois mandarin et je m’essaie au Minnan, l’autre langue principale parlée à Taiwan (souvent appelé le taiwanais) Non, pas de cours. J’ai appris avec mes collègues, dans la rue et mon petit carnet que j’avais toujours dans ma poche et sur lequel j’écrivais «phonétiquement » tous les nouveaux mots que j’entendais.

  1. Decrivez votre rue/cadre de vie

Nous habitons dans un petit hameau, d’une vingtaine de maisons, dans la campagne, sur une colline, c’est déjà un peu la montagne, et pas vraiment loin de la grande ville de Tainan. Les maisons sont « en terrasse », aucune n’est à la même hauteur que sa voisine. Nous avons un joli parc, un terrain de basket et un grand pré pour jouer au foot.

Une particularité à Taiwan est de devoir jeter son papier toilette dans une poubelle et non dans la cuvette. Il semblerait que ça boucherait les conduites. Aussi, toutes les fenêtres, ou presque, des maisons possèdent des grilles destinées à lutter contre le cambriolage. C’est un peu étrange, on se sent « enfermé »

  1. Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Oui, très facile. Les moyens de transport sont bien développés, que ce soit les axes routiers ou ferroviaires (TGV) Taiwan possède la deuxième montagne la plus élevée d’Asie, le mont de jade culmine à près de 4,000m.

  1. A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

Nous essayons de rentrer au moins une fois par an.

  1. Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

Nous n’y pensons pas, pour l’instant. Peut-être que la question de l’éducation nous fera rentrer en France, mais pour l’instant, tout se passe plutôt bien. De plus, nous avons crée notre société à Taiwan.

  1. Face a quelle mentalite/habitude/defaut francais etes-vous + clement, avec le recul d’habiter a l’etranger ?

  1. Quel est le climat ?

Taiwan, bien que n’étant pas très grand, 400km de long pour 150km de large, connaît plusieurs types de climat.

Taipei, au nord, est sub-tropical, il y pleut souvent, les hivers sont froids, ça peut tomber jusqu’à 5°C et pas plus de 18°C en journée. L’été est très chaud et très humide.

Dans le sud, nous avons un climat tropical, plus clément, des hivers doux et secs (10°C à 25°C) et des étés chauds (28°C à 39°C)

  1. Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

Oui, la conduite, il m’arrive de ne pas respecter les priorités à droite.

Roter à table 😉

  1. Y-a-t-il de la censure ?

Non

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » :

En 1997, durant mes premières semaines à Taiwan, je monte dans un taxi et dis au chauffeur, ou plutôt je pensais avoir dis au chauffeur, que je souhaitais aller dans un restaurant qui fait des raviolis chinois (chuè djiao) Sauf que, au lieu de lui dire chuè djiao, j’ai dis chiao djiè : « wo yao tche chiao djiè » ce qui donne, « je veux manger des demoiselles ». Le chauffeur rigole, me fait un signe de la tête, démarre et me dépose 5mns plus-tard devant un … barber-shop, ces « magasins » qui proposent coupe de cheveux/rasage/massage par une jeune et jolie demoiselle, et plus si affinité. Aie aie aie … J’en conclu que le taxi avait simplement retenu chiao djiè. Et moi qui avait une de ces faim !

« De ma fenetre, je vois…. » :

Je vois un frangipanier actuellement en fleur

 

Le frangipanier en fleur.

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Merci Cédric !

Vous pouvez retrouver des photos de Taiwan sur son blog :

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La semaine prochaine… suspens… j’attends de nouveaux témoignages, alors n’hésitez pas à me contacter !