Marie-Paule… à Hobart (Tasmanie)

21 11 2011

Mon mari, Alain (Rousseau) et moi (Marie-Paule Leroux) avons quitté la France le 16 août 1991. Cela fait donc 20 ans que nous vivons en Australie (actuellement en Tasmanie).

Nous n’avons pas d’enfants.

  1. Qu-est-ce qui vous fait vous sentir bien dans le pays ?

L’Australie est un pays neuf, ouvert, peu conventionnel. Et puis surtout il y a plus de 80 ‘ethnies’ différentes, c’est un pays complètement multiculturel.

  1. Qu’est-ce que vous y trouvez que vous ne trouviez pas en France ? (en positif, cote mentalite principalement).

La simplicité des démarches administratives. Je trouvais cela particulièrement pesant en France.

  1. Cote alimentation, qu’est-ce que vous adorez ? A l’inverse, y-a-t-il qq chose qui vous manque et que vous ne trouvez pas ?

Je suis restée très Française dans ma culture gastronomique et culinaire. C’est d’ailleurs une des raisons qui m’a poussée en 1993 à monter mon entreprise – Exquisite Flavours – je vendais des produits culinaires à la restauration. J’ai vendu mon entreprise en 2003 mais elle existe toujours.

  1. Y a-t-il des plats typiques « etranges » ?

Les Australiens ne sont pas très aventureux quand il s’agit de leurs papilles, ce sont souvent les nouveaux arrivants qui leur ont montré ce qu’ils pouvaient faire de leurs ressources. J’ai mangé du Wallaby (très bon et en plus viande maigre), du crocodile, des ormeaux (hélas ils sont en grande partie exportés sur le Japon).

  1. La vie est-elle chere ?

Le steak par ex. est très bon marché mais le porc est beaucoup plus cher qu’en France. Les fromages sont très chers. Les salaires sont plus élevés qu’en France parce que nous payons moins de taxes. Mais en revanche, nous recevons aussi beaucoup moins. Il n’y a pas de secret. Nous n’avons pas tous les services sociaux dont les Français bénéficient.

  1. Cote conduite ?

Vous voulez dire sur la route ? A gauche toute.

  1. Qu’est-ce qui vous agace le + dans les mentalites, les habitudes culturelles du pays ?

Lorsque vous êtes invités à un BBQ et que vous devez apporter votre nourriture et vos boissons. Dur-dur. Cela je ne m’y suis toujours pas faite.

  1. L’integration est-elle facile ? Y-a-t-il un communautarisme fort ou au contraire est-il facile de s’integrer et de rencontrer toutes sortes de nationalites ?

Je pense que l’Australie est le plus bel exemple au monde de multiculturalisme réussi. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas parfois des tensions, souvent en raison de problèmes externes à l’Australie.

  1. Connaissez-vous la langue du pays ? Avez-vous pris des cours ?

Je parlais déjà l’Anglais avant d’arriver. En revanche Alain a dû s’y mettre à son arrivée.

  1. Decrivez votre rue/cadre de vie

Nous habitons dans un petit village historique – Richmond – à 29 kms au nord de Hobart, la capitale de la Tasmanie, l’état où nous vivons actuellement. Richmond est très touristique, car il a la particularité d’abriter le pont le plus vieux d’Australie, construit en 1836 ! Cela nous faisait sourire au départ car près de mon village en France, il y a un pont Gallo-Romain !

 

  1. Est-il facile de partir en we ? Y’a-t-il beaucoup de choses a visiter aux alentours ?

Il faut souvent faire des kilomètres en Australie pour aller d’un endroit à un autre. La Tasmanie est certainement plus ‘accessible’ que le continent où les distances sont incroyables surtout à l’échelle française. Ce que nous trouvions étrange au départ c’est le manque de population. La Tasmanie c’est seulement 500 000 habitants sur un territoire grand comme l’Irlande.

  1. A quelle frequence « rentrez »-vous en France ?

Tous les 3 ans.

  1. Avez-vous prevu de revenir vivre en France un jour ? Qu-est-ce qui ne vous donne PAS envie de revenir habiter en France ?

Peut-être, quand l’heure de la retraite sonnera.

  1. Face a quelle mentalite/habitude/defaut francais etes-vous + clement, avec le recul d’habiter a l’etranger ?

Je n’aime pas trop les clichés. Je n’aime pas dire les Français sont comme ci ou comme cela, car il n’y pas qu’un type de Français. La France reste et restera très chère à mon cœur. Ici je m’efforce d’être non seulement une bonne Australienne mais aussi une bonne Française, de montrer le meilleur de la France.

  1. Quel est le climat ?

L’Australie du nord est tropicale mais ici en Tasmanie nous avons 4 saisons marquées. Le paysage Tasmanien ressemble à la Bretagne.

 

Coles Bay Freycinet

19- Avez-vous des «habitudes » ? (Pris des habitudes locales ? Ou au contraire garde des habitudes francaises ?)

Nous sommes complètement intégrés.

19- Y-a-t-il de la censure ?

Non. L’Australie est une démocratie.

20- Vous pouvez terminer sur une anecdote « depaysante » :

en guise d’anecdote je vous joins ce passage de mon livre ‘La Grenouille dans le Billabong’ :

Malgré l’atmosphère insouciante et bon enfant de Richmond, notre première visite à l’une des deux épiceries, presque aussi ancienne que le village lui-même, et que les habitants appellent ”Chez Mrs Grice », est, ma foi, loin d’être aussi chaleureuse et accueillante que nous nous y attendions. En effet, après quelques menus achats, nous offrons une coupure de cent dollars pour régler nos emplettes. Quelle n’est pas notre surprise lorsque Mrs Grice en personne, mise en plis grisonnante et bouffante, les sourcils froncés, le regard soupçonneux et l’air revêche d’une directrice de pensionnat de jeunes filles, s’empare du billet vert et se met immédiatement à le palper avec le doigté connaisseur d’un bandit de grands chemins ou d’un employé de la Banque de France (dans le cas présent, de Reserve Bank) puis, pas encore tout à fait satisfaite, l’approche du globe du plafonnier pour en vérifier encore davantage son authenticité. C’est qu’elle est méfiante Mrs Grice, on ne la lui fait pas ! Elle fait partie de ces « piliers » de village à qui rien n’échappe. Véritable baromètre et gazette paroissiale, elle pourrait vous détailler la généalogie complète de chacune des familles installées ici. Les touristes, eux, ils vont et viennent et surtout ils arrivent d’on ne sait où, il vaut mieux être prudent, on ne sait jamais ! Avec le temps, et après s’être, sans aucun doute, renseignée sur notre identité et la raison de notre présence à Richmond, Mrs Grice, nous octroie, peu à peu, l’accueil réservé aux « habitués », qui inclut la météo du jour et les potins locaux. Un signe qui ne trompe pas. Elle devient même l’une de mes clientes. Et puis surtout, chaque fois que Alain pousse la porte du magasin, il a maintenant droit au « How are you mussels ? », comment vas-tu moules ? – c’est du moins ce qu’il comprend au départ – expression qu’elle semble destiner aux clients masculins coutumiers des lieux. Intrigué mais persuadé qu’il s’agit là d’un subtil jargon, Alain ne relève pas mais se demande tout de même pourquoi Mrs Grice le traite ainsi régulièrement de mollusque … et ce, au pluriel en plus ! Ce n’est qu’après bien des mois d’interrogation qu’Alain finit par comprendre que l’expression est, en fait, « How are you muscles ? », comment vas-tu Monsieur Muscle ? (Mrs Grice a également besoin de lunettes !). La prononciation en étant absolument identique ! Ah les mystères de la langue !

« De ma fenetre, je vois…. » :

(pas très intéressant pour vous, je vis dans une rue banale).

 

***

Merci Marie-Paule !

Une rue banale, certes, mais banale de Tasmanie…

Retrouvez Marie-Paule, son blog et son livre, par ici :

Pour la semaine prochaine… j’attends vos témoignages 😉 !

Publicités